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Depuis les années 1960, les recherches autour des graffiti de haute époque islamique (avant 750) ont permis de jeter un nouveau regard sur l’histoire des débuts de l’islam (VIIe/VIIIe s.) et de renouveler un certain nombre d’approches et de problématiques en rapport avec la première société arabe et musulmane dans la péninsule arabique et au Proche-Orient.

Ces premiers graffitis arabes apposés sur les rochers n’ont jamais été soumis à la censure, qu’elle soit religieuse, politique ou linguistique. L’étude de leur contenu relatif à la foi peut aider à dater ces textes du fait qu’ils connurent des phases progressives de développement.

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Les plus anciens graffitis datés de 23 de l’hégire (643) et de 24 (644) ne contiennent pas de référence religieuse.

La question des premières professions de foi montre qu’il a existé des formulations antérieures à la *shahada * traditionnelle. Il s’agit d’un monothéisme indéterminé et très matérialiste. La mention de Muhammad y est quasi absente. Et les citations coraniques procédant à des amalgames ou des raboutages signalent la fréquentation d’un Coran qu’on pourrait qualifier de « souple », témoignant d’un texte en cours d’élaboration, non encore arrêté dans sa forme définitive, relativement mal diffusé.

Avec ces graffitis, nous avons la matière objective qui renvoie au processus d’élaboration d’une tradition sainte à travers l’établissement de ses Ecritures comme la construction de ses personnages édifiants. Ce processus ne connaîtra son achèvement qu’au moins 150 ans après les débuts de la prédication coranique (611).

Bibliographie

Frédéric Imbert, « L’Islam des pierres : l’expression de la foi dans les graffitis arabes des premiers siècles », *REMMM, * n° 129, pp. 57-78, Publication de l’Université de Provence, 2011

Id., « Le Coran des pierres », *Coran, nouvelles approches, * sous la direction de Mehdi Azaeiz, CNRS éd., 2013

Id., « Espace de liberté et contraintes graphiques dans les graffitis du début de l’islam », *Syrab, du syriauqe à l’arabe, * à paraître

Références

L'équipe

Dominique Compétissa
Collaboration
François Caunac
Réalisation