France Culture
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Rediffusion du 10/05/2013 2013C6125E0014 (59’27)

Merveilleuse rencontre avec Miloudi dans son atelier situé sur le chemin de ronde des murailles historiques d’Essaouira, du côté de la kasba, espace qui a été baptisé Bayt al-Lutf par le sultan Alaouite Moulay Abdallah qui avait commandité la ville nouvelle plus d’une décennie après le milieu du XVIIIe siècle. Vaste pièce dédiée à l’oraison qui invoque le nom divin Latif pour protéger la fondation nouvelle de tout mal. Bayt al-Lutf, ou “La Demeure de la Grâce” devient l’atelier du peintre qui, par la fenêtre, regarde vers les créneaux d’où sortent les gueules des canons orientés vers le large, face à un océan furibond frappant continûment de ses vagues les rochers où s’enracinent la place forte. C’est dans cette atmosphère épique que peint Miloudi à partir de l’immémorial que recèlent les signes berbères recueillis sur les tapis, les pièces d’orfèvrerie, de céramique, de la peinture sur bois (coffres, plafonds, portes, etc.), des tatouages qui couvrent fronts, mentons, joues des femmes. Il intègre ce répertoire dans une esthétique moderne, celle qui laisse encore place à la part magique qui loge dans nos imaginaires. Voilà ce que dit de lui son compatriote feu l’écrivain et poète Mohammed Khaïr-Eddine : « Le matériau dont il use l’explicite assez bien. Et ses dernières productions, ce qui est nouveau il me semble, intègrent à la toile des figures en argent, exécution de Boubker Yahia, véritable orfèvre en la matière… C’est toute une tradition berbère qui s’affirme ici. Bas-reliefs d’une extraordinaire beauté et d’une clarté incomparable. Cela vit par le biais du trait… »

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Bibliographie

Miloudi, Les apparences du mystère , catalogue, avec notamment des textes de Azzouz Tnifass, Mohammed Khaï-Eddine, Edmond Amran El Maleh, Abdellatif Laabi, Ed. Fondation des Trois Cultures, Séville, 2007