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Aujourd'hui les musulmans pensent que le Coran est la parole de Dieu, telle qu'en elle-même, inaltérée, intacte, authentique, reçue à travers les siècles telle qu'elle fut transmise. Ainsi parle le dogme qui s'est imposé à tous. Pourtant, pendant les quatre premiers siècles de l'hégire, bien des musulmans contestaient la vulgate officielle que le pouvoir califal cherchait à universaliser. Beaucoup de transmetteurs du verbe, corroborés par certains docteurs, pensaient que le codex officiel était corrompu, qu'il a même été falsifié pour des raisons politiques et sectaires. Ce concept de falsification des Ecritures a circulé avant l'islam dans d'autres religions ; c'est un thème manichéen à travers lequel se percevait la corruption des Révélations divines. Ce même thème le Coran et l'islam l'appliquent aux autres écritures monothéistes pour s'attribuer l'exclusivité conclusive de l'authenticité. Tout ce matériau traditionnel a été exploré par les islamologues européens depuis le XIXe siècle. De multiples tendances se sont exprimées pour situer la formation du codex coranique entre le milieu du VIIe siècle et le début du IXe siècle. Etan Kohlberg (université hébraïque de Jérusalem) et notre invité M. A. Amir-Moezzi révèlent au public un nouveau document du milieu du IXe siècle enrichissant le corpus du débat autour du Coran et de sa constitution entre manipulations, falsifications et variantes dues aux aléas de la transmission orale : il s'agit du Kitâb al-qira'ât (Le livre des leçons coraniques ) du shiite Ahmad ibn Muhammad as-Sayyârî. Bibliographie : Revelation and falsification, the kitâb al-qirâ'ât de A. b. M. al-Sayyârî, critical edition with an introduction and notes by Etan Kohlberg and Mohammad Ali Amir-Moezzi,col. Texts and Studies on the Qur'ân (editorial board Gerhard Böwering -Yale University-- & Jane Dammen McAuliffe -Bryn Mawr College), volume 4, Brill, Leiden/Boston, 2009.

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