Le président Zelensky en conférence de presse avec le Secrétaire général des Nations Unies Guterres le 28 avril 2022
Le président Zelensky en conférence de presse avec le Secrétaire général des Nations Unies Guterres le 28 avril 2022
Le président Zelensky en conférence de presse avec le Secrétaire général des Nations Unies Guterres le 28 avril 2022 ©AFP - Sergei SUPINSKY
Le président Zelensky en conférence de presse avec le Secrétaire général des Nations Unies Guterres le 28 avril 2022 ©AFP - Sergei SUPINSKY
Le président Zelensky en conférence de presse avec le Secrétaire général des Nations Unies Guterres le 28 avril 2022 ©AFP - Sergei SUPINSKY
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Résumé

Alors que son budget était déjà très dépendant de l'aide internationale, l'Ukraine peut compter depuis le début de l'invasion russe sur un important soutien financier émanant d'États ou d'ONG. Des aides internationales qui, lorsqu'elles sont mal gérées, peuvent produire des effets contre-productifs.

avec :

Gilles Dorronsoro (Professeur de science politique à l'Université Paris I et membre sénior de l'Institut universitaire de France, spécialiste de l’Afghanistan et de la Turquie), Laurent Bonnefoy (Politologue spécialiste de la péninsule arabique. Chargé de recherche au CNRS, au CERI et au centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS), auteur notamment de Le Yémen, de l’Arabie heureuse à la guerre (Fayard)).

En savoir plus

Dès les premières heures de l’invasion russe, la situation des civils ukrainiens a suscité un fort élan de solidarité internationale. Les particuliers ont multiplié les dons spontanés, les Etats ont immédiatement annoncé des aides financières, et les ONG se sont mobilisées pour mettre en œuvre des programmes humanitaires. Cette solidarité, particulièrement forte en Europe, doit permettre de préserver les structures de l’Etat ukrainien, qui continuent à fonctionner malgré la guerre. 

Alors que le budget du pays était déjà très dépendant de l’aide internationale avant le début du conflit, son maintien est particulièrement important. Elle pourra aussi s’appuyer sur les nombreux réseaux d’entraide qui se sont développés dans le pays depuis le début du conflit dans le Donbass en 2014. Mais si elle est indispensable, cette aide internationale n’est pas sans risque. Mal gérée, elle peut même avoir des effets contre-productifs, comme on l’a observé en Afghanistan, où elle a contribué à l’effondrement des institutions étatiques, court-circuitées au profit des organisations internationales. 

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Julie Gacon reçoit Gilles Dorronsoro, professeur de science politique à l’Université Panthéon-Sorbonne.

"L'invasion russe a fortement paralysé l’économie ukrainienne. Sans l’aide monétaire et budgétaire internationale qui est de l’ordre de cinq milliards par mois, l’Etat Ukrainien se serait probablement effondré" observe Gilles Dorronsoro.

Seconde partie : les focus du jour

Au Yémen, une aide impossible ?

Un jeune déplacé yéménite reçoit une aide alimentaire dans la région de Khokha
Un jeune déplacé yéménite reçoit une aide alimentaire dans la région de Khokha
© AFP - Khaled Ziad

Si l’aide internationale à destination de l’Ukraine semble aller de soi pour de nombreux pays européens, elle est moins évidente dans le cas de conflits à la fois plus lointains et plus complexes, dont le Yémen est un exemple flagrant. Entre crainte d’enrichir les belligérants d’un côté et difficultés de composer avec un Etat fragmenté de l’autre, les acteurs traditionnels de l’aide internationale délaissent le terrain au profit de l’Arabie saoudite. Riyad finance ainsi la reconstruction du pays qu’elle contribue encore à détruire, en choisissant bien sûr les bénéficiaires de son aide.

Avec Laurent Bonnefoy, chercheur CNRS au CERI/ Sciences Po.

"En 2015, parallèlement au début des frappes de la coalition arabe, l’Arabie Saoudite a créé le plus grand acteur humanitaire intervenant au Yémen, le King Salman Center. Une entité jugée problématique car elle constitue le bras humanitaire d’une logique politique, indexée sur les intérêts saoudiens, qui fragmente la société yéménite" explique Laurent Bonnefoy

L'aide au Sahel victime de la guerre en Ukraine

Des maliens attendent une aide médicale dans un camp militaire français dans la région de Tombouctou en 2015
Des maliens attendent une aide médicale dans un camp militaire français dans la région de Tombouctou en 2015
© AFP - PHILIPPE DESMAZES

La nécessité de mobiliser en urgence d’importants budgets pour l’Ukraine risque de se répercuter négativement sur d’autres bénéficiaires de l’aide publique au développement, en particulier les pays du Sahel. D’importants bailleurs humanitaires, comme le Danemark, ont ainsi annoncé réorienter leurs programmes d’aide en cours. Pourtant, le Sahel est directement touché par le conflit ukrainien, qui contribue à aggraver la crise alimentaire locale en provoquant une hausse des prix des céréales.

Avec Louis-Nicolas Jandeaux, chargé de plaidoyer Aide publique au développement d’Oxfam France.

"A ce stade nous ne sommes pas en capacité de mettre un chiffre sur les sommes qui pourraient être détournées vers l’Ukraine car les pays riches ont pour l’instant entretenu une forme de flou et n’ont pas pris de position claire sur la préservation des fonds alloués au Sahel" note Louis-Nicolas Jandeaux.

Références sonores 

  • Olga Petriv, une Ukrainienne vivant à Lisbonne, se mobilise pour envoyer des produits de première nécessité en Ukraine (Euronews, 28 février 2022)
  • Zuzy, une volontaire de l‘association Caritas, participe à l’organisation d’envois de colis humanitaire depuis la Pologne vers l’Ukraine (Arte, reportage de David Arnold, 19 mars 2022)
  • Le secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires des Nations Unies Martin Griffiths évoque l’aide humanitaire de l’ONU au Donbass (Euronews, 19 avril 2022)
  • A Hodeïdah, le docteur Khaled Sulial exprime son désarroi face à l’absence de médicament et au nombre exponentielle de maladies auxquelles il doit faire face (M6, Enquête exclusive, 06 décembre 2021)
  • Extrait de l’appel du président nigérien Mohamed Bazoum devant les Etats de l’OCDE (RFI, 07 avril 2022)

Référence musicale

  • « Silk » de Christian Löffler (Label : Ki records)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Julie Gacon
Julie Gacon
Julie Gacon
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Clément Perrier
Collaboration