Annalena Baerbock, alors co-présidente des Verts allemands, en meeting en 2018 à Leipzig
Annalena Baerbock, alors co-présidente des Verts allemands, en meeting en 2018 à Leipzig
Annalena Baerbock, alors co-présidente des Verts allemands, en meeting en 2018 à Leipzig ©AFP - Hendrik Schmidt
Annalena Baerbock, alors co-présidente des Verts allemands, en meeting en 2018 à Leipzig ©AFP - Hendrik Schmidt
Annalena Baerbock, alors co-présidente des Verts allemands, en meeting en 2018 à Leipzig ©AFP - Hendrik Schmidt
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Résumé

Seize ans après leur première participation à une coalition gouvernementale les Verts sont de retour au pouvoir en Allemagne aux côtés des socialistes et des libéraux. Bien loin des postures militantes radicales du passé les Grünen s’affirment désormais comme un “parti de gouvernement".

avec :

Annette Lensing (Maitresse de conférences en études germaniques à l’Université de Caen Normandie), Alexandre Robinet-Borgomano (Responsable du programme Allemagne de l’Institut Montaigne).

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Seize ans après leur première participation à une coalition gouvernementale les Verts sont de retour au pouvoir en Allemagne aux côtés des socialistes et des libéraux. Avec un score de 14,5% aux élections de septembre 2021 - et bien qu’il fût légèrement en deçà de leurs attentes – le parti s’impose comme l’une des principales forces du pays tant au niveau régional que fédéral. Bien loin des postures militantes radicales du passé, les Grünen s’affirment désormais comme un “parti de gouvernement” capable de compromis et voulant dépasser le clivage “gauche-droite”. C’est ce qu’incarne la nouvelle équipe dirigeante à l’instar de l’ancienne co-présidente du parti et désormais ministre des affaires étrangères, Annalena Baerbock.

Le pragmatisme des verts allemands est-il la solution pour faire avancer la cause écologiste au sommet de l’Etat ? De la radicalité à la responsabilité comment expliquer cette profonde transformation du mouvement écologiste allemand ? Le chemin parcouru par le Grünen peut-il avoir valeur de modèle pour d’autres partis verts en Europe et notamment en France ?

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Florian Delorme reçoit Annette Lensing, maîtresse de conférences en études germaniques à l’Université de Caen-Normandie.

"Les Verts Allemands sont à l’origine un parti contestataire issu de la société civile et s’inscrivant dans ce qu’on a appelé les nouveaux mouvements sociaux.  Mais très rapidement, le parti a dû rompre avec cet héritage contestataire pour se professionnaliser et s'institutionnaliser" explique Annette Lensing.

Les focus du jour

Verts autrichiens : une ascension par la droite ?

Rencontre entre Werner Kogler, chef du parti écologiste autrichien et Sebastian Kurz, ancien chancelier autrichien en 2019.
Rencontre entre Werner Kogler, chef du parti écologiste autrichien et Sebastian Kurz, ancien chancelier autrichien en 2019.
© AFP - HELMUT FOHRINGER

En 2020 à la surprise générale en Europe le parti écologiste autrichien (Die Grünen - Die Grüne Alternative) signe un accord de coalition avec les conservateurs du parti OVD dirigé par Sebastian Kurz. Leur mot d’ordre commun : “défendre les frontières et le climat”. Laissant le champ libre aux conservateurs que les questions de sécurité et d’immigration les Verts se voient attribuer quatre ministères dont celui de l’environnement où ils comptent mettre en place une ambitieuse politique en matière de transition énergétique. Deux ans plus tard le pragmatisme des Verts autrichiens a-t-il payé ?

Avec Alexandre Robinet-Borgomano, conseiller pour l'Allemagne de l'Institut Montaigne.

"Au moment de la formation de la coalition, la promesse du chancelier Kurz était de réunir « le meilleur des deux mondes », c’est-à-dire protéger à la fois les frontières et l’environnement. Chaque parti garde ainsi une marge de manœuvre dans ses domaines respectifs : l’environnement, l’économie, la justice pour les Verts, et l’immigration, la politique intérieure et la maitrise des finances publique pour les conservateurs" explique Alexandre Robinet-Borgomano.

Partis écologistes de Belgique : une ascension à deux vitesses

Meeting de Meyrem Almaci, présidente du parti Groen, en 2019
Meeting de Meyrem Almaci, présidente du parti Groen, en 2019
- KURT DESPLENTER

Mai 2019, les Belges sont appelés aux urnes pour des élections à la fois régionales, fédérales et européennes. Parmi les grands gagnants du scrutin, le parti Ecolo en Wallonie, qui obtient 14,9% des voix et s’impose comme la troisième force politique en région francophone. Dans un contexte de crise de confiance envers les partis traditionnels et sur fond de crises de gouvernance à répétition au niveau fédéral, Ecolo peut se réjouir d'avoir su capter le vote de la jeunesse et d’apparaitre désormais comme l’un des piliers de paysage politique. Côté flamand, en revanche, les Groen - l’autre parti écologiste du pays - fait encore figure de petit parti et peine à s’imposer dans un paysage politique dominé par l’extrême-droite. Comment expliquer cette différence de trajectoire entre les deux partis “frères” de l’écologie en Belgique ?

Avec Caroline Close, professeure de sciences politique à l'ULB, chercheuse en sociologie politique et politique comparée au Cevipol (Centre d’étude de la vie politique).

"En Belgique il existe véritablement deux systèmes de partis : chaque communauté a sa propre sphère médiatique et son propre paysage politique. Les stratégies électorales sont donc différentes : les écologistes francophones font campagne dans un système de partis où le curseur se situe plutôt au centre-gauche tandis que Groen fait campagne face à des partis flamands qui sont plutôt focalisés à droite. Or Groen peine à performer dans un paysage politique où les thématiques dominantes sont l’immigration et l’identité. Ce parti qui défend des positions ouvertes et multicuturelles se retrouve ainsi confiné à gauche, privé de la possibilité de capter les voix de la droite conservatrice. De surcroît, si les écologistes wallons sont parvenus à s’implanter à la fois dans les villes et les campagnes, le parti flamand souffre d’une implantation quasi exclusivement urbaine. Une situation qui peut expliquer les différences de succès entre ces deux formations" note Caroline Close .

Références sonores

  • Lors d’un congrès des Verts en avril 2021, Annalena Baerbock se présente comme la candidate du « renouveau » et s’opposait en cela aux candidats du « statu quo » (Euronews, 19 avril 2021)
  • Annalena Baerbock se réjouit de la coalition qui commence à prendre forme entre les Verts, le SPD et les Libéraux (Arte, 11 septembre 2021)
  • Extrait du discours de victoire d’Annalena Baerbock  (Euronews, 06 décembre 2021)
  • Extrait de la conférence de presse d’Annalena Baerbock depuis Kiev (Euronews, 10 mai 2022)
  • En 1999, six mois après la victoire de la coalition des Verts avec le SPD, Joschka Fischer est pris à parti lors d’un congrès des Verts pour sa prise de position en faveur de l’intervention de l’Allemagne au Kosovo
  • Extrait du discours du ministre-président du Bade Württemberg Winfried Kretschmann (Phoenix, 13 juin 2021)
  • Extrait de la conférence de presse de Sebastian Kurz et Werner Kogler scellant la coalition inédite en Autriche entre le Parti populaire autrichien (ÖVP) et les Verts autrichiens (Euronews, 02 janvier 2020)
  • Le vice-président d’Ecolo Jean-Marc Nollet se réjouit du résultat des élections législatives fédérales en Belgique (TéléSambre, 27 mai 2019)

Références musicales

  • « Weiss » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Schokolala » de Gorilla Club (Autoproduit)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation