Photo prise le 22 mai 2019, publiée par l'alpiniste du projet "Possible Possible" de Nirmal Purja, montre le trafic intense d'alpinistes faisant la queue au sommet du mont Everest.
Photo prise le 22 mai 2019, publiée par l'alpiniste du projet "Possible Possible" de Nirmal Purja, montre le trafic intense d'alpinistes faisant la queue au sommet du mont Everest.
Photo prise le 22 mai 2019, publiée par l'alpiniste du projet "Possible Possible" de Nirmal Purja, montre le trafic intense d'alpinistes faisant la queue au sommet du mont Everest. ©AFP - PROJECT POSSIBLE
Photo prise le 22 mai 2019, publiée par l'alpiniste du projet "Possible Possible" de Nirmal Purja, montre le trafic intense d'alpinistes faisant la queue au sommet du mont Everest. ©AFP - PROJECT POSSIBLE
Photo prise le 22 mai 2019, publiée par l'alpiniste du projet "Possible Possible" de Nirmal Purja, montre le trafic intense d'alpinistes faisant la queue au sommet du mont Everest. ©AFP - PROJECT POSSIBLE
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Résumé

Le 22 mai, lors de leur ascension de l’Everest, des alpinistes se sont retrouvés en plein embouteillage. Immortalisée par une photo devenue célèbre, une longue file humaine patientait alors dans la « zone de mort » sur le toit du monde. Comment expliquer cet afflux de visiteurs au sommet ?

avec :

Isabelle Sacareau (géographe, professeure à l’Université Bordeaux-Montaigne, chercheure à l'unité mixte de recherche Passages (CNRS).), Jacques Mourey (géographe, doctorant à l’université Savoie Mont-Blanc et membre du laboratoire EDYTEM (Environnement, Dynamiques, Territoires, Montagnes).), Amanda Chaparro (journaliste pour le Monde et France 24 basée au Pérou.).

En savoir plus

C'est le rêve de bien des alpinistes : fouler de ses crampons le plus haut sommet du monde. L'Everest, 8 848 mètres - coincé entre le Népal et le Tibet - exerce une force d'attraction sans pareil à laquelle succombe de plus en plus d’intrépides, au point qu’il faut désormais se doter de patience pour le gravir.

Embouteillage dans la « zone de mort »

En mai dernier un cliché révélait une face moins glorieuse de l'ascension de l'Everest avec un véritable embouteillage de cordée à quelques centaines de mètres de l'arrivée. Une longue file de grimpeurs suréquipés attendant leur tour dans ce passage surnommé la « zone de mort », le célèbre ressaut d’Hillary, situé à 8 000 mètres d’altitude.

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Je suis resté bloqué quatre heures. (…) J'ai passé une heure trente à faire la circulation au sommet du monde Nirmal Purja, ancien militaire britannico-népalais au micro de France Info.

Autre record pour le toit du monde : celui du nombre de décès qui s’élève déjà à 11 personnes pour 2019, saison la plus mortelle depuis 2015.

Comment expliquer cet afflux de visiteur au sommet ? L'ascension de l'Everest serait-elle devenue une sortie touristique comme une autre accessible au commun des mortels et non plus aux alpinistes chevronnés ? Comment les autorités népalaises peuvent et doivent en limiter l’accès ? Comment le tourisme - qui constitue une manne financière très importante pour un territoire particulièrement pauvre – s’est-il développé au cours du temps ? Quelles conditions de vie et de travail pour les sherpas, ces guides et autres porteurs qui accompagnent les grimpeurs et qui en paient eux aussi le prix fort ? 

Déchets laissés derrière eux par des alpinistes au Camp IV de l'Everest le 21 mai 2018.
Déchets laissés derrière eux par des alpinistes au Camp IV de l'Everest le 21 mai 2018.
© AFP - Doma SHERPA

Le Machu Picchu menacé par un aéroport 

C’est un projet dont on entend parler depuis plusieurs années dans la ville de Cuzco au Pérou, celui de la construction d’un nouvel aéroport à une cinquantaine de kilomètres à vol d’oiseau du célèbre site du Machu Picchu, situé à 2 430 mètres d’altitude. 

Cette fois, et malgré l’opposition d’une partie de la population, le chantier a bel et bien commencé. L’objectif annoncé est de faciliter davantage encore l’accès des touristes à cette région d’altitude qui regorge de trésors archéologiques de la période Inca. Pourtant le Machu Picchu souffre déjà d’un problème de saturation touristique. Alors la construction de cet aéroport est-il vraiment une bonne nouvelle ? Nous avons posé la question à Amanda Chaparro, correspondante du Monde et de France 24 au Pérou.

Pour aller plus loin à propos de ce projet d'aéroport  : 

- Lire l'article d'Amanda Chaparro.

Une émission préparée par Mélanie Chalandon.

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Extraits sonores :

- Ambiance lors de l’ascension du Mont Everest par l’alpiniste canadien Elia Saikaly (Montagnes Magazine, 9 juillet 2018)

- Rizza Alee, alpiniste indien, explique les dangers des embouteillages en haut de l’Everest (Le Monde, 31 mai 2019)

- Mohan Krishna, ministre népalais de la culture et du tourisme, ne trouve pas la situation « anormale » (Le Monde, 31 mai 2019)

- Sarah Hillary, fille d’Edmund Hillary considère que les alpinistes ne devraient pas être autant “obsédés” par l’Everest (Le Monde, 31 mai 2019)

- Extrait du documentaire Sherpa, réalisé par l’australienne Jennifer Peedom, qui relate l’avalanche survenue à 6h45 du matin le 18 avril 2014 au-dessus de la cascade de glace de Khumbu. Entretenant un lien étroit avec les sherpas depuis 2004, Jennifer et ses équipes s’apprêtaient à tourner un film sur la communauté sherpa. À la place, ils furent les témoins d’une catastrophe meurtrière et politique qui remit en question toute l’industrie de l’escalade de l’Everest.

- Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains et conseiller départemental du canton du Mont-Blanc, dénonce les excès qui se produisent sur le massif du Mont-blanc (23 août 2018)

- Le Président de la république péruvienne, Martín Vizcarra, expliquait à la fin du mois de mai dernier combien il était important de construire un nouvel aéroport au Machu Picchu (Peru 21, 23 mai 2019) 

Extraits musicaux : 

- Asleep On A Train de Mùm (label : TMT Entertainment)

- Le Monde intérieur de Jean-Louis Murat (label : Labels)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Maïder Gerard
Collaboration
Marguerite Catton
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Corentin Mançois
Collaboration