Biodiversité : l’arche de Noé à la dérive : épisode 3/4 du podcast La gouvernance mondiale dans la tourmente

4 mai 2019, Paris, France - le WWF France organise un happening au cœur de Paris, avec des militants déguisés en abeilles, dans le but d'alerter sur le déclin de la biodiversité.
4 mai 2019, Paris, France - le WWF France organise un happening au cœur de Paris, avec des militants déguisés en abeilles, dans le but d'alerter sur le déclin de la biodiversité. ©AFP - KENZO TRIBOUILLARD
4 mai 2019, Paris, France - le WWF France organise un happening au cœur de Paris, avec des militants déguisés en abeilles, dans le but d'alerter sur le déclin de la biodiversité. ©AFP - KENZO TRIBOUILLARD
4 mai 2019, Paris, France - le WWF France organise un happening au cœur de Paris, avec des militants déguisés en abeilles, dans le but d'alerter sur le déclin de la biodiversité. ©AFP - KENZO TRIBOUILLARD
Publicité

Les efforts déployés dans lutte contre le réchauffement climatique auraient-ils éclipsé d'autres autres combats environnementaux ? Et à quoi servent les sommets et conventions internationales sur la biodiversité si leurs engagements ne sont pas tenus ?

Avec
  • Jean-Paul Crampe Membre du Conseil scientifique et anciennement chef de secteur du Parc national des Pyrénées
  • Marie Hrabanski Chercheuse en sociologie politique au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) à Montpellier
  • Aleksandar Rankovic Chercheur à l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales). Il travaille notamment à la préparation de la COP15 sur la biodiversité, qui aura lieu en Chine.

Tandis que les forêts brûlent, que les océans se vident et que les terres s'appauvrissent les rapports s'accumulent pour alerter sur la disparition des espèces et la dégradation des écosystèmes. Un constat confirmé par un récent rapport du WWF qui mentionnait notamment qu'entre 1970 et 2016, 68% de la faune sauvage avait disparu – principalement à cause de l’activité humaine.

La préservation de la biodiversité n'est pourtant pas une préoccupation nouvelle au niveau international. Mais alors que la pandémie de Covid-19 accapare l’attention des chefs d’états et des gouvernements, il paraît plus essentiel que jamais de ne pas laisser à la marge d'autres thèmes décisifs pour l’avenir de l’humanité, au premier rang desquels figure la biodiversité.

Publicité

Depuis le sommet de la terre à Rio en 1992 jusqu'à la COP15, prévue au printemps prochain en Chine, les États se sont réunis maintes fois pour fixer ensemble de grandes ambitions et afficher leur volonté de préserver ensemble la richesse du monde vivant. Mais l'urgence est d’autant plus grande que les initiatives déployées jusqu’ici sont insuffisantes, comme le déclarait récemment le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui rappelait qu'entre 2011 et 2020, ces efforts n’ont pas permis d’atteindre la plupart des objectifs fixés à Aichi au Japon par les Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) d'octobre 2010.

À en croire les scientifiques, la dégradation de la nature est d’une ampleur inédite dans l’histoire de l’humanité. Alors comment comprendre cet échec collectif ? Pourquoi, depuis le sommet de la Terre à Rio en 1992, peine-t-on à protéger la biodiversité ? Peut-on espérer que l’on s’y mette enfin ?

La COP15 prévue au printemps prochain, en Chine, peut-elle enclencher une nouvelle dynamique ? Comment remettre le vivant au cœur de notre projet civilisationnel ?

Une discussion en compagnie d'Aleksandar Rankovic, chercheur à l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales). Il travaille notamment à la préparation de la COP15 sur la biodiversité.

La Méthode scientifique
57 min

Il faut se méfier du quantitatif. On peut avoir 30% de parcs, de zones protégées, mais si ce sont des passoires, leur statut ne change rien. Il faut plus de coopération entre les pays pour que les statuts de protection de la biodiversité soient renforcés. Aleksandar Rankovic

La perte de la biodiversité est causée majoritairement  par l'agriculture intensive et l'artificialisation des sols. Une réforme profonde des modèles agroalimentaires réglerait une bonne partie des problèmes. Or, cet élément est le parent pauvre des plans de relance. Aleksandar Rankovic

À réécouter : Pour services rendus
La Transition
3 min

Les focus du jour 

Du Costa Rica à Madagascar : donner une valeur financière à la nature pour la protéger ?

Avec Marie Hrabanski, chercheuse en sociologie politique au CIRAD (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement), à Montpellier

Au Costa Rica, plus de 60 % des financements des paiements pour services environnementaux proviennent d'une taxe sur les hydrocarbures, et 25 % proviennent d'aides internationales. À Madagascar, où les bailleurs de fonds extranationaux sont prépondérants, et les pouvoirs étatiques sont instables, cela fonctionne beaucoup moins bien. Marie Hrabanski

22 janvier 2019, Davos, Suisse - Carlos Alvarado Quesada, Président du Costa Rica, s'exprime en marge du 49ème Forum Économique Mondial
22 janvier 2019, Davos, Suisse - Carlos Alvarado Quesada, Président du Costa Rica, s'exprime en marge du 49ème Forum Économique Mondial
© Maxppp - GIAN EHRENZELLER/EPA/Newscom

Le grand retour du bouquetin ibérique : le bilatéralisme environnemental en action

Avec Jean-Paul Crampe, membre du Conseil scientifique et anciennement chef de secteur du Parc national des Pyrénées

On ne peut pas aborder la question de la conservation des populations de bouquetins sans considérer avant toute chose que pour ces bouquetins, les Pyrénées sont indivisibles. Jean-Paul Crampe

19 septembre 2018 - Un bouquetin ibérique (Capra pyrenaica) mâle se repose sur une prairie pyrénéenne.
19 septembre 2018 - Un bouquetin ibérique (Capra pyrenaica) mâle se repose sur une prairie pyrénéenne.
© Maxppp - Philippe Clément/BELPRESS

Une émission préparée par Mélanie Chalandon et Nicolas Szende.

Extraits sonores 

- Elizabeth Maruma Mrema s’exprime, le 4 juin 2020, sur la perte de biodiversité mondiale à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement (Convention on Biological Diversity, 4 juin 2020)

- Le président costaricain Carlos Alvarado Quesada présente le modèle que constitue son pays en matière de protection de l’environnement, notamment via les paiements pour services environnementaux (UNESCO, 20 mai 2020)

- Bouquetins ibériques lors de la période de rut, dans les Pyrénées françaises

Extraits musicaux

- « New seeds » de Boards of Canada (Label : Warp)

- « La Maison près de la fontaine » de Nino Ferrer

L'équipe