Peinture du XVIIIe représentant une scène tirée du roman "Le Rêve dans le pavillon rouge"
Peinture du XVIIIe représentant une scène tirée du roman "Le Rêve dans le pavillon rouge"
Peinture du XVIIIe représentant une scène tirée du roman "Le Rêve dans le pavillon rouge" ©Getty - Inconnu
Peinture du XVIIIe représentant une scène tirée du roman "Le Rêve dans le pavillon rouge" ©Getty - Inconnu
Peinture du XVIIIe représentant une scène tirée du roman "Le Rêve dans le pavillon rouge" ©Getty - Inconnu
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Résumé

Ecrit au XVIIIe siècle par Cao Xuequin, "Le Rêve dans le Pavillon rouge" est considéré comme le dernier des quatre livres extraordinaires de la littérature chinoise. Devenu une référence absolue en Chine, ce roman fait même l'objet d'une discipline académique à part entière, la "rougeologie".

avec :

François Bougon (journaliste, responsable du service international de Mediapart).

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Ecrit au XVIIIe siècle, Le Rêve dans le Pavillon rouge, chef-d’œuvre de Cao Xueqin, est considéré comme le dernier des « Quatre romans extraordinaires » de la littérature chinoise. Ce récit en 120 chapitres propose la chronique réaliste d’une grande famille mandarinale sur le déclin, à travers l’histoire d’amour impossible entre Baoyu, Jade Magique, et sa cousine Lin Bayiu, Jade sombre. Mais c’est également une œuvre hautement symbolique, comme l’annonce ses premières pages, consacrées à l’errance dans le monde invisible d’une pierre qui décide de s’incarner en homme, pour devenir le personnage principal du récit. Extrêmement populaire en Chine, Le Rêve dans le pavillon rouge a fait l’objet d’une infinité d’adaptations, de l’opéra à la télévision, qui y a consacré plusieurs séries, dont une devenue culte, datant de 1987. Mais l’œuvre fait aussi l’objet d’une discipline académique à part entière, la « rougeologie », dont les spécialistes s’évertuent, depuis le début du XXe siècle, à percer les secrets du livre. De la recherche de l’identité des personnages réels dont se serait inspiré ce roman à clés, aux interprétations psychanalytiques qui en sont faites aujourd’hui, en passant par sa lecture marxiste durant la période maoïste, différentes écoles continuent de nourrir la connaissance de ce roman hors-norme et de son auteur.

Que représente Cao Xueqin pour la Chine d’aujourd’hui ? Pourquoi Le Rêve dans le pavillon rouge s’est-il imposé plus qu’un autre comme une référence absolue, du grand public aux universités ? En quoi l’histoire de cet ouvrage est-elle symptomatique du rapport de la Chine à son patrimoine culturel, en particulier littéraire ?

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Florian Delorme reçoit Aude Lucas, chercheuse au centre de recherche sur les civilisations de l’Asie orientale et Li Shiwei, maîtresse de conférences en littérature chinoise à l’Université d’Aix-Marseille.

"La lecture du Rêve dans le pavillon rouge est une expérience partagée par tous les Chinois. C'est l’un des ouvrages les plus importants de la littérature chinoise qui a même donné lieu à la naissance d’une discipline entière consacrée à son étude" explique Li Shiwei.

"On a beaucoup comparé cet ouvrage avec « La recherche du temps perdu » de Marcel Proust pour ses développements esthétiques sur l’art. Mais en réalité, il se rapproche plus de la « Comédie humaine » de Balzac pour son abondance de personnages, de descriptions, et de tous ces types de caractères présents dans l’œuvre" note Aude Lucas

Mais également Zhang Yinde, professeur de littérature chinoise à l’Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle et François Bougon, responsable du service international de Médiapart, ancien correspondant à Pékin. 

"Le rêve dans le pavillon rouge a suscité l'intérêt historique et politique de nombreux dirigeants chinois. C'était, par exemple, une référence très importante pour Mao. Selon lui, il est impossible de comprendre la société féodale, concept central dans la théorie marxiste, sans avoir lu ce livre" observe Zhang Yinde

"Pour les gens qui s’intéressent à la Chine, cet ouvrage est une référence indispensable. Ce livre est présent partout : dans le champ académique, mais aussi dans les références populaires. C’est une fenêtre sur la société impériale mais c’est aussi un miroir car chaque Chinois se reconnait et se projette dans ce livre" analyse François Bougon

Références sonores

  • Extrait de la dernière adaptation du « Rêve dans le pavillon rouge » réalisée par le réalisateur Li Shaohong et sortie en 2010. 
  • Extrait d’un « Cinq Colonnes à la Une » (ORTF, « Les Gardes rouges », reportage réalisé par Helena Lemanska, commentaires Antoine Hirsch, 02 décembre 1966)
  • Extrait de l’adaptation du « Rêve dans le pavillon rouge » sortie en 2010 dans lequel est expliquée la réincarnation de la pierre

Références musicales

  • « Nil » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • Extrait de l’adaptation du « Rêve dans le pavillon rouge » sortie en 1987 (CCTV, 1er épisode, 1987)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation