Des passants devant une affiche publicitaire pour l'internet 5G lors du Mobile World Congress afin de présenter la technologie au Shanghai New International Expo Centre à Shanghai, le 26 juin 2019.
Des passants devant une affiche publicitaire pour l'internet 5G lors du Mobile World Congress afin de présenter la technologie au Shanghai New International Expo Centre à Shanghai, le 26 juin 2019.
Des passants devant une affiche publicitaire pour l'internet 5G lors du Mobile World Congress afin de présenter la technologie au Shanghai New International Expo Centre à Shanghai, le 26 juin 2019. ©AFP - HECTOR RETAMAL
Des passants devant une affiche publicitaire pour l'internet 5G lors du Mobile World Congress afin de présenter la technologie au Shanghai New International Expo Centre à Shanghai, le 26 juin 2019. ©AFP - HECTOR RETAMAL
Des passants devant une affiche publicitaire pour l'internet 5G lors du Mobile World Congress afin de présenter la technologie au Shanghai New International Expo Centre à Shanghai, le 26 juin 2019. ©AFP - HECTOR RETAMAL
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Résumé

La Chine a pour objectif de devenir la première puissance technologique à l'horizon 2049. De la sous-traitance à la volonté d'imposer ses propres solutions technologiques, faut-il voir dans cette effervescence scientifique un rattrapage technologique durable pour la Chine sur ses concurrents ?

avec :

Jean-François Dufour (Directeur de DCA Chine-Analyse), Stéphanie Balme (professeure à Sciences Po / PSIA (Paris School of International Affairs), directrice de recherche au CERI et doyenne du Collège universitaire), Alisée Pornet (Economiste à l’Agence française de développement (AFD)).

En savoir plus

Le Président Xi Jinping rappelait en 2018 l’horizon fixé pour son pays devant l’Académie des sciences de Chine : devenir la première puissance scientifique mondiale en particulier dans le domaine des hautes technologies. Au-delà des prouesses accomplies par le pays ces dernières années, le discours du président chinois résonnait également comme une mise en garde :  « les technologies ne sont pas toujours disponibles, ni achetables, ni négociables » rappelait-il. Le bras de fer entre le géant de la téléphonie Huawei et les Etats-Unis autour des semi-conducteurs - ces composants électroniques minuscules devenus indispensables à de nombreux secteurs clefs – en est la preuve. 

Si la Chine veut devenir la grande puissance à l’horizon 2049, il lui faudra compter sur ses propres forces. C’est justement l’objectif du plan « Made in China 2025 » lancé en 2015 par les autorités : passer d’une économie de sous-traitant, basée sur la production à faibles coûts, à celle d’une industrie haut de gamme capable d’innover et d’imposer ses propres solutions technologiques.

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Comment Pékin compte arriver à ses fins ? Quels outils et quels moyens sont déployés ? Le pays parviendra-t-il à passer de l’étiquette « Made in China » à celle de « created in China » ? Enfin, la mainmise du Parti Communiste Chinois sur l’économie n'est-elle pas à terme un obstacle à la création et l’innovation ?

Nos invités sont Stéphanie Balme, professeure à Sciences Po / PSIA (Paris School of International Affairs), directrice de recherche au CERI et doyenne du Collège universitaire et Jean-François Dufour, directeur de DCA Chine-Analyse.

L’importance des moyens financiers investis par la Chine dans l’innovation sont à penser dans une logique de rattrapage.Toutes les industries chinoises ont souffert d’un cataclysme à la fin du maoïsme avec la révolution culturelle. (Sauf l’industrie spatiale, toujours protégée grâce à sa dimension militaire.) A partir des années 80, ces industries sont parties d’une page blanche. L’histoire industrielle chinoise a une quarantaine d’années et l’innovation prend du temps à mettre en place. Pour avoir des innovations de rupture, il faut maîtriser les technologies précédentes. Jean-François Dufour

Aux demandes de sérendipité des scientifiques, l’Etat chinois répond que les Etats centralisés, avec un rapport descendant vis-à-vis de la science, vont pouvoir produire de l’innovation de rupture. Désormais, on produit un type de science basé sur l’organisation, la classification, le croisement entre qualité et quantité des données. La puissance scientifique du XXIe siècle sera une puissance d’Intelligence Artificielle et sera donc autoritaire. Stéphanie Balme

Seconde partie - le focus du jour 

Shenzhen, un territoire encore en transformation

Lorsque l’on se demande quelle est la place de la Chine dans l’innovation de pointe, la ville de Shenzhen est le premier exemple du progrès chinois. La ville mère d’Huawei est depuis les années 80 la première zone économique spéciale chinoise. Initialement, Shenzhen est l’incarnation du développement économique de la Chine en tant qu’atelier du monde, mais depuis quelques années, le territoire se reconvertit avec des géants du numérique.

Comment s’opère cette mutation ? Peut-on réellement parler de Silicon Valley chinoise ?

Entretien avec Alisée Pornet, économiste à l’Agence française de développement (AFD). 

Ce qui fait la richesse de Shenzhen, c’est la juxtaposition des différentes zones de la chaîne de production industrielle. Il y a la chaine avale : l’assemblage, à l’origine de la dynamique économique et urbaine, et la chaîne amont : l’innovation. On parle de berceau d’innovation parce que la dynamique d’assemblage de composantes électroniques permet aux concepteurs de réfléchir et d'innover très rapidement, puisque tout est à disposition. Alisée Pornet

Ville de Shenzhen
Ville de Shenzhen
© AFP - STR

Une émission préparée par Mélanie Chalandon et Albane Barrau. 

À réécouter : La Chine peut-elle affaiblir Hong-Kong... par l'économie ?

Références sonores 

  • Extraits du discours de Xi Jinping aux membres de l’Académie chinoise des sciences et de l’Académie chinoise d’ingénierie en mai 2018 (CGTN, 28 mai 2018)
  • Extrait d’un témoignage d’un étudiant chinois, Lihao Dong, venu poursuivre ses études en France à Polytech Nantes (Vidéo de Polytech Nantes, 18 juillet 2019)

Références musicales 

  • « Nil » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Made in China 2025 », chanson de 2016 ayant pour but de valoriser le plan du gouvernement chinois à horizon 2025 en ce qui concerne l’industrie manufacturière, et notamment les produits technologiques
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation