Sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping le 15 novembre 2021 ©AFP - Mandel Ngan
Sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping le 15 novembre 2021 ©AFP - Mandel Ngan
Sommet virtuel entre Joe Biden et Xi Jinping le 15 novembre 2021 ©AFP - Mandel Ngan
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Résumé

Après avoir abordé lundi les négociations sur le nucléaire iranien en passe d’aboutir à Vienne, puis, hier, le tabou de la dissuasion en Europe tournons-nous aujourd’hui vers la Chine, dont la rivalité avec les États-Unis relance la course aux armements.

avec :

Marc Julienne (chercheur au Centre Asie de l’Ifri, responsable des activités Chine), Antoine Bondaz (chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, enseignant à Sciences-Po), Benjamin Hautecouverture (Maître de recherches à la Fondation pour la recherche stratégique).

En savoir plus

Le 3 janvier 2022, la Chine s’engageait avec la France, la Russie, le Royaume-Uni et les États-Unis, à éviter la course aux armements atomiques, affirmant dans une déclaration conjointe « qu’une guerre nucléaire ne peut être gagnée et ne doit jamais être menée ». Sauf que, derrière ces bonnes intentions affichées, force est de constater que nous assistons à une inflation des armes nucléaires. En particulier du côté de la chine qui assume d’ailleurs sans complexe la nécessité de « moderniser » son arsenal et de « faire correspondre ses capacités nucléaires au niveau requis pour sa sécurité nationale » pour reprendre la formule du directeur du service de contrôle des armements du ministère chinois des affaires étrangères, Fu Cong. Ce dernier considère que ce sont les Etats-Unis et la Russie qui doivent produire des efforts de désarmement puisque ces deux pays possèdent 90% des têtes nucléaires. De l’autre côté du globe, à Washington, on pointe du doigt l’attitude de Pékin que l’on accuse de refuser de participer aux discussions sur la réduction des armes nucléaires et d’accroitre dangereusement son arsenal.

Comment sortir de cette impasse ? Peut-on éviter la course aux armes nucléaires alimentée par la rivalité sino-américaine ? D’ailleurs quelle est la politique chinoise dans ce domaine ? Quels sont les objectifs de Pékin en matière de capacités ? S’agit-il de rattraper les USA et la Russie, voire de les dépasser ? La Chine en a-t-elle les moyens ? La perspective d’une guerre de haute intensité impliquant la Chine et ses armes atomiques est-elle à craindre ?

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Il y a une intensification du développement qualitatif et quantitatif de l’arsenal chinois. Quand on dit que la Chine est une puissance nucléaire moyenne à l’instar de la France, on parle d’une photographie. Mais la dynamique dit l’inverse. Benjamin Hautecouverture

La doctrine nucléaire chinoise est très stable dans l’histoire. Les dirigeants chinois ont posé cette doctrine au lendemain du premier essai nucléaire chinois en 64 : elle repose sur la dimension défensive et le non-emploi en premier. C’est-à-dire qu’elle ne va pas utiliser l’arme nucléaire contre un Etat si elle n’est pas visée par une attaque nucléaire. (…) Mais aujourd’hui cette doctrine semble de plus en plus contradictoire avec l’évolution de son arsenal nucléaire. Taïwan peut être une raison de cette évolution. Marc Julienne

Florian Delorme reçoit Benjamin Hautecouverture, maître de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique et Marc Julienne, chercheur à l’Ifri, responsable de la Chine.

Seconde partie : le focus du jour

La dissuasion chinoise vue par le cinéma

Un soldat de l'Armée populaire de libération filmant la Place Tian'anmen en 2005
Un soldat de l'Armée populaire de libération filmant la Place Tian'anmen en 2005
© AFP - Peter Parks

Depuis 1999 et le film Roaring Across The Horizon, les débuts du programme nucléaire militaire de Pékin sont un thème récurrent des productions audiovisuelles chinoises, qui mettent en scène le génie et l’héroïsme des scientifiques, dans une perspective techno-nationaliste. En revanche, la menace nucléaire chinoise, effleurée par le cinéma anglo-saxon des années 1960, est absente des productions occidentales contemporaines, les studios restant désireux d’exporter en Chine.

Dans les films chinois sur les questions nucléaires, les Etats-Unis ne sont que très peu mentionnés. Ce cinéma préfère mettre en avant des scientifiques, des citoyens et des soldats chinois : ces films s’adressent avant tout à la population pour montrer la force et les réussites du parti communiste. Antoine Bondaz

Avec Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la Recherche stratégique.

Références sonores

- Extrait de Fu Cong à propos de la signature de l’accord concernant l’utilisation des armes nucléaires (CGTN, 04 janvier 2022)

- Charles Richard, commandant de l’United States Strategic Command, se dit inquiet de la menace nucléaire chinoise (CBS, août 2021)

- Barack Obama souhaite un monde « sans armes nucléaires » suite au tir le même jour d’une fusée longue portée par la Corée du Nord (France 2, 05 avril 2009)

- Extrait du film « Roaring across the horizon » de Chen Huaiguo et Peng Jichao sorti en 1999. 

- Extrait du « Syndrome chinois » de James Bridges sorti en 1979. 

Références musicales

- « Florac » de Pantha du prince (Label : Kompakt)

- « Love that bomb » du Laurie Johnson Orchestra, l’une des musiques de la bande originale de « Docteur Folamour » de Stanley Kubrick sorti en 1964 (Label : Colpix)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation