Des Vénézuéliens déplacés de La Victoria, dans l'État d'Apure, le 26 mars 2021.
Des Vénézuéliens déplacés de La Victoria, dans l'État d'Apure, le 26 mars 2021. ©AFP - VANESSA JIMENEZ
Des Vénézuéliens déplacés de La Victoria, dans l'État d'Apure, le 26 mars 2021. ©AFP - VANESSA JIMENEZ
Des Vénézuéliens déplacés de La Victoria, dans l'État d'Apure, le 26 mars 2021. ©AFP - VANESSA JIMENEZ
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Plus de 5 millions de Vénézuéliens ont pris la route de l’exil ces dernières années. Pour répondre à l’urgence, le président colombien a annoncé il y a quelques jours leur régularisation en leur donnant un permis de protection temporaire valable dix ans. Comment ces migrants sont-ils accueillis ?

Avec
  • Lina Penagos politiste, doctorante en sciences politiques à l’Université Gustave Eiffel
  • Dánae Rivadeneyra doctorante à l’Université de Paris Diderot, journaliste RFI
  • Alexandra Castro-Franco juriste, docteure en droit de l’Université Paris II, fondatrice et chercheuse à l’Observatoire des migrations internationales de l’Universidad Externado de Colombia

Depuis quelques années et à cause de la terrible crise économique, sociale et politique qui touche le pays, plus de 5 millions de Vénézuéliens ont pris la route de l’exil selon les chiffres des Nations Unies. Si l’ensemble de la région latino-américaine et caribéenne est concernée, la Colombie voisine est particulièrement touchée par l’arrivée de migrants avec environ 1,7 millions de personnes entrées sur le territoire depuis 2015. En effet, depuis des mois, les 2 200 km de frontières communes sont le théâtre d’un défilé continu de familles qui, à pied, valise à l’épaule et enfants sous le bras, traversent avec l’espoir d’une vie meilleure.
Pour répondre à l’urgence, le président colombien Ivan Duque a annoncé il y a quelques jours la régularisation d'un certain nombre de migrants en leur donnant un permis de protection temporaire valable dix ans. Une décision inédite dans la région, saluée par le chef du Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations Unies (HCR), Filippo Grandi.

Mais cela suffira-t-il pour se reconstruire dans l’exil et s’intégrer dans la société colombienne ? Comment ces migrants sont-ils accueillis ? Quelles sont les violences auxquelles ces migrants sont exposés ?

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La Colombie a estimé la migration des vénézuéliens utile pour le développement du pays, elle peut être une force de travail intéressante. Selon le FMI (Fonds Monétaire International), à moyen terme, les migrants vénézuéliens pourraient apporter 5% du PIB. Lina Penagos

Le consensus politique autour de cette annonce d'Ivan Duque. Par exemple, cette mesure déplaît à la maire de Bogotá, Claudia López. Elle a exprimé son désaccord et estime qu’il y a un problème avec les Vénézuéliens dans le pays. Il va donc falloir être pédagogue pour éviter les cas de xénophobie qui commence à se faire voir dans le pays. Alexandra Castro-Franco

Seconde partie - le focus le jour

Les revirements de la politique migratoire péruvienne envers les vénézuéliens

Au Pérou, les élections qui se tiennent dimanche 11 avril, ont donné lieu à une campagne très dure sur les questions migratoires, avec des déclarations de candidats très violentes envers le plus d’un million de migrants vénézuéliens qui rejoignent le pays depuis 2015. Pourtant, en octobre 2020, en pleine crise sanitaire, le gouvernement péruvien, à ce moment-là encore dirigé par Martin Vizcarra, met en place un permis de séjour spécial, le CPP - une Carte de Permis Temporaire. Une mesure ouverte à tous les étrangers, mais qui concerne surtout les migrants vénézuéliens. Les migrants irréguliers déjà présents sur le territoire ont jusqu’au 19 avril pour faire leur demande de régularisation. Une décision surprenante pour un pays qui s’illustre depuis quelques années par la sévérité de sa politique migratoire et la montée de la xénophobie envers les Vénézuéliens.

Ce nouveau statut ne change pas grand-chose. Les CPP, carte de permis temporaire de séjour, sont les mêmes PTP, permis temporaire de séjour, qu’avait été mis en place Pablo Kuczynski. Or, le PTP n’est pas une qualité migratoire en soi, il s’agit d’un document qui permet de séjourner dans le pays, de travailler et d’être en situation régulière mais cela ne donne pas accès aux soins par exemple. Dánae Rivadeneyra

Une émission préparée par Bertille Bourdon.

Références sonores 

  • En février dernier lors d’une conférence de presse, le président colombien Ivan Duque rendait publique la création d’un statut provisoire destiné à protéger les migrants (El Tiempo, 08 février 2021)
  • Réaction de Veronica Petit, mère de famille vénézuélienne et réfugiée en Colombie après la création de ce nouveau statut (France 24, 09 février 2021)
  • Maryann Flores, autre réfugiée vénézuélienne en Colombie explique que ce nouveau statut lui permettra d’accéder plus facilement à un crédit afin de monter une entreprise (France 24, 16 février 2021)
  • Extrait de l’annonce d’Ivan Duque en août 2019 à propos de la régularisation des enfants apatrides + réaction d’une mère de famille dont le fils peut désormais prétendre à la nationalité colombienne (France 24, 14 août 2019)
  • Selon Hector Garcia, du collectif Quinta con Quinta qui accueille les réfugiés vénézuéliens aux abords du pont international Simon Bolivar, la xénophobie contre ces derniers n’existe véritablement que sur les réseaux sociaux (La 1ère, reportage de Maurice Nagou, 06 décembre 2018)

Références musicales

  • « El Espacio» de Mente Orgánica (Label : autoproduit)
  • « Pajarillo verde » Soledad Bravo, chanteuse Vénézuélienne très populaire des années 60 /70. 

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation