Le général Min Aung Hlaing, actuel premier ministre de Birmanie, le 27 mars 2022. ©AFP - MYANMAR MILITARY INFORMATION TEAM
Le général Min Aung Hlaing, actuel premier ministre de Birmanie, le 27 mars 2022. ©AFP - MYANMAR MILITARY INFORMATION TEAM
Le général Min Aung Hlaing, actuel premier ministre de Birmanie, le 27 mars 2022. ©AFP - MYANMAR MILITARY INFORMATION TEAM
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Résumé

Depuis le coup d'Etat de février 2021, les annonces de sanctions se succèdent pour tenter d'affaiblir la junte militaire birmane. Mais les mesures de rétorsion adoptées par les Occidentaux ne semblent pas ébranler le pouvoir birman qui continue à réprimer l'opposition et les minorités ethniques.

avec :

Emmanuelle Veuillet (Doctorante en science politique à l'Université Paris 1 - Panthéon Sorbonne), Olivier Guillard (directeur de recherche Asie à l'IRIS, directeur de l'information chez CRISIS24.), David Camroux (Chercheur honoraire au CERI (Centre d’Etudes Internationales) de Sciences-Po, professeur invité à l’Université nationale du Vietnam de Hanoï).

En savoir plus

Depuis un an et demi, les annonces de sanctions se succèdent, de Washington à Bruxelles, pour tenter d’affaiblir la junte militaire birmane. Au pouvoir depuis des décennies, elle avait consenti durant les années 2010 à l’amorce d’un processus d’ouverture, qu’elle a brutalement interrompu en février 2021 lors d’un coup d’était au cours duquel Aung San Suu Kyi, alors cheffe du gouvernement, a été écartée du pouvoir. Un coup d’Etat qui a accéléré la guerre civile, ajoutant aux guérillas en cours dans les Etats ethniques des périphéries du pays une lutte entre l’armée et les défenseurs de la démocratie. Mais les mesures de rétorsion adoptées par l’Europe et les Etats-Unis ne semblent pas ébranler la junte, qui continue à réprimer dans les sangs les minorités ethniques – à commencer par les Rohingyas, dont Washington vient d’assimiler la persécution à un génocide – et l’opposition. L’embargo sur les armes, réclamé par l’ONU et respecté par les Occidentaux, offre quant à lui davantage de nouveaux débouchés à l’industrie militaire russe qu’il ne désarme les soldats birmans. Pourtant, l’ouverture démocratique de 2011, qui avait valu à la junte la levée de sanctions antérieures, avait été interprétée par les occidentaux comme une preuve de l’efficacité de leur stratégie.

Dans quelle mesure les sanctions avaient-elles, à l’époque, réellement poussé les militaires birmans à lâcher du lest ? Onze ans plus tard, les nouvelles sanctions occidentales ont-elles un impact sur la situation chaotique de la Birmanie ?

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Florian Delorme reçoit David Camroux, chercheur honoraire au CERI/Sciences Po.

"Aujourd’hui, la population birmane applique ses propres sanctions : En signe de protestation, les Birmans refusent d’acheter les biens produits par les entreprises d’Etat contrôlées par l’armée. Ce boycott intérieur couplé aux sanctions internationales a provoqué un effondrement de l’économie nationale" observe David Camroux .

Le focus du jour

Soudan du Sud : un embargo pour rien ?

Le président sud-soudanais Salva Kiir le 9 juillet 2021
Le président sud-soudanais Salva Kiir le 9 juillet 2021
© AFP - Peter Louis GUME

Le 28 mai 2022, le Conseil de Sécurité des Nations Unies a prolongé d’un an l’embargo sur les armes imposé au Soudan du Sud. Un embargo mis en place en 2018 pour tenter de résorber la violence extrême qui frappe le jeune Etat alors en pleine guerre civile. Mais face à la persistance des violences intercommunautaires et des affrontements entre les différentes factions armées qui parsèment le pays, malgré la conclusion d’un accord de paix en 2018, l’efficacité de l’embargo se trouve de plus en plus remise en cause.

Avec Emmanuelle Veuillet, doctorante en Sciences politiques à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

"Depuis sa mise en place 2018, on constate que l’embargo n’a jamais été effectif et qu’il a toujours été possible pour le gouvernement sud-soudanais d’acheminer du matériel militaire. Ce contournement a notamment été permis par la coopération des pays voisins, à l'image de l’Ethiopie qui continue d'entrainer les forces de renseignements sud-soudanais et ses services de sécurité intérieure" explique Emmanuelle Veuillet.

Références sonores

  • Blinken accuse la junte birmane de génocide et liste les sanctions prises à son encontre (21 mars 2022 / Holocaust Memorial Museum / Washington DC)
  • L'Union nationale Karen, une ethnie persécutée par le pouvoir Birman, critique le rôle de l’ASEAN (RFI / 18 février 2022)
  • Aung San Suu Kyi entre au Parlement (AFP / Reuters / Février 2012)
  • Nikki Haley, ambassadrice américaine auprès des Nations-Unies défend le 13 juillet 2018 la résolution imposant un embargo sur les armes au Soudan du Sud.

Référence musicale

  • Phyu Phyu Kyaw Thein – Myat Yay (Tears) mars 2021 / Legacy Music Network
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation
Clément Perrier
Collaboration