L'ancien chef du gouvernement italien Giuseppe Conte entouré des chefs du Mouvement 5 étoiles, Di Maio et de la Ligue, Salvini en 2019
L'ancien chef du gouvernement italien Giuseppe Conte entouré des chefs du Mouvement 5 étoiles, Di Maio et de la Ligue, Salvini en 2019
L'ancien chef du gouvernement italien Giuseppe Conte entouré des chefs du Mouvement 5 étoiles, Di Maio et de la Ligue, Salvini en 2019 ©AFP - Filippo MONTEFORTE
L'ancien chef du gouvernement italien Giuseppe Conte entouré des chefs du Mouvement 5 étoiles, Di Maio et de la Ligue, Salvini en 2019 ©AFP - Filippo MONTEFORTE
L'ancien chef du gouvernement italien Giuseppe Conte entouré des chefs du Mouvement 5 étoiles, Di Maio et de la Ligue, Salvini en 2019 ©AFP - Filippo MONTEFORTE
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Résumé

En juin 2018 en Italie, deux partis ouvertement antisystèmes, la Ligue et le Mouvement Cinq Etoiles, forment un gouvernement. Cinq ans plus tard, ces formations sont toutes deux devenues des forces d'appoint de l'exécutif mené par le très technocrate Mario Draghi. Comment expliquer ce revirement ?

avec :

Lamprini Rori (Maîtresse de conférence à l’université d’Exeter, et titulaire d’une bourse Jean Monnet à l’Institut universitaire européen.), Marc Lazar (professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.).

En savoir plus

En juin 2018, deux partis ouvertement antisystèmes, la Ligue, nouvelle mouture de l’ancienne Ligue Du Nord, redynamisée par les discours d’extrême-droite de Matteo Salvini, et le Mouvement Cinq Etoiles, créé par le comique Beppe Grillo, formaient un gouvernement. Quatre ans plus tard, celui-ci a fait long feu, et c’est désormais Mario Draghi qui dirige l’exécutif depuis un an et demi. Technocrate surdiplômé, ancien dirigeant de la Banque centrale européenne, celui-ci incarne tout ce que les deux mouvements populistes conspuent à longueur de campagne. Pourtant, les deux partis ont accepté de rejoindre son gouvernement, renonçant plus facilement à leur rhétorique qu’à leurs postes.

Quel bilan tirer des expériences du Mouvement Cinq étoiles et de la Ligue au pouvoir ? Par quel processus les institutions italiennes parviennent-elles à métaboliser les partis antisystèmes pour en faire des partis de gouvernement ? Dans quelle mesure cette tendance conduit-elle à l’émergence de formations toujours plus radicales, pour concurrencer celles qui rentrent dans le rang ?

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Florian Delorme reçoit Marc Lazar, professeur d’histoire et de sociologie politique à Sciences Po.

"La grande force de la démocratie italienne est sa capacité de médiation et d’absorption dans ses filets des formations dites populistes ou protestataires. En situation de responsabilité, les partis se transforment, ce qui est d'autant plus vrai dans une république parlementaire où le compromis est la norme. Une transformation qui n’a pas épargné le Mouvement Cinq Etoiles et la Ligue" observe Marc Lazar.

Les focus du jour

Matteo Salvini, populiste par excellence

Matteo Salvini à Rome le 14 mai 2022
Matteo Salvini à Rome le 14 mai 2022
© Getty - Antonio Masiello

Repéré alors qu’il était animateur sur la radio de ce qui s’appelait encore la Ligue du Nord, Matteo Salvini a été l’artisan de la mue de ce parti autonomiste en un grand mouvement antisystème, ne s’adressant plus seulement au Nord de l’Italie mais à l’ensemble du pays. La journaliste Anna Bonnalume l’a suivi pendant un mois, pour tenter d’analyser les ressorts de son succès.

Avec Anna Bonalume, journaliste, docteure en philosophie et autrice de Un mois avec un populiste, Pauvert, 2022.

"Matteo Salvini présente les caractères typiques de la communication contemporaine : c'est quelqu'un de rapide, de réactif. Il est en capacité de réaliser des performances physiques impressionnantes en assurant dix meetings par jour, en étant à la télé ou à la radio le matin et sur le terrain l’après-midi… C’est un véritable showman qui exploite chaque moment comme un spectacle" analyse Anna Bonalume.

Syriza : de la dénonciation à l’application des mesures d’austérité

Meeting d'Alexis Tsipras en 2015
Meeting d'Alexis Tsipras en 2015
© AFP - ARIS MESSINIS

Élue en 2015 sur une critique virulente des plans d’austérité imposés par Bruxelles à la Grèce, la coalition de gauche radicale Syriza a pourtant dû se résigner à appliquer une politique de rigueur budgétaire. Comment expliquer ce revirement ?

Avec Lamprini Rori, professeure d’Analyse Politique à l’Université Nationale et Capodistrienne d’Athènes.

"Très vite après sa prise de pouvoir, Syriza capitule et met en œuvre une politique d’austérité afin de rester dans le cadre européen. Ce revirement a aussi été l’instrument qui a permis à Syriza de lancer son processus de mutation politique et idéologique. Une mutation qui s’est confirmée avec le retour du parti dans l’opposition et qui n'a pas été accompagné d'un retour à la radicalité des premiers jours" explique Lamprini Rori.

Références sonores

  • Guiseppe Conte apporte son soutien à la politique de Mario Draghi au nom du Mouvement Cinq Etoiles (Corriere Della Sera, 26 janvier 2022)
  • Matteo Salvini salue le travail de Mario Draghi au gouvernement (Il Fatto Quotidiano, 29 novembre 2021)
  • Giorgia Meloni défend lors d’un meeting l’idée d’identité nationale La Repubblica, (20 octobre 2019)
  • Extrait du jeu télévisé Doppio Slalom daté de 1988 dans lequel Matteao Salvini fait sa première apparition à l’écran à l’âge de 15 ans en 1988

Référence musicale

  • Oirectine de Boards of Canada (Label : Warp records)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation
Clément Perrier
Collaboration