Manifestants lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial de l'affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires.
Manifestants lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial de l'affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires.
Manifestants lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial de l'affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires.  ©AFP - RONALDO SCHEMIDT
Manifestants lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial de l'affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires. ©AFP - RONALDO SCHEMIDT
Manifestants lors de la commémoration du cinquième anniversaire de la mort du procureur spécial de l'affaire AMIA, Alberto Nisman, le 18 janvier 2020, à Buenos Aires. ©AFP - RONALDO SCHEMIDT
Publicité
Résumé

Un fiasco judiciaire dure depuis le 18 juillet 1994 et l'attaque à la voiture piégée contre l'Association mutuelle israélite argentine (AMIA). Dans quelle mesure l’échec de l’enquête, et l’attaque elle-même, résultent-ils de la persistance d’un antisémitisme hérité de la dictature ?

avec :

Renée Fregosi (philosophe et directrice de recherche en science politique à l'Institut des hautes études d’Amérique Latine.), Sébastien Tank-Storper, Brigitte Natanson (Professeure des universités en Littérature et civilisation latino-américaines à l’Université d’Orléans).

En savoir plus

Presque 27 ans après l’attaque du 18 juillet 1994 (qui a fait 85 morts et plus de 300 blessés), la justice n’est toujours pas rendue. 

En effet, bien qu’il ait été attribué à l’Iran et au Hezbollah libanais par l’ancien juge Nisman (assassiné dans des conditions troubles), le pire attentat terroriste de l’histoire de l’Argentine n’a toujours pas officiellement de responsable.

Publicité

Les seules sentences prononcées l’ont été dans le cadre d’un autre procès, mais pour “obstruction à la justice” cette fois. Un scandale impliquant policiers, juges et agents du renseignement, mais également une large part du personnel politique argentin du tournant du siècle. Au premier rang duquel les anciens chefs d’Etat Carlos Menem et Cristina Kirchner, tous deux soupçonnés d’avoir fait preuve de complaisance à l’égard de ladite « piste iranienne » impliquant l’Iran et le Hezbollah – voire d’avoir cherché à les couvrir.

Cette enquête non plus n’est pas terminée, même si elle a pu donner lieu à des condamnations.

Qu’est-ce que ce fiasco judiciaire nous dit de la place de la communauté juive en argentine et de la défiance dont elle peut faire l’objet aujourd’hui encore ?

Comment cette communauté s’est organisée pour tenter – en vain – d’obtenir la vérité et des condamnations par la justice ? D’ailleurs pourquoi la justice a-t-elle failli dans cette affaire ? Faut-il voir cet échec comme une forme de persistance d’un antisémitisme hérité de la dictature militaire - voire plus ancien encore ?

Nos invités sont Sébastien Tank-Storper, chercheur au CNRS et Renée Fregosi, philosophe et politologue, ancienne directrice de recherche à l’Institut des hautes études d’Amérique latine (IHEAL). 

Dans l'attentat de l'AMIA il y a une affaire d’obstruction à la justice qui devient une affaire politique. Sébastien Tank-Storper

L’Argentine a eu un rôle extrêmement important dans l’exfiltration et l’accueil des nazis après 1945. Renée Fregosi

Seconde partie - le focus du jour

La mémoire à retardement des migrations juives au Mexique

Si la communauté juive mexicaine est très réduite, comptant un peu mois de 70.000 personnes, elle est la gardienne d’une culture riche, héritée de vagues successives de migrations. Celle dont la trace est aujourd’hui la plus importante remonte à la fin du XIXe et à la première moitié du XXe siècles, en provenance de l’ancien Empire ottoman et d’Espagne. 

Longtemps, ces migrations n’ont fait l’objet d’aucun récit. Mais depuis une trentaine d’années, elle sont devenues un thème récurrent de la littérature mexicaine, à travers des textes qui s’appliquent à transmettre une mémoire, et en particulier celle de la langue judéo-espagnole.

Quelles ont été les grandes étapes de l’émigration juive au Mexique ? Comment expliquer l’émergence tardive de ces récits de migration ? Quelle mémoire juive mexicaine dessinent-ils ? Pourquoi le judéo-espagnol est-il si important pour cette diaspora ?

Entretien avec Brigitte Natanson, professeure des universités en Littérature et civilisation latino-américaines à l’Université d’Orléans. 

Rosa Nissán a de très belles métaphores pour parler de la langue, de la différence entre la façon dont les femmes travaillent la langue, tissent les récits que les hommes labourent. Brigitte Natanson

Une émission préparée par Margaux Leridon

Références sonores 

  • Annonce attentat contre l’immeuble de l’Association mutuelle israélite argentine (Archive INA, France 2, 18 juillet 1994
  • Anita Wainstein, survivante de l’attentat contre l’AMIA se souvient du 18 juillet 1994 (I24, 18 juillet 2019)
  • Ariel Eichbaum, président de l'Association mutuelle israélite argentine, exige que justice soit rendue 25 ans après (Euronews, 19 juillet 2019)
  • En janvier 2015, des dizaines de personnes se sont rassemblées pour veiller le procureur Alberto Nisman. Il avait été retrouvé mort le 18 janvier 2015 dans la salle de bain de son appartement verrouillé de l'intérieur, une balle dans la tête et une arme à portée de la main, après avoir accusé l'ex-présidente Cristina Kirchner d'avoir cherché à étouffer l'enquête sur l’attentat de l’AMIA (AFP, 19 janvier 2015)
  • Extrait du film « Novia Que Te Vea » de Guita Schyfter, film sorti en 1994

Références musicales 

  • « A hundred lights » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Vidalita » de Jevel Katz interprétée par Lloica Czackis, chanson de gauchos juifs qui évoque la vie des nouveaux arrivés dans une des colonies juives dans la campagne argentine
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation