Election de Lori Lightfoot à la mairie de Chicago, le 02 avril 2019
Election de Lori Lightfoot à la mairie de Chicago, le 02 avril 2019
Election de Lori Lightfoot à la mairie de Chicago, le 02 avril 2019 ©AFP - Kamil Krzaczynski / AFP
Election de Lori Lightfoot à la mairie de Chicago, le 02 avril 2019 ©AFP - Kamil Krzaczynski / AFP
Election de Lori Lightfoot à la mairie de Chicago, le 02 avril 2019 ©AFP - Kamil Krzaczynski / AFP
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Résumé

Deuxième temps de notre série sur les maires de villes rebelles à travers le monde, à l’approche du second tour des municipales. Après nous être intéressés hier à Jérusalem, tournons-nous aujourd’hui vers Chicago et San Francisco.

avec :

Laurence Gervais (Professeure de civilisation américaine à l’université Paris-Nanterre), Julien Talpin (Sociologue, chargé de recherche CNRS, directeur adjoint du CERAPS (Lille 2)), Sonia Lehman-Frisch (Géographe, professeure à l’Université Paris-Nanterre), Florence Nussbaum (Géographe, enseignante à l’ENS de Lyon).

En savoir plus

C’est en tant que leaders politiques, mais également en tant que femmes noires, que London Breed, maire de San Francisco depuis 2018, et Lori Lightfoot, élue à Chicago il y a tout juste un an, ont réagi, ces dernières semaines, à la reprise du mouvement Black Lives Matter. Les deux démocrates ont encouragé les manifestants, tout en prenant soin de rappeler les règles de distanciation sociales qu’elles se sont appliquées à mettre en oeuvre face au covid-19. London Breed, en particulier, s’est dessiné ces derniers mois une stature nouvelle, en déclarant avant tout le monde l’état d’urgence sanitaire à San Francisco. Sa gestion de l’épidémie a été saluée par l’ensemble de la classe politique locale, en particulier pour ses mesures de relogement provisoire des sans-abri. Mais à l’approche du déconfinement, ces derniers risquent de retourner à leur triste sort, miroir de la crise du logement endémique que subit la ville de la Silicon Valley, où la gentrification portée par les géants de la tech laisse une part importante de la population sur le bas-côté. Face aux habitants sans domicile de San Francisco, les domiciles sans habitants de Chicago, laissés à l’abandon et investis par les gangs, montrent l’autre versant des inégalités aux Etats-Unis. La capitale du Midwest, qui ne s’est jamais vraiment remise de la crise de 2008, est en proie à une violence croissante, sur fond d’indépassable ségrégation raciale. Les violences policières et racistes y étaient une préoccupation quotidienne bien avant la mort de George Floyd, si bien que c’est sur sa promesse de réformer la police locale que s’est faite élire Lori Lightfoot. 

         Au-delà du symbole que représente leur élection, que peuvent London Breed et Lori Lightfoot pour endiguer l’accroissement des inégalités à San Francisco et Chicago? Comment l’épidémie de coronavirus, puis le mouvement de contestation contre les violences racistes, sont-ils venus renouveler les défis déjà nombreux auxquelles elles sont confrontés? De quelle marge de manoeuvre disposent-elles dans les Etats-Unis de Donald Trump, qui rejette tout ce qu’elles incarnent? 

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Extraits sonores

- Extrait d’un discours de la maire de San Francisco London Breed qui rendait hommage à Georges Floyd le 1er juin dernier (ABC, 1er juin 2020)

- Extrait d’une conférence de presse de la maire de Chicago Lori Lightfoot adressant un message personnel à Donald Trump (5 Chicago, 29 mai 2020)

- Extrait du documentaire « Chicago : vivre avec les gangs » de Marc Garmirian et Etienne Truchot, 2012

Extraits musicaux

-  « Transistor » de Radian (Label : Thrill Jockey)

- « Via Chicago » de Jeff Tweedy (label : DBPM Records)

Une émission préparée par Margaux Leridon.