14 juillet 2020, Place de la Concorde, Paris - La ministre des Armées française, Florence Parly a obtenu pour 2020 un budget en hausse de 1,7 milliards d'euros, à 37,5 milliards d'euros.
14 juillet 2020, Place de la Concorde, Paris - La ministre des Armées française, Florence Parly a obtenu pour 2020 un budget en hausse de 1,7 milliards d'euros, à 37,5 milliards d'euros. ©AFP - Thomas Samson
14 juillet 2020, Place de la Concorde, Paris - La ministre des Armées française, Florence Parly a obtenu pour 2020 un budget en hausse de 1,7 milliards d'euros, à 37,5 milliards d'euros. ©AFP - Thomas Samson
14 juillet 2020, Place de la Concorde, Paris - La ministre des Armées française, Florence Parly a obtenu pour 2020 un budget en hausse de 1,7 milliards d'euros, à 37,5 milliards d'euros. ©AFP - Thomas Samson
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Les bouleversements des équilibres internationaux et la compétition entre grandes puissances nous poussent, aujourd'hui, à remettre en perspective l'idée que la guerre restera étrangère à l’Union européenne. Un entretien exclusif avec Thierry Burkhard, chef d’état-major de l’armée de Terre.

Avec
  • Thomas Gomart Historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).
  • Thierry Burkhard Général d’armée, chef d’état-major de l’armée de Terre

En 2019, les dépenses militaires dans le monde ont explosé, atteignant 1917 milliards de dollars (selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la Paix de Stockholm, publié en avril dernier). Une progression de 3,6% par rapport à l’année précédente, soit la plus forte augmentation depuis 10 ans, et un record jamais observé depuis la fin de la guerre froide.

Cette augmentation des budgets militaires peut être perçue comme la préparation des États à un retour des conflits de haute intensité sur leurs territoires. Par exemple, la reprise du conflit au Haut-Karabakh, un conflit « gelé », mais qui reprend avec une grande vigueur dans les combats (bombardements, armes explosives lourde, civils touchés) - et ce aux portes de l’Europe.

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Une préparation militaire à laquelle les Européens, créateurs d’un espace économique et de paix, semblaient avoir renoncé, investissant beaucoup plus dans l’OTAN que dans sa sécurité propre - et restant ainsi sous « protection américaine ». Pourtant, les bouleversements des équilibres internationaux, la compétition entre grandes puissances poussent à remettre en perspective cette idée que la guerre restera étrangère à l’Union européenne.

Dans ce contexte, comment se prépare la France ? Quelle vision stratégique pour répondre aux nouveaux défis de la conflictualité ? Faut-il vraiment parler de nouveauté ou, finalement, assisterait-on à un retour d’une forme plus classique du conflit, moins asymétrique que ce que l’on a connu ces dernières années - avec le cas de la lutte contre les groupes djihadistes ?

Qu'entend-on quand on parle du retour de la la haute intensité ? De quoi s’agit-il réellement ? Et quels moyens mettre en place pour y répondre ? Et comment penser la place de notre armée dans des ensembles plus larges, tels que l’Union européenne ou l’OTAN ?

Une discussion en compagnie de Thierry Burkhard, général d’armée, chef d’état-major de l’armée de Terre, et de Thomas Gomart, historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (IFRI).

Il faut, aujourd'hui, essayer de comprendre la combinaison entre outils diplomatiques et action militaire. Nous sommes dans une situation où nous avons un rendement diplomatique décroissant, et un coût de notre sécurité croissant. Cet effet ciseau intervient dans un moment très critique, au moment où d'autres, tels que la Turquie, ont réarmé de manière très continue depuis plusieurs années. Thomas Gomart

On ne peut pas se préparer à quitter l'asymétrie. Des adversaires chercheront encore à nous combattre de manière asymétrique. Mais aujourd'hui, on ne peut plus se permettre de se préparer sur ce plan, et il faut envisager un retour à des conflits de haute intensité - c'est une question de volume, d'unités mobilisées, mais aussi de menaces auxquelles nous sommes confrontées. Cela implique de changer de changer d'échelle dans l'entraînement que l'on conduit, à l'armée de Terre. Thierry Burkhard

45 min

Références sonores

Référence musicale

« Insect near Piha Beach » de Four Tet (Label : Text records)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Nicolas Szende
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation