Un soldat Houthi équipé d'un masque et de gants à Saana, la capitale du Yémen, le 6 mai 2020 ©AFP - MOHAMMED HUWAIS / AFP
Un soldat Houthi équipé d'un masque et de gants à Saana, la capitale du Yémen, le 6 mai 2020 ©AFP - MOHAMMED HUWAIS / AFP
Un soldat Houthi équipé d'un masque et de gants à Saana, la capitale du Yémen, le 6 mai 2020 ©AFP - MOHAMMED HUWAIS / AFP
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Résumé

Dernier épisode de notre semaine, l'épidémie et la guerre : comment les belligérants ont pu profiter de l’inattention internationale pour sortir leur épingle du jeu ? Est-ce que l’épidémie a frappé les populations déjà vulnérables dans les pays ravagés par la guerre ?

avec :

Niagalé Bagayoko (Docteure en science politique, diplômée de l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Paris et spécialiste des politiques internationales de sécurité et de la réforme des systèmes de sécurité en Afrique de l’Ouest), Jalel Harchaoui (Spécialiste de la Libye, attaché supérieur de recherches à Global Initiative against Transnational Organized Crime à Genève, ancien chercheur à l'Institut des relations internationales de Clingendael aux Pays-Bas), Laurent Bonnefoy (Politologue spécialiste de la péninsule arabique. Chargé de recherche au CNRS, au CERI et au centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS), auteur notamment de Le Yémen, de l’Arabie heureuse à la guerre (Fayard)), Ziad Majed (chercheur et politiste franco-libanais, professeur à l'Université américaine de Paris).

En savoir plus

A l’aube de l’épidémie, Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, avait enjoint le monde à faire taire les armes pour se concentrer sur la lutte contre le virus.

Malheureusement, son appel à un cessez-le-feu de 90 jours s’est fracassé sur le rocher de la real politique et d’un blocage sino-américain dont on attend encore une issue.

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Pendant ce temps, discrètement, le régime de Bachar al-Assad envoyait des hommes soutenir l’effort de guerre du Maréchal Haftar en Libye.

Bien que peu nombreux, ces mercenaires sont venus ajouter de la confusion à une situation déjà chaotique.

En coulisse toujours, du côté syrien cette fois, le coronavirus a également été l’occasion pour les Émirats Arabes Unis de contacter discrètement le président syrien, l’invitant à reprendre l’offensive sur la poche de résistance d’Idlib - faisant fi, par ailleurs, du cessez le feu signé entre Ankara et Moscou début mars. La manœuvre d’Abu Dhabi visant à dédoubler le front libyen afin d’accentuer la pression sur Ankara.

Aujourd’hui plus que jamais, les guerres en Libye et en Syrie se retrouvent imbriquées et au cœur d’un grand jeu d’influence où nombre d’acteurs viennent y défendre leurs propres intérêts.

Comment les belligérants tentent-ils de profiter de la crise du Covid pour sortir leur épingle du jeu ? Faut-il craindre que l’épidémie dévastent plus encore des populations déjà vulnérables dans les pays ravagés par la guerre ?

Et qu’en est-il au Yémen ou encore dans le Sahel où, là aussi, la pandémie fait bouger les lignes ?

6 min
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Extraits sonores

- Antonio Guterres appelant à un cessez-le-feu international (Vidéo institutionnelle de l'ONU, 23 mars 2020)

- Extrait d'un discours du général Haftar exprimant sa fierté concernant le mandat du commandement général de l'armée (Africa News, 28 avril 2020)

- Extrait d'un discours d'Erdogan affirmant le 04 mai dernier avoir "de bonnes nouvelles de Libye", notamment concernant le général Haftar (Extrait discours officiel, 04 mai 2020)

- Un militant du Conseil de Transition du Sud (STC) qui revient sur la prise de contrôle d’Aden et la suite à donner (France 24, 27 avril 2020)

- Idriss Deby annonce la mort de 92 soldats tchadiens dans une attaque de Boko Haram le 23 mars (TV5 Monde, 25 mars 2020)

Extraits musicaux

« Nothing is real » de Boards of Canada (label : Warp)

« Peace in the Valley » de Johnny Cash tiré de son concert à la prison de San Quentin en 1969 (label : Sony Music)

Une émission préparée par Lucas Lazo.