Une femme irakienne passe devant une peinture murale représentant le pape François sur les murs extérieurs de l'église Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat), à Bagdad, le 22 février 2021.
Une femme irakienne passe devant une peinture murale représentant le pape François sur les murs extérieurs de l'église Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat), à Bagdad, le 22 février 2021.
Une femme irakienne passe devant une peinture murale représentant le pape François sur les murs extérieurs de l'église Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat), à Bagdad, le 22 février 2021.  ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
Une femme irakienne passe devant une peinture murale représentant le pape François sur les murs extérieurs de l'église Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat), à Bagdad, le 22 février 2021. ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
Une femme irakienne passe devant une peinture murale représentant le pape François sur les murs extérieurs de l'église Notre-Dame du Salut (Sayidat al-Najat), à Bagdad, le 22 février 2021. ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
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Résumé

Le Pape se rendra en Irak, du 5 au 8 mars, pour y rencontrer les autorités religieuses locales, ainsi que les chefs de gouvernement. Un voyage espéré depuis longtemps par les populations chrétiennes persécutées. Le dialogue interreligieux souhaité par le Pape pourra-t-il améliorer leur situation ?

avec :

Christian Lochon (Enseignant à Paris II, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer), Tigrane Yegavian (Diplômé de Sciences Po Paris et des Langues’O, Tigrane Yégavian est journaliste et arabisant.), Estelle Amy de la Bretèque (anthropologue, chercheuse au CNRS).

En savoir plus

Cette semaine, le Pape doit se rendre en Irak, dans cette Mésopotamie, berceau historique du christianisme. Il doit y rencontrer les autorités religieuses locales, chrétiennes et chiites, ainsi que les dirigeants politiques.

Un voyage longtemps espéré, à la fois par le Vatican et les populations chrétiennes locales abandonnées à leur sort depuis l’émergence du groupe de l’Etat islamique : sous leur règne, les violences ont été dramatiques. Ils sont très nombreux à avoir quitté la région. 

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Assassinats, viols, persécutions, discriminations, destructions d’églises et de sites archéologiques : la situation est en effet de plus en plus difficile en Irak et dans la Syrie voisine. La perspective d’un retour de ces minorités chrétiennes s’obscurcit de jour en jour.

Quelle est la situation des chrétiens dans ces pays ravagés par la guerre ? Le dialogue interreligieux souhaité par le Pape pourra-t-il améliorer leur situation ?

Malgré la défaite militaire de Daesh, quelles sont les menaces qui subsistent ? Et d’ailleurs : que reste-t-il des minorités chrétiennes ? Pourront-elles se maintenir ou sont-elles condamnées à disparaitre ?

Nos invités aujourd'hui sont Tigrane Yégavian, journaliste, spécialiste du Moyen-Orient et Christian Lochon, enseignant à Paris II, membre de l'Académie des Sciences d'Outre-Mer.

Les chrétiens d’Irak sont tiraillés entre le marteau islamiste de Daesh et l’enclume autoritariste des milices chiites, du pouvoir autoritaire de Barzani au Kurdistan irakien. Tigrane Yégavian

Il y a un éparpillement des chrétiens, une diaspora qui ne reviendra pas, mais il y a également un certain nombre de personnalités sur place. Le Pape ne va pas rencontrer uniquement des politiciens. Il va rencontrer des personnalités universitaires comme Sadek Saloumn. Christian Lochon

Seconde partie - focus du jour. 

Yézidis : difficile reconnaissance, impossible retour ?

Entre l’Irak et la Syrie, cette autre minorité religieuse a été particulièrement victime de Daesh : en 2014, la plupart des occidentaux découvraient les Yézidis par les atrocités que leur faisait subir le groupe Etat Islamique. 

Face au refus de conversion à l’Islam, les hommes étaient massacrés, les femmes réduites en esclavage.

Aujourd’hui, alors que les charniers sont exhumés dans la province du Sinjar et que les survivants tentent d’obtenir des réparations de la part de l’Etat irakien, un grand nombre de yézidis a fui vers l’Europe, ou vit toujours dans les camps de réfugiés au Kurdistan. 

L’idée d’un retour sur leurs terres s’éloigne peu à peu, alors que la reconnaissance de leur traumatisme suite aux massacres perpétrés par Daesh à l’échelle internationale est entravée.

Une conversation en compagnie de Estelle Amy de la Bretèque, anthropologue, chercheuse au CNRS.

L'acceptation des femmes s'est fait de l'intérieur de la communauté, ainsi que de l'extérieur, notamment avec la médiatisation des femmes. Le prix Nobel de la Paix en 2018 de Nadia Murad et le personnage qui en découle, a été en grande partie construit par l'Occident et les Américains, cela a participé à donner une légitimité et une voix à ces femmes. Estelle Amy de la Bretèque

Références sonores

Une émission préparée par Bertille Bourdon 

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation