Des musulmans célébrant  l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso
Des musulmans célébrant l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso
Des musulmans célébrant  l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso ©AFP - Sia KAMBOU
Des musulmans célébrant l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso ©AFP - Sia KAMBOU
Des musulmans célébrant l'Aïd al-Adha le 24 septembre 2015 à Ouagadougou, au Burkina Faso ©AFP - Sia KAMBOU
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Résumé

Lieu de contact entre les différentes religions monothéistes, le Sahel est également un laboratoire des nouvelles pratiques religieuses. Mais face à la montée du djihadisme, comment cette diversité religieuse cohabite-t-elle ?

avec :

Marie Miran, Sophie Bava (Socio-anthropologue, chargée de recherche à l’IRD/LPED), Marc-Antoine Pérouse de Montclos (Politologue, Directeur de recherche, IRD).

En savoir plus

Alors que la menace djihadiste monopolise l’attention de la communauté internationale et d’une partie des dirigeants politiques sahéliens, des communautés musulmanes diverses et en perpétuelle mutation continuent de structurer la vie sociale locale. Loin de se limiter aux dérives violentes du terrorisme islamiste, les islams d’Afrique brassent des influences multiples, du soufisme au salafisme en passant par le malikisme, qui communiquent parfois davantage qu’elles ne s’opposent. Terre de circulation entre différents courants musulmans, le Sahel et l’Afrique de l’Ouest sont également des lieux de contact entre l’islam et la chrétienté sous toutes ses formes, et un laboratoire de ses évolutions récentes, en particulier évangélistes. La violence extrême exercée par certains groupes djihadistes à l’encontre de chrétiens ne saurait faire oublier la coexistence religieuse que de nombreuses communautés parviennent tant bien que mal à faire vivre.

Comment les pratiques religieuses se recomposent-elles au Sahel, entre menace djihadiste et désir de concorde ? Quelles circulations peut-on observer entre les deux monothéismes présents dans la région, et au sein des deux religions elles-mêmes ? Dans quelle mesure peut-on parler de politisation de l’Islam et du Christianisme ? 

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Florian Delorme reçoit Marc-Antoine Pérouse de Montclos, directeur de recherche à l’IRD.

"Une idée répandue est qu'on assisterait à une islamisation de l'Afrique. Certes, les musulmans sont plus nombreux aujourd’hui qu’hier car ce sont les régions qui connaissent la plus forte croissance démographique. Mais en termes de proportion, si au début du XXe siècle les chrétiens représentent 10% de la population africaine contre 50% aujourd’hui, sur la même période la part des musulmans, environ un tiers de la population, est restée inchangée." explique Marc-Antoine Pérouse de Montclos.

Les focus du jour

Comment les migrants africains ravivent le christianisme au Maroc ?

Visite du Pape François dans un camps de migrants à Rabat le 30 mars 2019
Visite du Pape François dans un camps de migrants à Rabat le 30 mars 2019
© AFP - ALBERTO PIZZOLI

Si l’Afrique subsaharienne est marquée par les contacts entre Islam et Christianisme, cette circulation religieuse se poursuit à la faveur des migrations, qui favorisent l’arrivée de chrétiens dans les pays musulmans du Nord du continent. Le Maroc est particulièrement intéressant à étudier en la matière. En effet, à la suite de deux campagnes de régularisation d’exilés dans les années 2010, d’importantes communautés catholiques et protestantes se sont installées dans le pays, ravivant des églises instituées durant la période coloniale

Avec Sophie Bava, socio-anthropologue à l’IRD.

"Au Maroc, depuis le début des années 2000, en plus des églises catholiques historiques installées par le haut par les autorités coloniales au temps du protectorat, de nombreuses églises se construisent par le bas, du fait de l’immigration subsaharienne" note Sophie Bava

L'influence des chefs religieux en Côte d'Ivoire 

Poignée de mains entre le cardinal Jean-Pierre Kutwa et le président ivoirien Ouattara à Abidjan le 19 février 2020
Poignée de mains entre le cardinal Jean-Pierre Kutwa et le président ivoirien Ouattara à Abidjan le 19 février 2020
© AFP - SIA KAMBOU

Avec Marie Miran, anthropologue historienne et maitre de conférence à l’EHESS.

"Sous la présidence Gbagbo, les religieux avaient pignon sur rue dans l’espace politique de la Côte d’Ivoire. Les choses ont quelque peu évolué avec l’arrivée au pouvoir d’Alassane Ouattara car c’est un président relativement laïc par rapport à son prédécesseur, qui a eu à cœur de rétablir l’alliance œcuménique interreligieuse établie par le père de l’indépendance ivoirienne, Félix Houphouët" observe Marie Miran

Références sonores

  • Parfait Bako, fixeur au Burkina-Faso, décrit le quartier de Ouagadougou où il vit et ses habitants qui, ayant des religions différentes, cohabitent parfaitement (Mécaniques du journalisme 4/4 - France Culture)
  • Le Cardinal John Onaiyekan s’est rendu dans une mosquée d’Abuja au Nigeria à l’occasion de la rupture du jeûne en pleine période de Ramadan (Voice of Africa, 07 mai 2021)
  • Extrait d’un discours du pasteur nigérian Tunde Bakare, candidat à la présidentielle de 2023 (Plus TV Africa, 21 janvier 2022)
  • Visite du Pape François au Maroc en mars 2019 (TV5 Monde, 30 mars 2019)
  • Le cardinal Jean-Pierre Kutwa évoque les différentes lignes de fracture qui mettent à mal la société ivoirienne, notamment depuis la dernière crise de 2020 (Linfodrome, 27 janvier 2021)

Référence musicale 

  • « Dundas, Ontario » de Manitoba (Label : Leaf)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation
Clément Perrier
Collaboration