Manifestants avec des pancartes indiquant « Etat de droit », « Non au Polexit », « UE, ne te démonte pas » lors d’une manifestation le 31 août 2021 à Varsovie.
Manifestants avec des pancartes indiquant « Etat de droit », « Non au Polexit », « UE, ne te démonte pas » lors d’une manifestation le 31 août 2021 à Varsovie. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
Manifestants avec des pancartes indiquant « Etat de droit », « Non au Polexit », « UE, ne te démonte pas » lors d’une manifestation le 31 août 2021 à Varsovie. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
Manifestants avec des pancartes indiquant « Etat de droit », « Non au Polexit », « UE, ne te démonte pas » lors d’une manifestation le 31 août 2021 à Varsovie. ©AFP - Wojtek RADWANSKI
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Après un retour de Grèce, où les nouveaux camps de réfugiés contreviennent aux droits humains, direction l'Europe de l'Est, où des voix de plus en plus fortes s'élèvent contre la légitimité de l'Union Européenne.

Avec
  • Elisa Perrigueur Journaliste indépendante et illustratrice
  • Jacques Rupnik Historien, politologue, directeur de recherche émérite au CERI/Sciences Po
  • Florent Parmentier Secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po, chercheur associé au Centre de géopolitique de HEC.

Première partie - Retour de Grèce

Un migrant dans le camp de réfugiés de Kara Tepe sur l’île de Lesbos, le 29 mars 2021.
Un migrant dans le camp de réfugiés de Kara Tepe sur l’île de Lesbos, le 29 mars 2021.
© AFP - ARIS MESSINIS

Le 18 septembre, sur l’île grecque de Samos, située à 70 km des côtes turques, le gouvernement grec inaugurait avec fierté le premier centre de rétention de migrants, censé remplacer les hotspots semblables à des bidonvilles. Ces nouveaux centres, financés par l’Union européenne, sont fermés, cerclés de barbelés, et surveillés de très près. Bien qu’ils s’opposent au droit européen, qui précise que les camps d’accueil ne doivent pas ressembler à des prisons, ils sont l’objet de nombreuses éloges, notamment du Ministre de l’intérieur français Gerald Darmanin, qui les a visité dimanche dernier et aimerait voir ce modèle dupliqué dans d’autres pays d’Europe du Sud, Italie, Espagne. 

Une incertitude entoure la finalité de ces camps. A cause du Covid et de la frontière gréco-turque, il n’y a plus beaucoup de réfugiés sur l’île, plus d’arrivées de bateaux comme en 2015, 2016 ou 2017. Beaucoup d’insulaires ne comprennent donc pas à quoi vont servir les camps (…) et c’est à ce moment-là qu’il y a des rumeurs. Par exemple : va-t-on y envoyer des Dublinés de France ou d’Allemagne ? Elisa Perrigueur

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Elisa Perrigueur, journaliste indépendante, a enquêté sur ces camps, leurs financement, et les probables entorses aux droits de l’homme qu’ils pourraient causer. 

Seconde partie - Table ronde d'actualité internationale 

Cette semaine, l’arrêt du Tribunal Constitutionnel polonais affirmant la primauté du droit national sur le droit européen est entré en vigueur. Parallèlement, des milliers de citoyens attachés à l’appartenance à l’Union Européenne manifestaient, prouvant que le front pro-européen est encore bien présent en Europe centrale. 

Faut-il vraiment craindre une sortie de la Pologne de l’Union Européenne ? Cette décision ne doit-elle pas plutôt se lire à l’aune d’un contexte national très spécifique, où les liens avec l’Europe ne sont pas remis en cause ? Qu’en est-il des valeurs qui divisent Varsovie et nombre de ses partenaires ? 

Cette sortie serait hautement improbable si elle se faisait par le haut, à la manière du Brexit, en revanche elle est plausible par des jeux de surenchère internes au sein du PIS [parti polonais au pouvoir]. On peut imaginer que d’ici les élections législatives de 2023, il y ait jeu au sein du PIS pour se positionner par rapport à l’après Kaczyński. Florent Parmentier

D’autres raisons empêcheront la Pologne d’aller dans la direction [du Polexit] : en plus des bénéfices énormes qu’elle tire des fonds européens, l’opinion polonaise est massivement pro-européenne. Et, troisièmement, la géopolitique : le voisinage de la Pologne à l’Est fait réfléchir à deux fois. Jacques Rupnik

Florian Delorme reçoit Jacques Rupnik, directeur de recherche émérite au CERI/ Sciences Po et Florent Parmentier, secrétaire général du CEVIPOF/ Sciences Po et chercheur associé au Centre de géopolitique d’HEC. 

Le dessin du jour 

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Références sonores

  • On entend successivement Julia Przylebska, présidente de la Cour constitutionnelle polonaise, réaffirmer le 7 octobre dernier la primauté du droit national sur le droit européen, puis Didier Reynders, le commissaire européen en charge de la Justice, qui affirme que la Pologne s’expose désormais à des sanctions quotidiennes de la part de la Commission européenne (France 24, 07 octobre 2021 + Euronews, 07 octobre 2021)

Références musicales

  • « Κακά Ξεμπερδέματα » du rappeur grec KooZ 
  • « Nie ukryjesz się przede mną » du groupe polonais Muzyka Końca Lata (Label : Thin Man records)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Margaux Leridon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation