Des policiers britanniques se joignent aux partisans et aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) qui participent au défilé annuel de la Pride, à Londres, le 7 juillet 2018.
Des policiers britanniques se joignent aux partisans et aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) qui participent au défilé annuel de la Pride, à Londres, le 7 juillet 2018. ©AFP - Tolga AKMEN
Des policiers britanniques se joignent aux partisans et aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) qui participent au défilé annuel de la Pride, à Londres, le 7 juillet 2018. ©AFP - Tolga AKMEN
Des policiers britanniques se joignent aux partisans et aux membres de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenre (LGBT) qui participent au défilé annuel de la Pride, à Londres, le 7 juillet 2018. ©AFP - Tolga AKMEN
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Les polices britanniques et allemandes sont régulièrement citées comme modèle en matière de relations entre agents et citoyens. Mais si l’image des policiers dans ces deux pays est relativement bonne, les "bobbies" comme la "polizei" ne sont pas pour autant épargnés par les critiques.

Avec
  • Jacques de Maillard professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur du CESDIP (Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales), membre de l'Institut Universitaire de France
  • Sebastian Roché Sociologue, directeur de Recherche au CNRS, spécialiste de la comparaison des systèmes de police
  • Cristal Huerdo Moreno maître de langue à l'Université Saint-Louis de Bruxelles, en charge de la rubrique italique de la Revue Nouvelle

Michel Zecler, affaire Théo, répression violente lors des manifestations de Gilets Jaunes : les exemples de bavures policières se multiplient en France ces dernières années. Des excès qui, les uns après les autres, abîment le lien de confiance des citoyens à l’égard de leur police. En la matière, la proposition de loi dite "de Sécurité Globale", interdisant la diffusion d’images de policiers en activité, pourrait bien aggraver les choses.

Pour restaurer cette confiance, des pistes sont souvent recherchées auprès de nos voisins européens : l’Allemagne est prise comme exemple pour son maintien de l’ordre face aux manifestants, ou encore la Grande-Bretagne - qui aurait su développer une police de voisinage efficace, proche des citoyens. Mais ces représentations résistent-elles à l’épreuve des faits ? En quoi ces pays se démarquent-ils du nôtre, s’agissant de la doctrine de maintien de l’ordre ?

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Auraient-ils mis en place des réformes qui pourraient nous inspirer pour tenter de restaurer ce lien entre les citoyens et la Police, institution qui porte sur ses épaules la responsabilité de l’usage de la violence légitime, dont l’Etat détient le monopole ? Comment le maintien de l’ordre a-t-il évolué, au cours du temps, dans ces différents pays ?

Une conversation en compagnie de Jacques de Maillard, professeur de science politique à l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, directeur du CESDIP (Centre de recherche sociologique sur le droit et les institutions pénales), et de Sébastian Roché, sociologue, directeur de Recherche au CNRS, spécialiste de la comparaison internationale des systèmes de police. Le documentaire qu'il a co-réalisé, Police attitude : 60 ans de maintien de l'ordre et disponible sur le site de Public Sénat, ou bien ici

On peut penser qu'en France, le Ministre de l'Intérieur a répondu à partir de demandes qu'avaient faites un certain nombre de syndicats de police, des demandes considérant que faire disparaître les images de policiers, c'était faire disparaître le problème. Jacques de Maillard

L'Allemagne et la Grande-Bretagne ont, contrairement à la France, appris de leurs erreurs et ont fait un certain nombre de gestes pour les corriger - que cela soit en matière d'utilisation de l'armement ou en ce qui concerne la garantie des droits des manifestants. Sébastian Roché

Seconde partie - le focus du jour

Espagne : la loi bâillon

En 2015, alors que des mouvements sociaux qui traversent toute l'Espagne, le gouvernement conservatiste de Mariano Rajoy fait voter une « loi de protection de sécurité citoyenne », rapidement surnommée la ley mordaza, la loi bâillon, tant ses détracteurs estiment qu'elle a servi à punir et dissuader la population de se rendre en manifestation. Comment expliquer la mise en place de cette loi, toujours en vigueur sous le gouvernement progressiste de Pedro Sánchez, et même considérée par certains comme un nœud de l'exécutif espagnol ? 

Avec Cristal Huerdo Moreno, maître de langue à l'Université Saint-Louis de Bruxelles, en charge de la rubrique Italique de la Revue Nouvelle. Retrouvez ici les articles de Cristal Huerdo Moreno pour la Revue Nouvelle. 

Après la crise financière, l'ensemble de la population se rassemble dans la rue. Les manifestations, en Espagne, sont généralement pacifiques, sauf quand les CRS interviennent. En 2015, le gouvernement en place a du mal à légitimer l'emploi de la force, et va donc penser à écrire une loi qui dissuade les espagnols de descendre dans la rue. Cristal Huerdo Moreno

Un manifestant avec un nez de clown et un bâillon proteste contre la loi de sécurité publique dite "du bâillon", à Madrid, le 14 février 2015.
Un manifestant avec un nez de clown et un bâillon proteste contre la loi de sécurité publique dite "du bâillon", à Madrid, le 14 février 2015.
© AFP - JAVIER SORIANO

Références sonores

Référence musicale

« Abglanz » de Pantha du Prince (Label : Rough Trade) 

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Nicolas Szende
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation