Des manifestants ont affronté la police indonésienne à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale
Des manifestants ont affronté la police indonésienne à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale ©AFP
Des manifestants ont affronté la police indonésienne à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale ©AFP
Des manifestants ont affronté la police indonésienne à Manokwari, dans la province de Papouasie occidentale ©AFP
Publicité

Les manifestations survenues suite à l'arrestation d'une quarantaine d'étudiants papous viennent couronner des mois de tensions croissantes, notamment au sujet de la construction d'une route controversée, la Trans-Papua. De quoi la révolte des Papous d'Indonésie est-elle le reflet ?

Avec
  • François-Michel Le Tourneau Géographe, directeur de recherche au CNRS (Unité mixte de recherche internationale sur les espaces amazoniens à Tucson, Arizona).
  • Irène Bellier Anthropologue, directrice de Recherches au CNRS - IIAC/LAIOS
  • Delphine Alles professeur de science politiques,chercheuse Asie du Sud-Est (CASE) EHESS/ INALCO

Depuis le 19 août, la moitié ouest de l’île de Nouvelle-Guinée, qui appartient à l’Indonésie, est en proie à de violentes émeutes. 

C’est l’arrestation d’une quarantaine d’étudiants papous, le peuple autochtone de cette région, qui a mis le feu aux poudres. Accusés d’avoir brûlé un drapeau indonésien lors de la fête nationale, ils ont été molestés et traités de « singes » et  de « chiens » avant d’être relâchés. De quoi raviver le désir d’indépendance des Papous d’Indonésie, dont le territoire avait été rattaché au pays à l’issue d’un référendum très controversé en 1969. 

Publicité

Les manifestations, qui appellent à un nouveau scrutin d’autodétermination, viennent couronner des mois de tensions croissantes, notamment au sujet de la construction d’une route controversée, la Trans-Papua, qui doit traverser la forêt. 

Pour les autorités, le projet est au service du développement économique de la Papouasie, et donc du bien-être de ses habitants. Pour les Papous, elle reflète la gouvernance par le haut imposée sans concertation par Jakarta. Cette incompréhension est caractéristique des relations entre peuples autochtones et pouvoirs nationaux en Asie du Sud, mais aussi en Amérique latine. 

De quoi la révolte des Papous d’Indonésie est-elle le révélateur ? Comment expliquer, alors que la reconnaissance des droits des peuples autochtones s’est imposée au sein des plus hautes instances internationales, que leur condition se soit si peu améliorée? Et comment les impliquer davantage dans la prise de décision concernant leurs propres territoires ?

Dans la réflexion sur l’autodétermination, il y a deux grands volets : autodétermination avec sécession territoriale ou autodétermination interne sous forme d’autonomie.  Irène Bellier 

Les peuples autochtones veulent être consultés sur les projets de développement qui les concernent.  Irène Bellier 

Il y a une approche de ces populations qui est essentiellement folklorique avec une reconnaissance des traditions et des coutumes mais pas des revendications politiques, alors que les militants de la cause Papous sont réellement porteurs de revendications de nature politique.  Delphine Allès 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.

Les Yanomami, peuple autochtone d'Amazonie : 

En Amazonie brésilienne, la situation s’est aggravée depuis l’élection de Jair Bolsonaro à la tête du pays. Son discours anti-indigènes a conduit les orpailleurs à reprendre la route de la forêt tropicale, menaçant la sécurité des Indiens Yanomami, à qui les chercheurs d’or avaient déjà fait payer un lourd tribut dans les années 1980.

Yanomami Indians.  Yanomami indians living close to the Amazon River in Brazil.
Yanomami Indians. Yanomami indians living close to the Amazon River in Brazil.
© Getty - Hervé Collart

Depuis une quinzaine d’années on observe une moindre mobilisation de la société civile brésilienne sur les questions amérindiennes.  Francois-Michel Le Tourneau 

Extraits sonores : 

- Extrait d’une interview de Wendy Benda, leader de l’opposition papoue en exil au Royaume-Uni, à propos de l’oppression indonésienne subie par les Papous (SBS, 04 septembre 2019)

- Ambiance manifestation Papous (The Time, 29 août 2019)

- Jako Widodo, président indonésien en appelle au calme dans les tensions qui opposent la Papouasie à l’Indonésie (TV5 Monde, 29 août 2019)

- Mika Dabe, étudiant papou, ne réclame qu’une chose : un référendum pour l’indépendance (TV5 Monde, 29 août 2019)

- Un Papou, fils de négociateur du référendum de 1969 à New York, revient sur ces négociations dans la salle même de l’assemblée de l’ONU (extrait du documentaire « Sapari », de Damien Faure)

- Vidéo promotionnelle d’un média proche du pouvoir indonésien vantant les mérites de la TransPapua Highway et intitulée « What Papuan thinks about TransPapua ? » (Papua West, 21 janvier 2019)

- Témoignage du porte-parole des Yanomami Davi Kopenawa (Le Monde, 26 septembre 2013)

Extraits musicaux : 

-   Musique de fin  « Bwa brilé » de Chassol (label : Tricatel)

-  « It happen » du groupe Les Marquises (label : Microcultures)

Une émission préparée par Margaux Leridon et Rosalie Suc. 

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Hélaine Lefrançois
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation