Le procureur général du Parquet Fédéral du Brésil, Rodrigo Janot, a quitté ses fonctions à l'issu de son mandat, le 17 septembre dernier. Il est l'un des personnages clés de l'opération "Lava Jato" visant les politiciens corrompus. ©AFP - MATEUS BONOMI
Le procureur général du Parquet Fédéral du Brésil, Rodrigo Janot, a quitté ses fonctions à l'issu de son mandat, le 17 septembre dernier. Il est l'un des personnages clés de l'opération "Lava Jato" visant les politiciens corrompus. ©AFP - MATEUS BONOMI
Le procureur général du Parquet Fédéral du Brésil, Rodrigo Janot, a quitté ses fonctions à l'issu de son mandat, le 17 septembre dernier. Il est l'un des personnages clés de l'opération "Lava Jato" visant les politiciens corrompus. ©AFP - MATEUS BONOMI
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Résumé

Le procureur général Rodrigo Janot, célèbre pour son engagement contre la corruption au Brésil, a quitté ses fonctions le 17 septembre. Il est remplacé par la magistrate Raquel Dodge, désignée par le président Michel Temer. Qui sont ces juges anti-corruption ? Quelle est leur marge de manœuvre ?

avec :

Fabiano Engelmann (Professeur de science politique à l'Université Fédérale du Rio grande du Sul), Jean-Louis Briquet (directeur de recherche au CNRS, professeur de science politique à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Adriana Urrutia (chercheuse en science politique à l’Institut d’études péruviennes).

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Au Brésil, depuis plus de trois ans, l’affaire dite Petrobras révèle chaque jour un peu plus l’étendue de la gangrène et met à mal le fragile édifice démocratique.

Au printemps dernier, le tribunal suprême fédéral, la plus haute juridiction du pays, annonçait l’ouverture d’une série de nouvelles enquêtes concernant 8 ministres de gouvernement, des dizaines de parlementaires. La Cour suprême a même transmis à d’autres juridictions des demandes d’investigations visant trois anciens chefs d’états : Lula, Dilma Roussef et Fernando Henrique Cardoso.

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Alors que des responsables politiques ont déjà été arrêtés et emprisonnés pour des faits de corruption, c’est désormais l’actuel président lui-même, Michel Temer -arrivé l’année dernière à la tête de l’Etat à la faveur de la destitution de Dilma Roussef- d’être mis en cause par le procureur général qui l’accuse ni plus ni moins que d’être « à la tête d’une organisation criminelle ».

Alors juges ou justiciers, comment les magistrats se constituent en force politique ? Sont-ils les défenseurs de la démocratie ou les fossoyeurs de l’ordre institutionnel ? Comment la corruption impose-t-elle une redéfinition des pouvoirs ? Peut-on parler de politisation du judiciaire ? Et quelles seront, justement, les conséquences de ce « grand nettoyage » sur le paysage politique brésilien ?

Le scandale dépasse largement les frontières du Brésil puisqu’on apprend désormais que d’autres pays d’Amérique du Sud sont concernés (le Venezuela, le Pérou, l’Argentine, l’Equateur, le Guatemala, le Mexique, la Colombie etc..). Par ailleurs, d’autres pays ont connu ce genre d’opération anti-corruption. On pense notamment à l’Italie et sa fameuse opération « mains propres » au début des années 1990. Nous reviendrons sur cet épisode pour tenter d’en mesurer les impacts dans le domaine politique.

Une émission préparée par Marguerite Catton.

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Luc-Jean Reynaud
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation
Marguerite Catton
Collaboration
Tiphaine de Rocquigny
Production déléguée
Samuel Bernard
Collaboration