Des manifestants portant les couleurs et l'insigne des Proud Boys rassemblés à la sortie du meeting annuel de la National Rifle Association, Texas, 28/05/22
Des manifestants portant les couleurs et l'insigne des Proud Boys rassemblés à la sortie du meeting annuel de la National Rifle Association, Texas, 28/05/22 - Patrick T.Fallon
Des manifestants portant les couleurs et l'insigne des Proud Boys rassemblés à la sortie du meeting annuel de la National Rifle Association, Texas, 28/05/22 - Patrick T.Fallon
Des manifestants portant les couleurs et l'insigne des Proud Boys rassemblés à la sortie du meeting annuel de la National Rifle Association, Texas, 28/05/22 - Patrick T.Fallon
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Le 15 septembre 2022, Joe Biden organise le sommet "United We Stand" visant à combattre l'extrémisme politique et la violence raciste. Il s'inscrit dans un contexte d'augmentation des menaces et attaques perpétrées par des groupes armés dans le pays, et du pouvoir grandissant qu'ils acquièrent.

Avec
  • Romain Huret Historien, spécialiste des États-Unis
  • Esther Cyna historienne des États-Unis et enseignante à l'Université Panthéon-Sorbonne Paris 1
  • Frédéric Vandenberghe Sociologue et professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro

Depuis l’assaut du capitole en janvier 2021, d’autres actions violentes ont eu lieu. Cet été encore, c’est le FBI qui a connu une série d’attaques contre ses bureaux locaux à Phoenix et Cincinnati notamment. Derrière ces agressions, des groupes d’ultra-droite déterminés à venger Donald Trump, actuellement sous le coup d’une enquête des inspecteurs fédéraux. Oath Keepers (les "Gardiens du serment"), Boogaloo bois, Proud Boys, ces factions suprémacistes défendent par les armes une Amérique blanche et libertarienne mythifiée. Des émeutes de Charlottesville à la fusillade de Buffalo en passant par l’assaut du Capitole, ces milices d’autodéfense inquiètent au point que Joe Biden a ouvert aujourd’hui un sommet contre l’extrémisme politique, un fléau dont il a fait une de ses grandes batailles lors son discours d’investiture.

À deux mois des "midterms", quelles places ces milices occupent-elles dans le débat public ? Comment l’administration Biden tente-t-elle de les juguler ? Et enfin, après avoir reçu le soutien de Donald Trump lors de son mandat, pourraient-elles lui servir de marchepied pour reprendre possession de la Maison blanche ?

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Pour répondre à ces questions, Florian Delorme reçoit Romain Huret, historien des Etats-Unis et directeur des études à l’EHESS (Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales) ainsi que Esther Cyna, maîtresse de conférences en civilisation américaine à l’université Versailles Saint-Quentin en Yvelines.

Au sujet de l'inquiétude de l'administration de la première puissance mondiale vis-à-vis du développement de ces milices, Esther Cyna explique que "c'est un moment inédit de l'histoire des Etats-Unis car dans son discours d'investiture Joe Biden a nommé la suprématie blanche comme un danger domestique. Les milices se sont développées au point d'être reconnues aujourd'hui comme la menace terroriste numéro un."

Romain Huret analyse qu'aux Etats-Unis "on a affaire à une brutalisation très forte du corps politique, du corps social ce qui pourrait donner lieu à des expériences radicales de prise de pouvoir."

Seconde partie : le focus du jour

Brésil : vers un "scénario capitole" ?

Les périphéries de Rio de Janeiro sont désormais contrôlées par les milices / Ici une vue surplombante sur Vila Cruzeiro, une banlieue de la ville
Les périphéries de Rio de Janeiro sont désormais contrôlées par les milices / Ici une vue surplombante sur Vila Cruzeiro, une banlieue de la ville
© AFP - Mauro Pimentel

Donald Trump n’est pas le seul président en exercice à entretenir une proximité assumée avec des milices armées d’extrême-droite. Depuis son arrivée à la tête du Brésil en 2019, Jair Bolsonaro favorise l’essor des gangs armés qui gangrènent le pays. Liens avec la famille présidentielle, représentation au Parlement et dans les gouvernements locaux, ces organisations criminelles ont peu à peu pris une tournure plus politique. À l’orée des élections présidentielles, faut-il craindre que ces milices viennent perturber le processus démocratique, voire d’un scénario similaire à celui de l’assaut du Capitole ?

Avec Frédéric Vandenberghe, sociologue et professeur à l’Université fédérale de Rio de Janeiro.

"Depuis une dizaine d'années, les milices sont en train d'entrer dans la politique locale et étant donné les connexions avec Bolsonaro on pourrait même dire qu'elles ont maintenant pénétré le niveau national.", observe Frédéric Vandenberghe.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez consulter l'article intitulé Le Brésil de Bolsonaro ou la stratégie du chaos paru dans la Revue nouvelle en 2021 dont Frédéric Vandenberghe est co-auteur.

Références sonores

  • Témoignage d’un émeutier, Capitole ( The New Yorker - 06/01/21)
  • Extrait du documentaire "The Far Right Are Infiltrating the Military | Decade of Hate (Vice)" ( ina - 02/02/22)
  • Joe Biden dénonce le "poison" du suprémacisme blanc après la tuerie de Buffalo ( L'obs - 17/05/22)
  • Reporters : Rio sous menace des milices ( France 24 - 05/10/18)

Références musicales

  • " A hundred lights " de Christian Loffler

Une émission réalisée par Barthélémy Gaillard et Julie Ducos.

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Léa Capuano
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Vivian Lecuivre
Réalisation
Julie Ducos
Stagiaire