18 juillet 2020, Bruxelles - Giuseppe Conte, Mark Rutte, Angela Merkel et Ursula von der Leyen s'entretiennent en marge du sommet européen portant notamment sur la construction d'un plan de relance.
18 juillet 2020, Bruxelles - Giuseppe Conte, Mark Rutte, Angela Merkel et Ursula von der Leyen s'entretiennent en marge du sommet européen portant notamment sur la construction d'un plan de relance. ©Maxppp - Francisco Seco / POOL/EPA/Newscom
18 juillet 2020, Bruxelles - Giuseppe Conte, Mark Rutte, Angela Merkel et Ursula von der Leyen s'entretiennent en marge du sommet européen portant notamment sur la construction d'un plan de relance. ©Maxppp - Francisco Seco / POOL/EPA/Newscom
18 juillet 2020, Bruxelles - Giuseppe Conte, Mark Rutte, Angela Merkel et Ursula von der Leyen s'entretiennent en marge du sommet européen portant notamment sur la construction d'un plan de relance. ©Maxppp - Francisco Seco / POOL/EPA/Newscom
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En Europe et aux États-Unis, les plans de relance se succèdent pour tenter d’éviter la catastrophe : depuis le mois de mars, ce sont des milliards d’euros et de dollars qui ont été injectés dans leurs économies. Aussi historiques soient-ils, seront-ils suffisants pour combler les pertes provoquées ?

Avec
  • Laurent Ferrara Professeur d’économie à la Skema Business School
  • Jézabel Couppey-Soubeyran économiste, maîtresse de conférences en Sciences économiques à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et conseillère scientifique à l'Institut Veblen

Le bilan n'est que provisoire mais les chiffres donnent déjà le tournis. Aux Etats-Unis, désormais officiellement en récession, le PIB s’est contracté de 9,5% par rapport au deuxième trimestre de l’année 2019 - du côté de la zone euro c’est une chute historique de 12,1%. Alors à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles...

Aux Etats-Unis, après un premier plan de 2200 milliards de dollars, constitué majoritairement de promesses de prêts à faible intérêt (le CARES act), puis un autre de 500 milliards, de nouvelles mesures pourraient émerger à condition de dépasser les blocages politiques.

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Côté européen, après l’annonce d’un accord « historique » en juillet dernier, qui, pour la première fois, permettra de lever un emprunt commun de 750 milliards d’euros, on attend désormais de savoir quand arrivera l’argent concrètement et à qui il bénéficiera. Enfin, en France, après les premières mesures, reposant principalement sur des initiatives de chômage partiel et de primes, on attend d’ici demain les détails du fameux plan de relance à 100 milliards d’euros...

Les plans de relance, aussi « historiques » soient-ils, seront-ils suffisants pour combler les pertes provoquées par le confinement des économies ? Quels sont les outils économiques à disposition, et quels sont les choix des uns et des autres ? Passées les mesures d’urgence, et alors que la pandémie continue de se propager, le Etats auront-ils les ressources pour tenir dans la durée ?

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Je pense que l'on est dans une situation inédite, et qu'on pourrait très bien envisager des annulations de dette, pour les dettes détenues par les banques centrales, dont la BCE. Et si l'on permet aux États de s'engager dans des plans de relance sans s'étrangler financièrement ou sans s'exposer à un risque de retournement d'humeur des marchés financiers, on libérera la dépense publique. Jézabel Couppey-Soubeyran

Il faut cesser de considérer que le risque sanitaire est totalement indépendant de nos modes de vie, de nos modes de production. C'est lié, ici, à la dégradation de la biodiversité - et demain, ce sera lié aux risques climatiques. Cela exigera des dépenses, et il faudra les financer autrement qu'en se mettant systématiquement en risque vis-à-vis des marchés. Jézabel Couppey-Soubeyran

On fait face à un choc économique majeur, on a des chiffres sur la décroissance qui sont sans précédent compte tenu de la rapidité à laquelle la dégradation de cette conjoncture a eu lieu. La question se formule en termes de politique publique, et de ce point de vue-là il y a une grande convergence entre les pays européens. Nicolas Véron

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L'un des principaux facteurs du paradoxe boursier [le fait que les titres de bourse se portent bien dans le cadre d'une récession sans précédent], se trouve du côté des taux d'intérêt. Ces taux sont extrêmement faibles, et ont chuté de manière spectaculaire depuis des années 70, aux États-Unis, avec la baisse de la productivité, avec la baisse de la croissance potentielle - des facteurs structurels. Aujourd'hui, les acteurs sur les marchés financiers cherchent du rendement, vu que les taux d'intérêt des actifs sans risque ne leur rapportent pas grand chose. Il y a donc eu un afflux de liquidités sur les marchés, sur des valeurs qu'on peut qualifier d'exotiques. Laurent Ferrara

Extraits sonores

- Donald Trump s’apprêtant à signer un plan de relance national de 2 200 milliards de dollars (France 24, 28 mars 2020)

- Steven Mnuchin, secrétaire d’Etat au Trésor, envisageait en mars dernier d’envoyer des chèques aux Étatsuniens (Euronews, 18 mars 2020)

- Emmanuel Macron évoque le plan de relance « historique » de 750 milliards d’euros signé le 21 juillet dernier (conférence de presse, 21 juillet 2020)

Extraits musicaux

- « Schedules & Fares » de Manitoba (Label : Leaf)

- « Economical crisis (Coconut) » de Winston Mac Anuff (Label : Chapter Two)

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