Les dirigeants des 27 pays de l'Union Européenne se sont réunis à Versailles lors d'un sommet consacré à la guerre en Ukraine ©AFP - Ludovic Marin
Les dirigeants des 27 pays de l'Union Européenne se sont réunis à Versailles lors d'un sommet consacré à la guerre en Ukraine ©AFP - Ludovic Marin
Les dirigeants des 27 pays de l'Union Européenne se sont réunis à Versailles lors d'un sommet consacré à la guerre en Ukraine ©AFP - Ludovic Marin
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Résumé

En février 2022, pour la première fois de son histoire, l'Union Européenne a livré des armes à un pays tiers, l'Ukraine. Une décision qui illustre le choc qu'a provoqué l'offensive russe en Europe, et qui pourrait constituer un premier jalon dans la naissance d'une politique de défense européenne.

avec :

Krzysztof Soloch (chercheur Sécurité et défense, politique extérieure de la Pologne), Johanna Möhring (Chargée de recherche au Center for Advanced Security, Strategic and Integration Studies (CASSIS) de l'Université de Bonn et chercheuse associée au Centre Thucidyde. Ses recherches portent sur la défense européenne et sur les politiques de puissance.), Hans Stark (Professeur de civilisation allemande contemporaine à la Sorbonne-Université et conseiller pour les relations franco-allemandes à l’IFRI).

En savoir plus

Dans la foulée de l’annonce de Vladimir Poutine d’envahir l’Ukraine et des premiers bombardements russes, l’Union Européenne s’est rapidement uni pour décider de sanctions fortes. Certains États ont même décidé de fournir un soutien militaire direct, à l’instar de l’Allemagne qui, pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, rompt avec sa traditionnelle posture pacifiste. Face à la menace russe, les Européens s’interrogent plus que jamais sur leur sécurité. Mais tous ne semblent pas partager la même vision. Si certains appellent à la création d’une Europe de la Défense dont on parle depuis des décennies, d’autres préfèrent miser sur les États-Unis, considérant que Washington reste, pour eux, la meilleure assurance-vie possible. 

La guerre en Ukraine peut-elle faire bouger les lignes dans ce débat qui traverse l’Union Européenne depuis tant d’années ? L’Allemagne pourrait-elle reconsidérer la primauté qu’elle donne aux États-Unis en matière sécuritaire ? Quels sont les états-membres qui, aujourd’hui, sont prêts à franchir le cap pour construire une armée européenne ? Comment les États-Unis vont-ils peser sur le destin de l’Europe, plus que jamais à la croisée des chemins ? 

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Pour avancer en direction d’une Europe de la défense, il faudra tôt ou tard trouver une solution en matière de dissuasion nucléaire. Aujourd’hui, les Etats-Unis procurent aux européens une dissuasion élargie, avec une garantie nucléaire. Et la France, seule puissance nucléaire de l’Union Européenne, a toujours exclu tout élargissement de sa dissuasion. Johanna Möhring

Le changement majeur qui est intervenu en Europe, avec la guerre en Ukraine, est le retour de ce qui n’existait plus depuis la fin de la guerre froide : un ennemi commun, le régime de Poutine. L’Europe sait maintenant qu’elle doit se défendre. Mais la question est de savoir si cela se fera dans le cadre transatlantique ou dans le cadre d’une défense européenne souveraine. Hans Stark

Florian Delorme reçoit Johanna Möhring, chercheuse au Center for Advanced Security, Strategic and Integration Studies (CASSIS) de l’Université de Bonn et Hans Stark, professeur de civilisation allemande contemporaine à la Sorbonne-Université et conseiller pour les relations franco-allemandes à l’IFRI. 

Seconde partie : le focus du jour 

La Suède et la Finlande cherchent la protection de l’OTAN

Le secrétaire général de l'OTAN rencontre les ministres des affaires étrangères finlandais et suédois à Bruxelles en janvier 2022
Le secrétaire général de l'OTAN rencontre les ministres des affaires étrangères finlandais et suédois à Bruxelles en janvier 2022
© AFP - John Thys

Depuis l'invasion de l’Ukraine par la Russie, la Suède et la Finlande craignent pour leur sécurité : des avions russes sont, en effet, entrés dans l’espace aérien suédois. Face à ces menaces, grandissantes depuis 2014, l’opinion publique de ces pays semble avoir évolué : sortant de sa tradition de non-alignement, elle semble aujourd’hui être prête à demander une adhésion à l’OTAN.

Aujourd’hui nous assistons à une véritable révolution copernicienne. Pour la première fois dans l’histoire, la majorité des Suédois et des Finlandais se déclare favorable à l’adhésion de leur pays dans l’OTAN. Après l'invasion en Ukraine, le soutien à une adhésion à l'alliance transatlantique a battu un record dans l'opinion avec 53% des Finlandais et 51% des Suédois favorables. Krzysztof Soloch

Avec Krzysztof Soloch, professeur à l’université Paris Sorbonne, spécialiste de l’Europe centrale et de l’Europe du Nord. 

Références sonores

- Extrait du discours d’Ursula von der Leyen devant le Parlement européen alors réuni en session extraordinaire à Bruxelles. (Arte, 1er mars 2022)

- Extrait du discours d’Emmanuel Macron à Versailles (Site de l’Elysée, 11 mars 2022)

- Le chancelier Olaf Scholz s'exprime devant le Bundestag au sujet de la livraison d'armes à l’Ukraine (France 24, 27 février 2022)

- Témoignages de Finlandais face à la menace russe (Arte, 28 février 2022 + AFP, 13 mars 2022)

Référence musicale

- « Bird » de Christian Löffler (Label : Ki records)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation