Pont de l'Oyapock
Pont de l'Oyapock
Pont de l'Oyapock ©Getty - Ronan Liétar
Pont de l'Oyapock ©Getty - Ronan Liétar
Pont de l'Oyapock ©Getty - Ronan Liétar
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Résumé

En 2017 a été inauguré le pont de l'Oyapock, reliant la Guyane au Brésil. Décidé il y a plus de vingt ans par les présidents français Jacques Chirac et brésilien Henrique Cadoso, la construction de cet ouvrage a été laborieuse, pour un résultat jugé très décevant. Cinq ans après, quel bilan ?

avec :

Valérie Morel (Géographe, maîtresse de conférences à l’Université d'Artois.).

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Sur plus de 730 kilomètres, le Brésil et la France partagent une frontière commune suivant pour partie le cours du fleuve Oyapock. Une artère bordée de quelques villes perçant l’épais manteau amazonien, une étendue quasi-désertique où les flux et les échanges sont rares. En 1997, les présidents Jacques Chirac côté français et Fernando Henrique Cardoso côté brésilien décident conjointement de jeter un pont entre les deux rives. Mais entre retards infrastructurels, difficultés administratives et indifférence voire hostilité des locaux, ce point de passage sur l’Oyapock n’ouvre que vingt ans plus tard, en 2017. Pour un résultat très décevant au vu des sommes engagées, les flux de marchandises et de population restant modestes. Symbole de la proximité diplomatique entre la France et le Brésil, promesse de relations commerciales plus étroites entre les deux puissances, le pont a donc fait pschitt, pour reprendre l’expression de Jacques Chirac.

Pourquoi Paris et Brasilia se sont-elles lancées dans un projet d’une telle ampleur aux confins de leurs territoires respectifs ? Au-delà du symbole, quels bénéfices les deux Etats en ont-ils retiré  ? Comment ce pont sur l’Oyapock, dont on aurait pu espérer qu’il rapproche les populations des deux rives, a-t-il fini par les éloigner ? Et enfin, comment la Guyane d’une part et l’état brésilien frontalier de l’Amapa de l’autre peuvent-ils espérer prendre leur envol économique ?

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Florian Delorme reçoit Stéphane Granger, docteur en géographie et spécialiste des relations transfrontalières Guyane/Brésil et Valérie Morel, géographe à l’université d’Artois. 

"Les derniers chiffres montrent que seuls 80 véhicules empruntent le pont de l'Oyapock chaque jour, principalement des véhicules occasionnels de particuliers. La circulation est très modeste au regard des couts engagés pour construire un tel ouvrage" explique Valérie Morel.

"Par peur des flux migratoires importants en provenance du Brésil, les autorités françaises ont installé la police aux frontières dans la ville côtière de Saint-Georges. Ainsi, si les français peuvent emprunter le pont pour aller au Brésil à leur guise, les brésiliens ont besoin d’un visa pour la Guyane. Le pont de l’Oyapock n’a pas été facteur de rapprochement" analyse Stéphane Granger.

Seconde partie : le focus du jour 

Frontière guyano-surinamaise : Au Maroni, le fleuve autoroute qui attend toujours son pont

Des enfants observent des soldats à bord d'un canoé sur le fleuve du Maroni
Des enfants observent des soldats à bord d'un canoé sur le fleuve du Maroni
© AFP - JODY AMIET

Si le choix a été fait de construire un pont sur l’Oyapock, de l’autre côté du territoire ultra-marin, le fleuve-frontière Maori, séparant la Guyane du Suriname sur 520 kilomètres ne compte toujours aucun pont, au grand dam de certains élus locaux guyanais et de l’ancien Président surinamais Desire Bouterse, qui avait promis la construction d’un tel édifice avant la fin de son mandat, en 2020. Pourtant plusieurs villes situées au bord du fleuve, à l'image de Saint Laurent du Maroni, connaissent une forte croissance démographique et le ballet quotidien des pirogues franchissant le fleuve témoigne de l’intensité de la circulation entre les deux pays, dans un espace qui s’apparente davantage à une autoroute qu’à une frontière.

Avec Patrick Blancodini, Professeur agrégé d'histoire et géographie en lycée et classes préparatoires et spécialiste de la Guyane.

"L'ancien président du Suriname, Desi Bouterse, avait promis, en 2010, la construction d’un pont sur le fleuve Maroni. Mais l’échec du pont de l'Oyapock n’a pas encouragé les autorités françaises à se lancer dans la construction d’un ouvrage similaire. De surcroît, le Suriname, Etat bien plus pauvre que le Brésil, n’aurait pas les moyens de co-financer un tel projet" observe Patrick Blancodini

Références sonores

  • Inauguration du pont (Guyane la 1ère, 20 Mars 2017)
  • Un pont sur l’Oyapock (Arte, 2014) 

Références musicales

  • Olivier Cocatrix – Nuit sur la canopée / KO4X-Production 
  • Josy Mass – Oyapock (Magnum International, 1984)
58 min
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée