Gabriel Garcia Marquez en 1983 ©Getty - Paco Junquera
Gabriel Garcia Marquez en 1983 ©Getty - Paco Junquera
Gabriel Garcia Marquez en 1983 ©Getty - Paco Junquera
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Résumé

Journaliste, romancier et prix Nobel de littérature en 1982, Gabriel Garcia Marquez s'est imposé comme l'écrivain national colombien. Comment son œuvre est-elle devenue peu à peu l'incarnation littéraire de l'identité colombienne ?

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Journaliste, romancier, militant, la vie et l'œuvre de Gabriel Garcia Marquez sont inextricablement entremêlées. Elles déroulent un même fil, celui de l’histoire contemporaine de la Colombie et de l’Amérique latine, entre guerres civiles, violence armée, despotes galonnés et naissance d’un espoir anti-impérialiste nourri par le communisme. Si le prix Nobel de littérature 1982 s’est imposé comme l’écrivain national colombien, c’est que « Gabo » comme on le surnomme affectueusement a su raconter les affres de son époque à sa manière. Porte-étendard de l’école du « réalisme magique » mêlant véracité historique et mysticisme onirique, Gabriel Garcia Marquez a largement participé à la construction de l’image du pays et à l’identité de ses habitants. Au-delà de sa plume, il a apposé sa marque par ses prises de positions politiques et son implication dans la résolution du conflit entre l’Etat et les groupes armés. 

Quelle place Gabriel Garcia Marquez accorde-t-il à la réalité politique et sociale de la Colombie dans ses livres ? Quelle image son œuvre, peu à peu devenue l’incarnation littéraire de l’identité colombienne, donne-t-elle du pays ? Une fois son succès assuré, comment a-t-il mis sa notoriété au service de causes politiques ? Plus largement, comment s’est-il engagé pour le rayonnement de l’Amérique latine ? Et enfin, dans quelle mesure est-il aujourd’hui enseigné, commémoré mais aussi dans une moindre mesure critiqué ?

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Florian Delorme reçoit Camilo Bogoya Gonzalez, enseignant-chercheur en littérature à l’université d’Artois et Alvaro Santana Acuna, professeur de sociologie au Whitman College.

"Avant Garcia Marquez, si la Colombie avait des poètes et des romanciers, elle n’avait pas d’écrivain national. Avec l’obtention de son prix Nobel en 1982, les colombiens voient leur pays rayonner à la une des journaux du monde entier. A partir de ce moment-là, Garcia Marquez devient, pour toute une génération, l'incarnation de la Colombie" explique Camilo Bogoya Gonzalez.

"Garcia Marquez reste l’un des auteurs sud-américains les plus connus du monde. Il n’incarne pas seulement la Colombie, mais l’Amérique latine. Avec d'autres écrivains, il est le symbole du boom de la littérature latino-américaine des années 60" observe Alvaro Santana Acuna.

Seconde partie : le focus du jour

Chez Garcia Marquez, la solitude des Amérindiens et Afro-descendants

Peinture murale réalisée par Oscar Gonzalez représentant des passages de "Cent ans de solitude'" le roman de Gabriel Marquez
Peinture murale réalisée par Oscar Gonzalez représentant des passages de "Cent ans de solitude'" le roman de Gabriel Marquez
© AFP - Raul Arboleda

En s’imposant comme le grand romancier national colombien, Gabriel Garcia Marquez a participé à définir l’identité de son pays. Une construction littéraire et sociale qui évoque frontalement le rapport à la violence et les antagonismes politiques constitutifs du pays, mais qui néglige d’autres réalités colombiennes. Ainsi, les peuples amérindiens et afro-descendants occupent une place mineure dans les écrits du Prix Nobel. Parfois occultés, souvent évoqués dans une approche coloniale, ils constituent l’angle mort de l'œuvre de Gabriel Garcia Marquez, qui revendique pourtant son inspiration populaire et ses origines caribéennes. Comment l’approche de Gabriel Garcia Marquez de ces minorités a-t-elle contribué à construire les rapports ethniques et sociaux au sein de la nation colombienne ?

Avec Liliana Riaboff, enseignante dans le secondaire et chercheuse autrice d’une thèse sur la réception de Garcia Marquez en Colombie.

"Gabriel Garcia Marquez est très imprégné de la vision coloniale, véhiculée depuis l’arrivée des conquistadors en Amérique, qui donne une image très folklorisante et très exotique des indigènes pour marquer une altérité très prononcée" analyse Liliana Riaboff.

Références sonores 

  • Discours de Garcia Marquez à l’occasion de la remise du prix Nobel 1982  
  • Isabelle Allende, romancière chilienne, estime qu’il a rendu aux latino-américains leur histoire (Democraty Now, avril 2014)  
  • Le président colombien Juan Manuel Santos rend hommage à Garcia Marquez juste après sa mort en 2014 (AFP, 18 avril 2014)  
  • Lecture de « Cent ans de solitude » par Gabriel Garcia Márquez 
  • Gabriel Garcia Marquez encense Fidel Castro à qui il confiait la relecture de ses manuscrits  
  • Gabriel Garcia Marquez exprime son espoir de voir la situation s’améliorer en Colombie (Itw par Néstor Morales, mars 1991) 
  • Gabriel Garcia Márquez évoque son rapport à la culture populaire (Extrait du documentaire « L’Ecriture sorcière » de Mauricio Martinez-Cavard et Yves Billon, France 3, 1998)

Références musicales 

  • « Feel great » de Latino Chillout (Label : NY Latino Chillout)
  • « Gabriel Garcia Márquez » par le groupe Los Calchakis (Label Arion / 1990) 
Références

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Clément Perrier
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation