Station de réception de gaz du gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin en Allemagne
Station de réception de gaz du gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin en Allemagne
Station de réception de gaz du gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin en Allemagne ©Getty - Daniel Reinhardt
Station de réception de gaz du gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin en Allemagne ©Getty - Daniel Reinhardt
Station de réception de gaz du gazoduc Nord Stream 2 à Lubmin en Allemagne ©Getty - Daniel Reinhardt
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Résumé

La guerre en Ukraine et les sanctions prises contre la Russie ont plus que jamais mis en lumière la dépendance européenne au gaz russe. L'Europe peut-elle saisir cette opportunité pour décarboner son énergie ?

avec :

Inès Bouacida (chercheuse climat et énergie pour le thinktank IDDRI), Carole Mathieu (Responsable des Politiques européennes de l'énergie et du climat à l’IFRI (Institut français des relations internationales), auteure de la note « L’alliance européenne des batteries passe à la vitesse supérieure », publiée en mai 2019 pour l’IFRI).

En savoir plus

Le 21 avril, la ministre des affaires étrangères allemande Annalena Baerbock annonçait un embargo sur le pétrole russe d’ici à la fin de l’année 2022. Une perspective qui s’inscrit dans la logique des sanctions appliquées par les européens à Moscou depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Mais derrière cette décision se cache la difficulté à trouver des solutions alternatives sans que celles-ci ne nuisent à la transition énergétique souhaitée par l’Union Européenne dans le cadre de ses objectifs pour le climat et notamment le Pacte Vert européen, qui vise la fin des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2050. Or, depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, les alternatives ne sont pas très vertueuses : augmentation de la production de charbon, importation de pétrole et de GNL américain... Aucune des solutions annoncées jusque-là ne permet de rester dans les clous des objectifs de l’Accord de Paris ou ne prend en compte la sonnette d’alarme du dernier rapport du GIEC, publié au début en avril 2022. 

Alors, l’Europe saisira-t-elle l’opportunité des sanctions contre la Russie pour décarboner son énergie ? Qu’est-ce que l’Union Européenne offre-t-elle comme outils pour ne pas laisser les économies européennes replonger dans le charbon ? Existe-t-il un consensus entre États membres sur la marche à suivre pour atteindre zéro émission ? 

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Florian Delorme reçoit Inès Bouacida, chercheuse climat et énergie pour le thinktank IDDRI, et Carole Mathieu, Responsable des Politiques européennes de l'énergie et du climat à l’IFRI (Institut français des relations internationales).

"La guerre en Ukraine rend la transition énergétique d’autant plus nécessaire du point de vue des intérêts stratégiques européens. Mais les options à disposition à court terme sont assez limitées, et souvent peu cohérentes avec les objectifs climatiques. C'est pourquoi les européens se tournent aujourd’hui vers le charbon et le gaz liquéfié" explique Carole Mathieu

"Dans les États-membres de l’Union Européenne les signaux politiques ont été très positifs sur le déploiement des énergies renouvelables depuis le début de la guerre en Ukraine. On parle d’accélérer les procédures d’acceptation des projets et d’investir davantage" observe Inès Bouacida.

Seconde partie : le focus du jour

Danemark : sauvé par le renouvelable ?

Le président ukrainien Zelensky et la première ministre danoise Mette Frederiksen à Kiev le 21 avril 2022
Le président ukrainien Zelensky et la première ministre danoise Mette Frederiksen à Kiev le 21 avril 2022
© AFP - Genya SAVILOV

En mars 2022, la première Ministre danoise Mette Frederiksen annonçait que son pays allait totalement se passer du gaz russe, ambition confirmée la semaine dernière par un plan d’action pour parvenir à ce but. Et le Danemark a une longueur d’avance sur ce chemin-là, car il peut s’appuyer sur ses énergies renouvelables, et notamment l’éolien, qui peut couvrir jusqu’à la moitié des besoins en électricité. Mais surtout, il semble que le pays veuille profiter de la crise actuelle pour accélérer sa sortie des énergies fossiles, annoncée pour 2030. Un scénario qui rappelle que les temps de crises ont plusieurs fois permis au Danemark de prendre des décisions fortes en matière de décarbonation de l’énergie.

Avec Pierre Wokuri, docteur en sciences politiques, chercheur au Centre d’études européennes de Sciences Po.

"L’industrie gazière au Danemark était en déclin, le pic de production a été atteint en 2005. On peut même parler d’un relatif désintérêt de la part des entreprises gazières et pétrolières pour ce marché" note Pierre Wokuri.

Références sonores 

  • Volodomir Zelensky exige de nouvelles sanctions contre la Russie (Le Parisien, 31 mars 2022)
  • Frans Timmermans, premier vice-président de la Commission européenne, évoque une réduction en matière de consommation d’énergie dans le contexte de la guerre en Ukraine (France 24, 09 mars 2022)
  • Emmanuel Macron décrit la stratégie que l’Union européenne doit adopter pour faire face à une diminution des importations de gaz russe (BFM, 10 mars 2022
  • Analena Baerbock explique que l’Allemagne va se passer progressivement du pétrole russe (Die Welt, 20 avril 2022)
  • Joe Biden s'exprime sur une réduction de la consommation de gaz afin de minimiser la dépendance de l’Europe envers les approvisionnements russes (France 24, 25 mars 2022)
  • Mario Draghi évoque la question de la réduction de la consommation énergétique (Ruptly, 07 avril 2022)
  • Extrait d’un reportage décrivant les vicissitudes que rencontraient les automobilistes américains lors de la crise pétrolière de 1979 (Archive INA, TF1, reportage de Dominique Bromberger, 05 juillet 1979)

Références musicales 

  • « Silentium larix » de Pantha du prince (Label : BMG)
  • « Out of Gas » de Floyd Robinson
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation