Manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde
Manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde
Manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde ©AFP - ARUN SANKAR
Manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde ©AFP - ARUN SANKAR
Manifestations contre la loi sur la citoyenneté en Inde ©AFP - ARUN SANKAR
Publicité
Résumé

Dans la nuit de lundi à mardi, New Delhi a été le théâtre de heurts intercommunautaires, alors que Donald Trump était reçu comme un roi par Narendra Modi en ce début de semaine. Alors, cette loi sur la citoyenneté et les réactions violentes qu’elle suscite peut-elle fragiliser Modi ?

avec :

Paul Rollier (Anthropologue, professeur assistant en étude sud-asiatique a l’Université de Saint Gall en Suisse.), Jean-Luc Racine (directeur de recherche au CNRS, chercheur senior au think tank Asia Centre), Christophe Jaffrelot (Directeur de recherche au CERI-Sciences Po/CNRS et co-directeur de l'Observatoire franco-allemand de l'Indo-Pacifique).

En savoir plus

Depuis le début de la semaine, et alors qu’au même moment Donald Trump était reçu comme un roi par le Premier ministre indien Narendra Modi, New Delhi est le théâtre de heurts inter communautaires qui ont fait au moins vingt morts et près de 200 blessés selon les derniers bilans.

Ces violences marquent une nouvelle étape dans le mouvement de contestation qui secoue le pays depuis le mois de décembre. A l’origine de ces tensions, une loi sur la citoyenneté particulièrement discriminante à l'égard des musulmans puisqu'elle permet d'attribuer la citoyenneté aux ressortissants d’Afghanistan, du Bangladesh, du Pakistan, à condition qu’ils ne soient pas musulmans.

Publicité

Pour les quelque 200 millions de musulmans vivant en Inde, c'était la loi de trop, qui a poussé nombre d'entre eux à descendre dans la rue depuis des semaines pour obtenir son retrait.

Mais au-delà de ce texte, cette discrimination de l'Islam s'inscrit dans une démarche plus large d'hindouisation de la société.

Comment s'illustre ce projet d'hindouisation ? Par qui est-il pensé et comment se déploie-t-il ? Quelles sont ses racines ? La laïcité indienne est-elle menacée ? Et quelles sont les résistances à ce projet ?

Ces violences ont lieu avec la bénédiction de la police, ce qui est le plus préoccupant. Et ce n’est pas seulement à Delhi que l’on voit ça. On a un problème d’Etat de droit mais aussi d’ordre public et cela vient des hommes du BJP. Christophe Jaffrelot 

En savoir plus : Inde : aux racines du nationalisme hindou

Les idéologues nationalistes du BJP considèrent qu’il faudrait modifier la constitution au sujet de la laïcité. Jean Luc Racine

En savoir plus : L'Inde et les Etats-Unis, Mody et Trump, rencontre de deux dirigeants nationalistes

Le populisme c’est précisément la relation entre un homme et son peuple court circuitant les institutions et les partis. On entre dans une nouvelle logique en Inde qui pose la question : après Modi, quoi ? Christophe Jaffrelot 

Au Pakistan nous avons dans les années 1980 une islamisation de la société et du droit, avec l’introduction de la loi anti-blasphème ayant toujours cours aujourd’hui pour protéger les symboles musulmans et qui va être instrumentalisée contre les minorités. Paul Rollier

Une émission préparée par Hélaine Lefrançois.

Extraits sonores

- Narendra Modi en décembre dernier promouvant la loi sur la citoyenneté et expliquant que les musulmans n’ont rien à craindre (RTBF, 22 décembre 2019)

- Gajral Yadav, un manifestant proche du BJP explique que les musulmans sont en Inde uniquement pour « infiltrer » le pays (RTBF, 22 décembre 2019)

- Annonce à la télévision indienne des violences à New Dehli (India Today, 25 février 2020)

- Un habitant relate les violences à new Dehli (France 24, 25 février 2020)

- Un manifestant indien contre la loi sur la citoyenneté faisant référence à l’instrumentalisation que peut en faire Narendra Modi à l’occasion de la visite de Donald Trump (France 24, 25 février 2020)

- Témoignage de Mera, une chrétienne travaillant chez un riche couple musulman (France 24, 16 avril 2009)

Extraits musicaux 

- « Boa Gombay » de Lifafa (autoproduit)

- « Ek Nagma » de Lifafa (Autoproduit)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Hélaine Lefrançois
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation