5 avril 2013. Un Irakien à al-Fardous Square, Bagdad, où la statue de Saddam Hussein fut renversée. L’acte symbolisait la chute de Bagdad le 9 avril 2003.
5 avril 2013. Un Irakien à al-Fardous Square, Bagdad, où la statue de Saddam Hussein fut renversée. L’acte symbolisait la chute de Bagdad le 9 avril 2003. ©AFP - ALI AL-SAADI
5 avril 2013. Un Irakien à al-Fardous Square, Bagdad, où la statue de Saddam Hussein fut renversée. L’acte symbolisait la chute de Bagdad le 9 avril 2003. ©AFP - ALI AL-SAADI
5 avril 2013. Un Irakien à al-Fardous Square, Bagdad, où la statue de Saddam Hussein fut renversée. L’acte symbolisait la chute de Bagdad le 9 avril 2003. ©AFP - ALI AL-SAADI
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En 2003, George W. Bush arguait la présence d’armes de destruction massive en Irak pour renverser Saddam Hussein. Aujourd'hui, à l’heure du retrait annoncé des dernières troupes, le processus de construction d’un État irakien connaît de grandes difficultés.

Avec

Au lendemain des attentats du 11 septembre, le président américain George W. Bush accusait l’Irak d’appartenir à un « axe du mal » défendant le terrorisme international. Il lui a néanmoins fallu deux ans pour convaincre le Congrès d’envoyer des troupes américaines sur place pour renverser Saddam Hussein, arguant notamment la présence d’armes de destruction massive.

En 2011, en dépit de l’optimisme alors affiché par Barack Obama, les États-Unis quittaient un État au bord de la guerre civile et où l’organisation État Islamique ne tarderait pas à instaurer un califat. Le djihadisme international visé par l’opération américaine de 2003 disposait alors d’une base territoriale inédite et d’une force de frappe renouvelée, comme le montrèrent les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.

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Au cours d’une nouvelle guerre meurtrière de plus de deux ans, les Américains et leurs alliés ont ensuite porté secours à l’armée régulière irakienne pour chasser le groupe terroriste. Si l’objectif d’éradiquer Daesh a alors été atteint sur le plan territorial malgré la subsistance de cellules clandestines, celui de (re)construire un État irakien solide ne semble toujours pas d’actualité. 

Dans quelle mesure l’intervention américaine de 2003 est-elle à l’origine de l’actuelle situation chaotique du pays ? Quelles sont les erreurs commises par l’administration en Irak ? À l’approche des nouvelles élections d’octobre, le processus de construction de l’État connaît-il certaines avancées malgré ses difficultés ? Ou est-il en recul, notamment face à l’influence croissante des milices ?

Florian Delorme reçoit Adel Bakawan, directeur du Centre Français de Recherche sur l'Irak (CFRI) et membre de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (Iremmo) et Loulouwa Al-Rachid, chercheuse indépendante spécialiste de l’Irak.

En 2011, le départ américain d’Irak a à nouveau laissé un grand vide que les pays arabes et les Turcs n’étaient pas prêts à remplir, favorisant la montée en puissance des milices pro-iraniennes et celle de l’État islamique. À ce jour, il y a une alliance tacite, objective entre la mouvance Sadr et les États-Unis. Adel Bakawan

Aujourd’hui, la scène milicienne irakienne est consciente du fait que basculer dans un affrontement généralisé entre milices risquerait de lui coûter cher, à elle comme à ses sponsors iraniens. Loulouwa Al-Rachid

Seconde partie : le focus du jour

Pillage d’antiquités : du champ de bataille aux musées privés américains

Le 3 août 2021, une équipe du ministre des Affaires Etrangères irakien autour de caisses d’antiquités iraniennes pillées et renvoyées par les Etats-Unis.
Le 3 août 2021, une équipe du ministre des Affaires Etrangères irakien autour de caisses d’antiquités iraniennes pillées et renvoyées par les Etats-Unis.
© AFP - Sabah ARAR

En visite à Washington fin juillet, le Premier ministre irakien Moustafa al-Kazimi est revenu de sa rencontre avec Joe Biden avec 17.000 pièces archéologiques sumériennes. Il s’agit de la plus importante restitution d’antiquités depuis l’invasion américaine du pays en 2003. Ces objets, pillés dans le Sud de l’Irak, s’étaient notamment retrouvés dans un musée de la Bible, ouvert récemment à Washington par un milliardaire évangélique. Leur mise en lumière éclaire l’ampleur du trafic international d’antiquités perpétré dans le sillage de l’intervention des États-Unis. 

Avec Géraldine Chatelard, chercheuse associée à l’Institut français du Proche-Orient. 

Il y a une responsabilité indirecte des États-Unis et celle sans aucun doute d’individus militaires - Américains ou non - qui se sont servis et connectés aux réseaux internationaux de trafic d’antiquités. Mais il faut dire que cette problématique du pillage remonte avant tout à la première guerre du Golfe de 1991. Géraldine Chatelard

Références sonores

  • Extrait du discours de George Bush Jr. dans lequel il assimile l’Irak à « l’axe du Mal » peu après le 11 septembre 2001 (extrait du documentaire « Il était une fois l’Irak » de James Bluemel, Arte, 2020).
  • Ambiance de soldats irakiens criant qu’ils vont mourir pour Saddam et annonce du bombardement de Bagdad le 21 mars 2003 sur ABC News.
  • Extrait du discours de Barack Obama à la base militaire de Fort Bragg le 14 décembre 2011, estimant que les États-Unis ont laissé un Irak plus fort derrière eux (site de la Maison Blanche, 14 décembre 2011).
  • John Nixon, analyste de la CIA, a été envoyé en Irak peu après le début de la guerre en Irak. Il revient ici sur son interrogatoire de Saddam Hussein  (Extrait du documentaire « Il était une fois l’Irak » de James Bluemel, Arte, 2020).
  • Le ministre de la Culture Hassan Nazim réceptionne les pièces archéologiques restituées par les États-Unis début août dernier (AFP, 03 août 2021).

Références musicales

  • « Es schneit » de Pantha du Prince (Label : Rough Trade)
  • « Dunya » du trio neerlando-irakien Cairo Liberation Front (Label : Radio Khiyaban)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation