Des supporters de Moqtada-Al-Sadr à Bagdad en novembre 2021
Des supporters de Moqtada-Al-Sadr à Bagdad en novembre 2021
Des supporters de Moqtada-Al-Sadr à Bagdad en novembre 2021 ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
Des supporters de Moqtada-Al-Sadr à Bagdad en novembre 2021 ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
Des supporters de Moqtada-Al-Sadr à Bagdad en novembre 2021 ©AFP - AHMAD AL-RUBAYE
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Résumé

En Irak, les élections législatives d'octobre 2022 ont cristallisé la confrontation entre les différentes factions chiites qui tentent de gouverner le pays. Entre jeu d'alliance et rivalités exacerbées par l'ingérence du voisin iranien, Bagdad peut-elle sortir de l'impasse politique ?

avec :

Myriam Benraad (Politologue, spécialiste du Moyen-Orient, professeure associée en relations internationales), Laurent Bonnefoy (Politologue spécialiste de la péninsule arabique. Chargé de recherche au CNRS, au CERI et au centre français d’archéologie et de sciences sociales de Sanaa (CEFAS), auteur notamment de Le Yémen, de l’Arabie heureuse à la guerre (Fayard)), Adel Bakawan (directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), directeur du Centre de Sociologie de l'Irak (CSI/ Université de Soran)).

En savoir plus

Depuis sa victoire aux législatives en octobre 2021, la mouvance chiite menée par Moqtada Al-Sadr bouscule le paysage politique. Apôtres du renouveau nationaliste irakien, partisans d’un gouvernement resserré autour des principaux partis, les Sadristes se heurtent néanmoins à de fortes résistances, notamment de la part des factions et milices chiites rivales soutenues par l’Iran. Ces dissensions au sein de la communauté majoritaire en Irak révèlent les hésitations quant à l’attitude à adopter vis-à-vis de Téhéran, mais aussi et surtout la guerre que se livrent des élites prédatrices pour conserver la mainmise sur l’appareil d’Etat et les richesses qui vont avec. Conséquence de cette lutte au sommet, le Parlement est paralysé depuis janvier 2022 et ne peut pas désigner de président ni de Premier ministre.

Comment les dissensions au sein de la communauté chiite pourraient-elles reconfigurer le paysage politique national ? Comment les Irakiens, qui ont manifesté en masse contre les arrangements politiciens et la corruption entre 2019 et 2020, accueillent-ils cette énième crise politique ? Quel rôle les puissances régionales et internationales jouent-elles dans le marasme politique actuel ?

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Florian Delorme reçoit Adel Bakawan, directeur du Centre français de recherche sur l’Irak (CFRI), et Myriam Benraad, professeur de relations internationales à l’université Schiller à Paris.

"Le taux d’abstention massif aux dernières élections législatives traduit une rupture et un rejet des élites au sens large. Le changement escompté par la société civile et plus particulièrement par la jeunesse irakienne qui souhaite dépasser le confessionnalisme n’est pas au rendez-vous, ce qui risque de produire de nouveaux cycles de contestation" analyse Myriam Benraad.

"L’Irak n’est pas un pays pacifié et démilitarisé. Chaque parti politique a son organisation milicienne souvent lourdement armée. Dans ce pays, les élections ne sont pas une solution pour sortir d’une crise, elles mènent au contraire les élites vers la confrontation et l’impasse" explique Adel Bakawan.   

Seconde partie : le focus du jour

Guerre au Yémen : une trêve incertaine

Rebelles houthis paradant dans les rues de Sanaa
Rebelles houthis paradant dans les rues de Sanaa
© AFP - MOHAMMED HUWAIS

Dévasté par sept années de guerre, le Yémen respire enfin avec la conclusion, le 2 avril 2022, d’une trêve de deux mois entre les rebelles houthis et les forces gouvernementales soutenues par la coalition arabe. Mais les nombreuses violation du cessez-le-feu dont s’accusent mutuellement les belligérants, deux semaines à peine après son entrée en vigueur, témoignent de la fragilité d’une trêve dont le pays a pourtant cruellement besoin pour faire face à ce que les Nations Unies n’hésitent pas à qualifier de « pire crise humanitaire du monde ».

Avec Laurent Bonnefoy, Politologue chargé de recherche au CNRS et au Centre de Recherches Internationales (CERI).

"Pour la première fois en sept années de guerre le Yémen n’a pas subi de raids aériens. Cette trêve, bien que fragile, a des effets très concret pour les yéménites qui se mettent à espérer l'avènement d'une paix durable" observe Laurent Bonnefoy.

À lire aussi : De Bagdad à Beyrouth : le chiisme politique

Références sonores

  • Un partisan de Moqtada Al-Sadr encense son leader dont il loue la combativité et le nationalisme  (France 24, juin 2020)
  • Raheem Mohammed Alsaadi, militant sadriste et par ailleurs habitant de Sadr City, critique le principe du gouvernement d’union nationale et défend l’alternative proposée par son leader  (France 24, janvier 2022)
  • Amer Abdel Amir dénonce la vanité des arrangements politiciens qui in fine risquent de ne jamais servir l’intérêt général  (France 24 / janvier 2022)
  • Moqtada Al-Sadr énonce les grandes lignes politiques que son parti compte suivre une fois le gouvernement constitué (France 2, Oct 2021) 

Références musicales

  • Calavera et Manya – Seta   (Buddha Bar 2/ Label Cafe de Anatolia /  Mars 2017) 
  • IIlham Al Madfai – Haya Bina  
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation