Les forces de sécurité irakiennes déployées pour garder la zone verte de Bagdad lors d'une manifestation anti-gouvernement le 09/09/22
Les forces de sécurité irakiennes déployées pour garder la zone verte de Bagdad lors d'une manifestation anti-gouvernement le 09/09/22 ©AFP - Ahmad Al-Rubaye
Les forces de sécurité irakiennes déployées pour garder la zone verte de Bagdad lors d'une manifestation anti-gouvernement le 09/09/22 ©AFP - Ahmad Al-Rubaye
Les forces de sécurité irakiennes déployées pour garder la zone verte de Bagdad lors d'une manifestation anti-gouvernement le 09/09/22 ©AFP - Ahmad Al-Rubaye
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L'annonce, le 29 août 2022, du retrait de la vie politique du leader chiite Moqtada Al Sadr, vainqueur des dernières élections, a provoqué des combats dans la zone verte de Bagdad. Depuis, l'avenir de l'Irak semble se dessiner sur fond de tensions importantes entre milices chiites...

Avec
  • Adel Bakawan Directeur du Centre français de recherche sur l'Irak (CFRI)
  • Loulouwa Al-Rachid chercheuse spécialiste de l'Irak
  • Héloïse Fayet Chercheuse au Centre des études de sécurité de l’IFRI, notamment intégrée au programme Dissuasion et prolifération du Centre

Le 29 août 2022, le dirigeant chiite Moqtada al Sadr, nationaliste irakien, annonçait son retrait de la vie politique, provoquant des affrontements entre ses partisans et l’armée irakienne, elle-même appuyée par des unités du Hachd al Chaabi, une milice irakienne chiite elle aussi, mais pro iranienne. Ces violences ont fait resurgir le spectre d'une guerre civile. Les soutiens de Moqtada Al Sadr ont fini par se retirer à l’appel de leur chef mais le bilan est là : une trentaine de morts et des centaines de blessés...

Quelles sont les racines de cette violence et jusqu’où pourrait-elle aller ? Et pourquoi l’Irak ne parvient pas à sortir de cette logique de la violence malgré l’organisation d’élection ? Serait-il possible de « démiliciser » l’État irakien ? Et comment ?

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Pour répondre à ces questions, Florian Delorme reçoit Adel Bakawan, directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient et Loulouwa Al-Rachid, chercheuse spécialiste de l'Irak.

Pour comprendre le lien des milices irakiennes avec l'Etat et leurs responsabilités de ce fait dans le paysage politique du pays, Loulouwa Al-Rachid explique que "le mot milice est rejeté par l'ensemble des acteurs en Irak. C'est très péjoratif. Chacun vous dira "je fais partie d'un ensemble institutionnel, je suis sous le commandement du premier ministre, le commandant en chef des forces d'armées". Adel Bakawan ajoute sur la question qu'"il faut aborder ces organisations miliciennes comme si l'on traitait de l'Etat iraquien. Elles font l'Etat et elles sont l'Etat. Sans elles, il n'existerait pas."

Seconde partie : le focus du jour

Les milices chiites en Syrie, des proxy de l’Iran, vraiment ?

Des soldats américains sont toujours déployés dans le nord-est de la Syrie dans le cadre de la coalition chargée de combattre les djihadistes en août 2022
Des soldats américains sont toujours déployés dans le nord-est de la Syrie dans le cadre de la coalition chargée de combattre les djihadistes en août 2022
© AFP - Delil Souleiman

À la fin du mois d’août, une série d’affrontements opposant l’armée américaine et des milices chiites ont fait au moins 4 morts dans le nord-est de la Syrie. La cible : un camp de la milice des Fatimiyoun, des combattants afghans de l’ethnie hazara, chiites, qui ont rejoint la Syrie, d’abord entraînés par l’Iran. Mais depuis quelques années, il semble que ces groupes aient gagné en autonomie, questionnant même leur intérêt pour l’armée iranienne.

Avec Héloïse Fayet, chercheuse au Centre des études de sécurité de l’IFRI.

"On assiste à une progressive et lente autonomisation des milices en Syrie vis-à-vis de l'Iran" analyse Héloïse Fayet.

Références sonores

  • Les partisans de Moqtada ( tv5 monde - 30 août 2022)
  • Moqtada al Sader demande à ses supporters de quitter le palais ( france 24- 30 août)
  • Une prière (chantée) de miliciens chiites afghans, pakistanais... qui prient Soleimani en Syrie ( LiveLeak - 2 novembre 2017)

Références musicales

  • "Swear" de Moby
  • "Ya ayn mulayiitayn" de Fawzy Al-aiedy

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Léa Capuano
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration