Rassemblement de partisans du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien en protestation aux politiques gouvernementales, Rome, le 30 septembre 2018.
Rassemblement de partisans du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien en protestation aux politiques gouvernementales, Rome, le 30 septembre 2018.
Rassemblement de partisans du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien en protestation aux politiques gouvernementales, Rome, le 30 septembre 2018. ©AFP - ALBERTO PIZZOLI
Rassemblement de partisans du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien en protestation aux politiques gouvernementales, Rome, le 30 septembre 2018. ©AFP - ALBERTO PIZZOLI
Rassemblement de partisans du Parti démocratique (PD) de centre-gauche italien en protestation aux politiques gouvernementales, Rome, le 30 septembre 2018. ©AFP - ALBERTO PIZZOLI
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Résumé

Depuis le 14 mars, Enrico Letta est le nouveau secrétaire général du Parti Démocrate. Pour ce technocrate européen, ce retour sur la scène italienne a pour but de clarifier la ligne politique du Parti de centre-gauche, déjà affaibli. La social-démocratie a-t-elle encore de l’avenir en Italie ?

avec :

Giuliano Da Empoli (Essayiste et ancien conseiller politique de Matteo Renzi), Marc Lazar (professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.), Anne Marijnen (Maîtresse de conférences en Sciences politiques à l’Université Paris 8, spécialiste de l’Italie contemporaine.).

En savoir plus

En février dernier, alors que le gouvernement de Giuseppe Conte était tombé, l’ancien banquier se retrouvait chargé de former une nouvelle équipe. En homme providentiel, alors que le pays est en proie à une crise sanitaire, s’ajoute une crise économique et sociale profonde. Mario Draghi devenait alors président du Conseil grâce au soutien de presque tous les partis du Parlement.
Une autre arrivée marquante des dernières semaines dans le paysage italien : celle de l’ancien président du Conseil, Enrico Letta qui après avoir quitté la politique pour devenir professeur à Paris, revient à la tête du Parti Démocrate, principale force de centre-gauche, minée par les luttes intestines et la déroute électorale, dont il avait été évincé par Matteo Renzi, autre ancien président du Conseil à l’origine.

Si les deux hommes diffèrent par leur parcours, avec d’un côté un véritable « technocrate » issu des milieux banquiers et de l’autre un intellectuel engagé en politique, tous deux se rejoignent sur la conviction que l’Europe est une ressource et non une menace pour l’Italie avec une ambition commune : tourner la page du populisme. 

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Pourront-ils y parvenir ? Concurrencé sur sa gauche par le mouvement 5 étoiles et sur sa droite par Matteo Renzi et son nouveau parti Viva Italia, comment le Parti Démocrate peut-il se démarquer sur l’échiquier politique ? Enrico Letta et Mario Draghi pourront-ils surmonter les défis immenses qui les attendent ? Sauront-ils dépasser les querelles intestines qui ont agité la vie politique italienne ces dernières années ?

Mario Draghi a le même poids, si ce n’est plus en ce moment, qu’Angela Merkel et Macron, qui sont tous deux en difficulté. C’est un aspect à ne pas négliger, l'Italie est dans une situation difficile, mais elle a à sa tête un homme au poids politique fort. Cela n’a rien à voir avec Guiseppe Conte, de Matteo Renzi, ni même d’Enrico Letta. Il s’agit de l’homme d’expérience que Barack Obama considérait comme un des plus grands protagonistes de ce monde contemporain. C’est lui qui est actuellement aux commandes. Marc Lazar

Le Parti Démocrate est en crise d’identité très forte. Les trois derniers secrétaires ont quitté le Parti pour des raisons différentes et soit ont fondé d’autres Partis, soit ont adhéré à d’autres. Cela donne la dimension de la crise d’identité que vit ce parti. Il fallait quelqu’un avec une capacité stratégique supérieure. De plus, Enrico Letta n’est pas issu de l’ancien Parti Communiste, il vient plutôt du monde catholique, avec une grande expérience internationale, et c'est un ancien membre du Conseil. C’est probablement le meilleur choix possible actuellement. Giuliano Da Empoli

Ancien Premier ministre italien Enrico Letta lors d'une session de la conférence annuelle de la bourse paneuropéenne Euronext. Paris, 14 janvier 2020
Ancien Premier ministre italien Enrico Letta lors d'une session de la conférence annuelle de la bourse paneuropéenne Euronext. Paris, 14 janvier 2020
© AFP - ERIC PIERMONT

Seconde partie - le focus du jour

Pourquoi le Parti Communiste Italien n'est-il jamais arrivé au pouvoir ? 

Pour les 100 ans du Parti Communiste italien, la presse italienne célèbre ce parti politique très influent à l’époque, dissous en 1991. Un siècle après la création du parti, le 21 janvier 1921, et une forte influence sociale et culturelle dans les années 1950, entre 1946 et 1956, le PCI compte plus de 2 millions de militants dans ses rangs puis connaît un pic électoral en 1976 avec 34,4% des voix à la Chambre des Députés.

Quels furent les freins à l'accession au pouvoir du PCI ? Qui sont ses héritiers aujourd’hui et qu’est-ce que son histoire représente pour la politique italienne actuelle ? Quelle a été son influence sur la culture populaire et l’imaginaire politique italien ?

Ce qui persiste de manière structurelle, c’est que l’on se définit encore par rapport à ce Parti. Lorsque Berlusconi, dans son ascension au pouvoir ou lorsqu'il était en campagne, ne manquait jamais de se positionner comme anticommuniste. Plus récemment, lorsque Roberto Gualtieri a été nommé ministre de l’Economie et des Finances du gouvernement Conte de 2019 à 2021, la première chose que les journaux de droite ont mentionné, c’est qu’il avait fait partie du Parti Communiste italien dans sa jeunesse. Anne Marijnen

Une émission préparée par Mélanie Chalandon, Margaux Leridon et Albane Barrau. 

À réécouter : Aux origines de la fracture Nord/Sud

Références sonores 

  • Extraits du discours d’investiture de Mario Draghi devant le Sénat (Extrait discours officiel, 17 février 2021)
  • Extrait du discours d’investiture d’Enrico Letta au PD le 14 mars dernier (Extrait discours officiel, 14 mars 2021)

Référence musicale

  • « Sunshine recorder » de Boards of Canada (Label : Warp)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation