Des japonais achetant un journal à Tokyo en 2021.
Des japonais achetant un journal à Tokyo en 2021.
Des japonais achetant un journal à Tokyo en 2021. ©AFP - Philip Fong
Des japonais achetant un journal à Tokyo en 2021. ©AFP - Philip Fong
Des japonais achetant un journal à Tokyo en 2021. ©AFP - Philip Fong
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Résumé

Au Japon, le Yomiuri Shinbun et l'Asahi Shinbun restent en 2022 les quotidiens aux plus forts tirages dans le monde. Cependant, le vieillissement du lectorat et la difficulté croissante à recruter des journalistes font craindre une remise en cause de la domination de la presse papier.

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A eux seuls, le Yomiuri Shinbun et l’Asahi Shinbun, les deux plus grands quotidiens japonais tirent chaque jour à environ 15 millions d’exemplaires. Si ce chiffre les place en tête des classements mondiaux et témoigne de la prégnance de la culture du papier dans l’archipel, il est en trompe-l'œil. En effet, entre non-renouvellement générationnel et avènement de la culture numérique, la presse papier japonaise connaît un lent déclin depuis le début des années 2000. 

Comment les médias japonais se sont-ils historiquement structurés au point de compter parmi les plus florissants de la planète ? Quel rapport les Japonais entretiennent-ils avec leur presse papier, et quelle culture journalistique les professionnels du secteur ont-ils développé pour s’enraciner au cœur de la société ? Enfin, quelle stratégie les grands groupes de presse adoptent-ils face au vieillissement de leur lectorat et au déclin démographique observé sur l’archipel? 

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Plus le temps passe, plus la part des revenus papiers dans les bénéfices des journaux japonais a augmenté car les revenus de la publicité ont diminué. (…) Toutes les rédactions sont donc tiraillées entre deux choix : garder le lectorat âgé qui rapporte de l’argent, c’est-à-dire celui qui paye son abonnement papier, ou essayer de construire une nouvelle audience, plus numérique, mais moins encline à payer pour avoir de l’information. César Castellvi

Les derniers chiffres montrent qu’il y a eu encore une forte baisse des ventes en 2021. C’est une chute rapide qui s’est accélérée depuis la fin des années 90 : les journaux sont passés d’un tirage quotidien de cinquante millions d’exemplaires à trente millions aujourd’hui. Claude Leblanc

Florian Delorme reçoit César Castellvi, sociologue et maître de conférences à l'Université de Paris et Claude Leblanc, journaliste éditorialiste chez L’Opinion en charge des questions asiatiques.

Seconde partie : le focus du jour

En Corée du Sud, l’apogée d’un empire médiatico-numérique

Un sud-coréen regardant un écran de télévision retranscrivant les dernières actualités dans une station de métro à Séoul
Un sud-coréen regardant un écran de télévision retranscrivant les dernières actualités dans une station de métro à Séoul
© AFP - Jung Yeon-Je

A l’instar de la presse nippone, les journaux sud-coréens comptent toujours parmi les plus gros tirages au monde même s’ils font face aux mêmes difficultés à renouveler leur lectorat. Néanmoins, le paysage médiatique sud-coréen a été révolutionné par un acteur devenu incontournable : Naver News, sorte de Google Actualité local dont dépendent aujourd’hui tous les plus grands titres de presse. Une plateforme hégémonique qui n’est pas sans interroger la Corée du Sud sur son modèle médiatique et démocratique à l’orée de l’élection présidentielle.

Sur certains scandales politiques, il y a pu un avoir un fort impact de l'algorithme de Naver News. Pour les élections présidentielles sud-coréennes de 2017, la justice s’est rendue compte deux ans après les élections qu’un groupe de hackeurs avait pu modifier l’ordonnancement des articles et montrer une opinion publique plus favorable au président élu. Laurianne Trably

Avec Laurianne Trably, doctorante en sociologie au centre de recherche sur les liens sociaux  -(Université de Paris-CNRS). 

Références sonores

- Un jeune japonais décrit son rapport au journal Yomiuri Shimbun (décembre 2011)

- Un couple de japonais tenant un journal local décide d'arrêter sa publication. (NHK World Japan, 11 mai 2021)

- Le directeur de la stratégie du journal Asahi Shimbun parle de la baisse des ventes de son journal (Reuters, 08 août 2020)

- Le rédacteur en chef Kimuha du journal Asahi Shimbun explique comment diversifier ses sources et recouper les informations en 1984 (INALCO, 1984)

- Un journaliste sud-coréen s'interroge sur le fonctionnement de Naver News 

Références musicales

- « Roman » de Christian Löffler (Label : Ki records)

- « The Rain Song » du chanteur japonais Cornelius (Label : Warner Music)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation