Un navire exploité par Israël a été attaqué au large des Émirats arabes unis, en face de la côte iranienne, Israël accuse l'Iran, le 14 avril 2021.
Un navire exploité par Israël a été attaqué au large des Émirats arabes unis, en face de la côte iranienne, Israël accuse l'Iran, le 14 avril 2021. ©AFP - GIUSEPPE CACACE
Un navire exploité par Israël a été attaqué au large des Émirats arabes unis, en face de la côte iranienne, Israël accuse l'Iran, le 14 avril 2021. ©AFP - GIUSEPPE CACACE
Un navire exploité par Israël a été attaqué au large des Émirats arabes unis, en face de la côte iranienne, Israël accuse l'Iran, le 14 avril 2021. ©AFP - GIUSEPPE CACACE
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Les accrochages se multiplient entre Israël et l'Iran ces derniers mois. Des tensions relancées par la nouvelle administration américaine et les négociations sur le nucléaire iranien. Mais que représente la menace existentielle iranienne pour Israël ? Faut-il craindre une escalade ?

Avec
  • Frédéric Encel Docteur HDR en géopolitique, professeur à l'ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris
  • Pierre Razoux Directeur académique de l'Institut Fondation méditerranéenne d'études stratégiques (FMES)
  • Amélie Ferey Chercheuse en science politique au Centre de Recherches Internationales de Sciences Po (CERI), résidente à l’Institut de recherche stratégique de l’école militaire (IRSEM).

Un pétrolier iranien est touché, au large de la Syrie, lors d’une attaque par drone samedi 24 avril. Avant cela, le complexe nucléaire de Natanz est frappé le 11 avril par une panne électrique, laissant penser à un sabotage. Navires attaqués, assassinat d'un scientifique… Si les tensions entre les deux pays sont anciennes et ancrées, les actes d’hostilité se sont multipliés ces derniers mois.

Depuis des années, les deux rivaux s'affrontent directement ou indirectement au Liban, en Syrie ou encore dans la bande de Gaza. Pourtant, lorsqu’on regarde sur une longue période, l’Iran n’a pas toujours été cet ennemi héréditaire de l’État hébreu.

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Ces dernières années, plusieurs pays arabes ont normalisé leurs relations avec l’État hébreu sous la coupe de l’administration Trump dont le Bahreïn, les Émirats arabes unis, le Soudan, et le Maroc. Autant de pays qui rejoignent l’Égypte et la Jordanie, qui ont ouvert la voie. 

Téhéran restera-t-il le dernier ennemi de l’État hébreu ? Y aurait-il un intérêt stratégique à conserver cet adversaire géopolitique ? Comment l’histoire des relations entre les deux pays nous éclaire sur ce que pourrait être le futur de ces relations ? 

Depuis la fin de la guerre Iran - Irak, les Iraniens mènent une politique assez prudente auprès de l’Occident et d’Israël. Ils savent que la bombe est une ligne rouge absolue pour Israël. Quitte à ne pas l’avoir, autant négocié la non-acquisition, comme cela s’est passé en 2015 avec l’accord des 5+1, en échange d’une centaine de milliards de dollars, de la levée des sanctions et de nombreux investissements. Frédéric Encel

Israël et l’Iran dialogueront ensemble à un moment ou un autre. Il s’agit avant tout d’un problème générationnel. Aujourd’hui, les dirigeants de Téhéran sont les jeunes de 20  - 25 ans qui faisaient la révolution en 1979. Depuis, ils se sont idéologisés et ne changeront pas. Dès que cette génération sera partie, leurs enfants seront plus pragmatiques. Ils sont très nationalistes sur les intérêts de l’Iran, donc prêts à collaborer avec Israël afin de résoudre les problèmes communs, à commencer par le sunnisme radical et djihadiste. Pierre Razoux

Pour aller plus loin, nous vous recommandons également la série documentaire Arte La longue guerre, Iran, Israël, USA, réalisée par Vincent de Cointet, disponible en VOD jusqu'au 14 mai. 

Seconde partie - le focus du jour

Assassinat ciblés, quelle liberté s’octroie Israël ? 

Le vendredi 27 novembre 2020, un scientifique nucléaire iranien a été assassiné en plein jour, à cinq kilomètres de Téhéran. Mohsen Fakhrizadeh succombe à ses blessures à la suite d'une attaque au véhicule piégé, complétée par une fusillade. Aussitôt, les regards se dirigent vers Israël et des soupçons planent sur les services secrets du Mossad. Quelle est la politique d’Israël concernant les attentats ciblés ? Quelle stratégie est déployée dans le pays ? Comment ces assassinats sont-ils perçus ? 

Les assassinats ciblés sont une tactique et non une stratégie. L’idée n’est pas de supprimer la menace iranienne mais de gagner du temps. Supprimer la personne et ses compétences permet de ralentir les potentielles avancées. En l’occurrence, le meurtre de Mohsen Fakhrizadeh a mis du plomb dans l’aile de l’Iran. Amélie Ferey

Une émission préparée par Marguerite Catton et Albane Barrau. 

Dans les rues de Téhéran, des affiches rendent hommage à Qasem Soleilmani et Mohsen Fakhrizadeh, tous deux assassinés, le 30 décembre 2020.
Dans les rues de Téhéran, des affiches rendent hommage à Qasem Soleilmani et Mohsen Fakhrizadeh, tous deux assassinés, le 30 décembre 2020.
© AFP - ATTA KENARE

Références sonores

  • Benjamin Netanyahou (Global news, 13 décembre 2020)
  • Hassan Rohani (AFP, 29 novembre 2020)
  • Khomeiny évoquait Israël en 1980 et sous-entendait que cet état avait pu aider l’Iran par le passé
  • Réaction iranienne après la mort d’un scientifique travaillant sur le programme nucléaire Iranien attaqué dans son véhicule + réaction d’Hassan Rohani (France 24 + AFP, 28 novembre 2020)

Références musicales 

  • « Thrown » par Kiasmos (Erased Tapes)
  • « מודעות עצמית » (traduction : « Conscience de soi ») de la chanteuse israélienne Kiki Malinki (autoproduit)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation