Le Président britannique de la COP 26 Alok Sharma commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale en marge de la Cop 26 à Glasgow le 11 novembre 2021.
Le Président britannique de la COP 26 Alok Sharma commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale en marge de la Cop 26 à Glasgow le 11 novembre 2021. ©AFP - Ben STANSALL
Le Président britannique de la COP 26 Alok Sharma commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale en marge de la Cop 26 à Glasgow le 11 novembre 2021. ©AFP - Ben STANSALL
Le Président britannique de la COP 26 Alok Sharma commémore l’armistice de la Première Guerre mondiale en marge de la Cop 26 à Glasgow le 11 novembre 2021. ©AFP - Ben STANSALL
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Alors que les preuves de l'implication humaine dans le réchauffement climatique sont irréfutables, les accusations d’immobilisme à l’encontre de leaders mondiaux priorisant économie et puissance nationale s’accumulent.

Avec
  • Laurence Tubiana Directrice de la Fondation européenne pour le climat, professeure à Sciences Po Paris et à l’université de Columbia
  • Audrey Millet Historienne, chercheuse en poste à l’Université d’Oslo, spécialiste des écosystèmes de la mode

Le dernier rapport du GIEC l’a rappelé avec force et gravité : il n’est plus question de douter du rôle de l’homme dans le réchauffement climatique constaté depuis plusieurs décennies. L’heure est plutôt à mettre en place le plus rapidement possible des politiques coordonnées au niveau mondial pour endiguer ce phénomène. Et c’est justement là où le bât blesse, en témoigne la détresse du président de la Cop26 qui s’est tenue à Glasgow le mois dernier. Au-delà des engagements pris au cours du sommet, l’inquiétude des opinions publiques croît à mesure que les accusations d’immobilisme à l’encontre des leaders mondiaux s’accumulent.

Pourtant, la question climatique est incontestablement mise à l’agenda par les grandes puissances. Etats-Unis, Europe, Chine, Inde ou encore Japon, tous ont pris des engagements pour réduire leurs émissions carbone dans un horizon proche. De contrainte étouffante pour l’économie, la lutte contre le changement climatique serait-elle en passe de devenir un nouvel instrument de puissance ? Comment faire pour que cette nouvelle compétition verte qui semble se dessiner contribue au bien commun sans virer au greenwashing, au conflit ou à la guerre commerciale ? Et quel rôle les instances internationales peuvent-elles jouer dans la construction d’un nouvel ordre mondial climatique ?

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Aujourd’hui, les patrons des entreprises, autant ceux qui agissent que ceux qui font du greenwashing, ont une place publique mais personne ne leur demande rien. Ils ne font pas l’objet de vérification ou d’engagements contraignants, alors que les pays sont obligés de donner des chiffres. Laurence Tubiana

Florian Delorme reçoit Laurence Tubiana, directrice de la Fondation européenne pour le climat, professeure à Sciences Po Paris et à l’université de Columbia.

Premier focus

Mode et climat : quelle réponse mondiale ?

Femmes fouillant parmi les tonnes de vêtements abandonnés dans le désert d’Atacama à Alto Hospicio, Iquique, au Chili le 26 septembre 2021.
Femmes fouillant parmi les tonnes de vêtements abandonnés dans le désert d’Atacama à Alto Hospicio, Iquique, au Chili le 26 septembre 2021.
© AFP - MARTIN BERNETTI

Deuxième industrie la plus émettrice de CO2 après le pétrole, l’industrie de la mode consommerait 4% des ressources d’eau potables mondiales, mobilise des transports énergivores et comporte un risque sanitaire élevé. Malgré les engagements pris par les multinationales du secteur, la production de vêtements continue de s’emballer au rythme de labels éthiques douteux, tandis que les effets de la pollution sont toujours relégués dans les ateliers du monde. Comment s’organise l’industrie de la « mode jetable » ? Quelles sont les réponses mondiales au coût environnemental de la mode, pourquoi sont-elles limitées et en quoi occultent-elles le coût social de la fast fashion

Le problème du Fashion Pact, c’est qu’il y a des absents : LVMH, qui est le plus grand groupe de luxe, Canada Goose… Et si ce Fashion Pact s’intéresse aux océans, au climat et à la diversité, il y a très peu de contraintes en réalité. Audrey Millet

Avec Audrey Millet, historienne, chercheuse en poste à l’Université d’Oslo, spécialiste des écosystèmes de la mode.

Second focus

Déchets plastiques : enjeu environnemental, commerce mondial

Travailleurs mettant en sac des granulés de plastique recyclé destinés à être vendus, à Lhokseumawe, Aceh le 20 septembre 2021.
Travailleurs mettant en sac des granulés de plastique recyclé destinés à être vendus, à Lhokseumawe, Aceh le 20 septembre 2021.
© AFP - Azwar Ipank

En 2020, 360 millions de tonnes de plastique ont été consommées sur la planète, dont une partie, produite par les puissances du Nord, a ensuite été exportée contre rétribution dans des pays à plus faibles revenus en Asie. Une délocalisation qui n’est pas sans conséquences environnementales pour ces pays, et face à laquelle certains tentent de légiférer pour limiter les quantités de déchets qui arrivent sur leur sol. 

Premier importateur au monde, la Chine a par exemple strictement banni la pratique en 2018 tandis que, à l’autre bout de la chaîne, l’Union européenne interdit depuis le 1er janvier dernier l’exportation de déchets plastiques dans les pays à faibles revenus. Face à ces tentatives de régulation d’un marché aux conséquences écologiques néfastes pour les pays importateurs, comment les flux s’ajustent-ils au gré des différentes législations ? Quel cadre mondial régit ce business de sous-traitance ? Et comment ce commerce extrêmement lucratif est-il devenu la proie d’organisations criminelles ? 

Le commerce des déchets a diminué. Une partie plus importante des déchets est donc traitée par les pays eux-mêmes. On observe aussi une réorganisation du commerce à l’intérieur de l’UE, avec semble-t-il une forme de spécialisation entre les différents pays. Benoît Schmutz

Avec Benoît Schmutz, professeur à l’école Polytechnique de Paris, membre du Centre de recherche en économie et en statistique.

Références sonores

  • Extrait du discours de Joe Biden lors de la COP 26 qui s’est tenue à Glasgow (ABC News, 1er novembre 2021)
  • Extrait du discours de Greta Thunberg lors de cette même COP 26 dans lequel elle se moque du « blabla » des promesses non-tenues en matière climatique (NBC News, 29 septembre 2021)
  • Alok Sharma, le président de la COP 26, tenait à s’excuser à l’issue de celle-ci (AFP, 13 novembre 2021)
  • Lors d’un déplacement à Yangzhou en novembre 2020, Xi Jinping évoquait la civilisation environnementale chinoise (CGTN, 14 novembre 2020)
  • Patrice Louvet, PDG de Ralph Lauren, puis François Henri-Pinault, PDG du groupe Kering et chargé par Emmanuel Macron d’initier le Fashion Pact, décrivent les objectifs du Pacte. Celui-ci a été présenté le 26 août 2019 aux chefs d’Etat réunis dans le cadre du Sommet du G7 à Biarritz (Extrait vidéo institutionnelle, 2019)

Références musicales

  • « Transistor » de Radian (Label : Thrill Jockey)
  • « Carbon Bubble » de Baba Brinkman sorti sur son disque « The Rap Guide to Climate Chaos » (Label : autoproduit)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Tina Iung
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation