Le premier ministre Boris Johnson et son ministre des finances Rishi Sunak lors de la première réunion du nouveau cabinet le 14 février 2020 ©AFP - Matt Dunham
Le premier ministre Boris Johnson et son ministre des finances Rishi Sunak lors de la première réunion du nouveau cabinet le 14 février 2020 ©AFP - Matt Dunham
Le premier ministre Boris Johnson et son ministre des finances Rishi Sunak lors de la première réunion du nouveau cabinet le 14 février 2020 ©AFP - Matt Dunham
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Résumé

Pionnière néolibérale en Europe, la Grande-Bretagne le restera-t-elle après le Brexit ? ? Est-elle arrivée au bout du processus de dérégulation lancée par Margaret Thatcher, ou va-t-elle au contraire profiter de sa sortie de l’Union européenne pour le parfaire ?

avec :

Nicolas Sowels (Maître de conférences en civilisation britannique à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, spécialiste des économies anglo-saxonnes), Catherine Mathieu (économiste à l’OFCE, spécialiste du Royaume-Uni), Anémone Kober-Smith (Professeur de civilisation britannique à l'Université Sorbonne Paris Nord, membre du laboratoire Pléiade).

En savoir plus

Le Chancelier de l’Echiquier britannique Rishi Sunak a présenté hier le premier budget post-Brexit du Royaume.
Si le coronavirus, qui a frappé de plein fouet l’économie outre-Manche, a un peu bousculé les priorités du gouvernement, on y retrouve les grandes orientations précédemment annoncées par Boris Johnson.

D’un côté, la réduction, voire la suppression de certaines taxes, allant de celle sur les baux commerciaux à la TVA, de l’autre, un vaste plan d’investissement destiné à réhabiliter et désenclaver les régions sinistrées du Nord de l’Angleterre, qui ont inhabituellement voté conservateur aux dernières élections, et que les Tories comptent bien fidéliser.

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Bref un équilibre entre dépense tout en réduisant la charge fiscale.
Une double perspective qui illustre le moment charnière que traverse actuellement le modèle néolibéral britannique.

Alors que celui-ci est régulièrement accusé d’avoir conduit au Brexit en paupérisant les oubliés de la mondialisation, Boris Johnson promet de rendre à ces derniers leur part du gâteau, à travers un programme d’infrastructures aux accents étonnamment keynésien pour un conservateur.

Mais il promet également que c’est par un libre-échange sans entrave, non seulement avec l’Europe, mais également avec ses autres partenaires mondiaux, de la Nouvelle-Zélande aux Etats-Unis, que la Grande-Bretagne pourra « libérer son potentiel ».

Et si l’UE n’acceptait pas de jouer le jeu, la menace de faire de Londres un « Singapour-sur-Tamise » complètement dérégulé continue d’être brandie.

Pionnière néolibérale en Europe, la Grande-Bretagne, le restera-t-elle après le Brexit ? Peut-elle atteindre le statut de pivot du libre-échange mondial auquel elle aspire tout en relançant l’investissement public ?
Est-elle arrivée au bout du processus de dérégulation lancée par Margaret Thatcher, ou va-t-elle au contraire profiter de sa sortie de l’Union européenne pour le parfaire ?

Boris Johnson est clair sur ses intentions, il a présenté un budget avec un plan d’investissement important en infrastructures pour désenclaver le nord de l’Angleterre tout en s’ouvrant sur le vaste monde avec le libre échange pour bien montrer que le Brexit ce n’est pas la fermeture. Le budget d’hier est une confirmation des intentions de campagne de Johnson. Catherine Mathieu 

Historiquement, le parti conservateur a toujours été très pragmatique, il faut se maintenir au pouvoir. Dès lors, depuis la conquête des régions du Nord, s’il faut emprunter à bas taux sur les marchés financiers les conservateurs vont maintenir une certaine flexibilité sur les investissements dans ces régions pour fidéliser ce nouvel électorat. Nicholas Sowels 

59 min

Ce sera compliqué de revenir à une compression des dépenses publiques comme dans les années 2010. Nicholas Sowels 

Le Royaume Uni a déjà beaucoup fait, au sein de l’UE, pour dérèglementer, il n’y a qu’à voir les taux d’imposition des entreprises. Si l’UE garantit un accès financier aux britanniques, ils ne déréguleront pas trop, à l’inverse, si les européens se montrent trop durs, le « Singapour sur Tamise » pourrait prendre forme. Catherine Mathieu 

58 min

Une émission préparée par Margaux Leridon. 

Extraits sonores

- Extrait du discours de Boris Johnson à propos du libre-échange et des relations commerciales futures avec l’Union européenne (France 24, 03 février 2020)

- En janvier dernier Michel Barnier mettait en garde contre le risque d'une rupture brutale des échanges entre le Royaume-Uni et l'Union européenne s'ils ne parviennent pas à s'entendre cette année sur leur future relation après le Brexit (AFP, 20 janvier 2020)

- Donald Trump en visite à Londres en décembre dernier félicitait Boris Johnson à propos de sa victoire et se réjouissait des futurs accords commerciaux (The Independent, 14 décembre 2019)

- Franck Le Doussal, patron-pêcheur français et deux patrons-pêcheurs britannique s’expriment à propos de l’interdiction de pêche pour les Français dans les eaux de Guernesey (France 24 + France 2, 02 février 2020)

- Dans une vidéo, Boris Johnson chantant « Happy birthday » afin de convaincre les gens de se protéger du coronavirus (The Telegraph, 06 mars 2020)

Extraits musicaux 

-  musique en tapis : « Bees » de Caribou (label : Leaf)

- « Full english Brexit » de Billy Bragg (label : Cooking vinyl)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Hélaine Lefrançois
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation