Des véhicules endommagés par les clashs entre des groupes armés rivaux à Tripoli, Libye, le 27/08/22
Des véhicules endommagés par les clashs entre des groupes armés rivaux à Tripoli, Libye, le 27/08/22 ©AFP - Mahmud Turkia
Des véhicules endommagés par les clashs entre des groupes armés rivaux à Tripoli, Libye, le 27/08/22 ©AFP - Mahmud Turkia
Des véhicules endommagés par les clashs entre des groupes armés rivaux à Tripoli, Libye, le 27/08/22 ©AFP - Mahmud Turkia
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Les 27 et 28 août derniers, des combats en plein centre de Tripoli ont fait une trentaine de morts, une nouvelle preuve que les groupes armés continuent de proliférer en Libye et se livrent une compétition féroce pour le contrôle du territoire et des ressources du pays.

Avec
  • Wolfram Lacher Politologue, chercheur à l’Institut allemand des Affaires internationales et de Sécurité
  • Chloé Berger Chercheuse indépendante, ancienne membre du Collège de Défense de l’Otan, spécialiste des questions sécuritaires au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.
  • Raphaëlle Guillon Membre de l’ONG néerlandaise Dialogue Advisory Group (ONG de médiation dans les conflits) et ancienne conseillère politique auprès de la mission de l’ONU en Libye entre 2016 et 2021

32 morts et plus de 160 blessés selon les autorités, des voitures brûlées et une ville sous le choc : c’est le résultat des affrontements qui se sont déroulés en plein cœur de Tripoli, la capitale libyenne, les 27 et 28 août dernier. A l’origine de ces violences : des combats entre groupes armés affiliés à des clans politiques rivaux. D’un côté celui de Abdelhamid Dbeibah, qui occupe le poste de Premier Ministre depuis mars 2021 et Fatih Bachagha, élu à ce même poste en février par le Parlement de Tobrouk. Pour tenter de s‘imposer, les deux hommes s’appuient sur de nombreuses milices qui ont proliféré dans le pays depuis la chute de Mouammar Kadhafi au point de devenir des acteurs incontournables de la vie politique.

Mais quel rôle jouent vraiment les milices en Libye ? Comment sont-elles organisées, financées ? Peut-on espérer reconstruire le pays et retrouver la Paix sans reconstruire une institution militaire nationale digne de ce nom ? Et enfin comment la population vit-elle cette situation, prise au piège des seigneurs de guerre ?

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Pour répondre à ces questions, Florian Delorme reçoit Wolfram Lacher, politologue et chercheur à l’Institut allemand des Affaires internationales et de Sécurité ainsi que Chloé Berger, chercheuse indépendante, ancienne membre du Collège de Défense de l’Otan et spécialiste des questions sécuritaires au sein de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord.

"Le conflit de la Libye n'intervient pas dans une bulle. On entend beaucoup parler par exemple de la Russie et de la Turquie pour un potentiel accord de cessez-le-feu. " observe Chloé Berger au sujet de l'interférence des puissances étrangères dans le conflit.

"Les milices qui sont dans le centre de Tripoli exercent une influence très importante sur les institutions étatiques et ont commencé à infiltrer ses institutions depuis quelques années déjà." explique Wolfram Lacher à propos du rapport de ces milices au pouvoir politique.

Seconde partie : le focus du jour

La société civile libyenne en colère

Des libyens réunis à Tripoli pour manifester contre la situation politique du pays et les conditions de vie terribles, le 01/07/22
Des libyens réunis à Tripoli pour manifester contre la situation politique du pays et les conditions de vie terribles, le 01/07/22
© AFP - Mahmud Turkia

Le 1er juillet le siège du Parlement de Tobrouk, à l’Est de la Libye, était pris d’assaut et partiellement incendié par des manifestants. A Tobrouk mais aussi dans plusieurs autres villes du pays la population a exprimé sa colère contre une classe dirigeante incapable de sortir de ses querelles ni de répondre aux besoins essentiels de la population. Face aux coupures de courant, à l’inflation et au manque de services publics de base les libyens tentent de faire entendre de leur voix. Mais quelle place pour ces mouvements et ces revendications dans un système verrouillé d’un côté par les clans politiques de l’autre par les groupes armés ? Jusqu’où les manifestants peuvent-il s’exprimer sans crainte de représailles de la part des groupes armés ?

Avec Raphaëlle Guillon, membre de l’ONG néerlandaise Dialogue Advisory Group (ONG de médiation dans les conflits) et ancienne conseillère politique auprès de la mission de l’ONU en Libye entre 2016 et 2021.

"Les manifestations de juillet sont le résultat de cet absence de changement et de l'impasse politique.", analyse Raphaëlle Guillon.

Références sonores

  • Déclaration de Fathi Bashagha ( page facebook de l'homme politique libyen - 09/08/22)
  • Témoignage d'un habitant de Tripoli suite aux violences du mois août ( africanews.com - 29/08/22)
  • Des civils appellent à la fin des violences ( africanews.com - 29/08/22)
  • Déclaration de Dbeibah après les combats dans Tripoli ( africanews.com - 29/08/22)
  • Défilé militaire à Tripoli à l’occasion du 82e anniversaire de la création de l’armée libyenne ( AP Archive - 09/08/22)
  • Témoignage d'un ras-le-bol chez les jeunes à Tobrouk (France24 - 01/07/22)

Références musicales

  • "Shubhana" d'Ahmed Ben Ali
  • "Arched Bay Window" de Chamberlain

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Léa Capuano
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration