Un homme suspecté d'avoir pris part à un acte terroriste gît sur le sol après avoir été battu à mort par la foule devant la base militaire de Kati, Mali (07/22) ©AFP
Un homme suspecté d'avoir pris part à un acte terroriste gît sur le sol après avoir été battu à mort par la foule devant la base militaire de Kati, Mali (07/22) ©AFP
Un homme suspecté d'avoir pris part à un acte terroriste gît sur le sol après avoir été battu à mort par la foule devant la base militaire de Kati, Mali (07/22) ©AFP
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Résumé

La multiplication des attaques contre l’armée malienne au mois de juillet révèle un défi majeur pour ce pays isolé depuis l'arrivée de la junte militaire au pouvoir : la montée des nombreux groupes armés sur fond d’insécurité grandissante.

avec :

Boubacar Haidara (Chercheur au LAM de Sciences Po Bordeaux, chargé de cours à l’Université de Ségou), Niagalé Bagayoko (Docteure en science politique, diplômée de l'Institut d'Études Politiques (IEP) de Paris et spécialiste des politiques internationales de sécurité et de la réforme des systèmes de sécurité en Afrique de l’Ouest), Tanguy Quidelleur (Chercheur en sciences politiques).

En savoir plus

Depuis 2021 et l’arrivée du colonel Assimi Goïta à la tête du pays, l’Etat malien est concurrencé par l’essor des jihadistes, organisations criminelles et autres groupes d’autodéfenses communautaires qui pullulent sur son territoire. Parmi ces bandes armées, le Groupement de Soutien à l’Islam et aux Musulmans, l’une des deux plus grosses organisations terroristes du pays, qui a coordonné une quinzaine d’offensives contre l’armée malienne fin juillet, dont une dirigée contre le camp militaire de Kati, à quelques encablures de Bamako. Un attentat qui en augure d’autres à en croire les déclarations de l’organisation terroriste, qui promet de frapper la capitale malienne.

58 min

Les forces jihadistes peuvent-elles faire tomber le régime d’Assimi Goïta ? Quelles logiques de subsistance mais aussi d’antagonismes identitaires alimentent la spirale de la violence qui sévit tout particulièrement dans le nord et le centre du pays ?

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Pour répondre à ces questions et à bien d'autres, Florian Delorme reçoit Boubacar Haidara, chercheur au Laboratoire Les Afriques dans le Monde de Sciences Po Bordeaux et Niagalé Bagayoko, présidente de l'African Security Sector Network.

A propos de la reconfiguration du contexte sécuritaire du Mali par le départ des derniers soldats français et par l'arrivée du groupe russe Wagner, Boubacar Haidara affirme: "La principale évolution de la situation sécuritaire au Mali ne se situe pas à partir du retrait français mais depuis le début de l’année 2002. Avec l’arrivée des russes, qu’ils soient instructeurs ou membres de Wagner, on a constaté un changement de démarche, de stratégie, de doctrine militaire sur le terrain malien."

Les invités se sont également exprimés sur les défaillances toujours plus criantes de l'Etat leurs conséquences sur la vie des populations civiles. Niagalé Bagayoko a par exemple expliqué que "le régime se révèle de plus en plus autoritaire, et porte atteinte aux libertés, notamment celle d’expression".

Seconde partie : le focus du jour

Burkina Faso : les groupes armés, soutiens ou rivaux de l’Etat ?

Une manifestation contre l'aggravation de la situation sécuritaire à Ouagadougou au Burkina Faso le 03/07/21
Une manifestation contre l'aggravation de la situation sécuritaire à Ouagadougou au Burkina Faso le 03/07/21
© AFP - Olympia de Maismont

De l’autre côté de la frontière, la menace jihadiste se fait de plus en plus pressante au Burkina Faso. L’Etat, lui aussi régenté par les militaires, tente de la juguler en recourant et surtout en encadrant officiellement les milices civiles d’autodéfense, réunies sous l’étiquette de Volontaires de Défense de la Patrie. Quel rôle ces groupes jouent-ils dans la lutte anti-terroriste, et l’Etat a-t-il réellement les moyens de contrôler leur action ?

Avec Tanguy Quidelleur , doctorant à l'institut des sciences sociales du politique à l'université Paris-Nanterre.

"On assite à un certain découragement des groupes de défense à qui on avait promis du matériel, des armes et lorsqu'on discute avec eux, l'on se rend compte qu'ils ont parfois une arme pour plusieurs et qu'ils sont à la merci des groupes jihadistes." observe Tanguy Quidelleur.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez consulter l'article de Tanguy Quidelleur intitulé Les dividendes de la guerre contre le terrorisme : milicianisation, états et interventions internationales au Mali et au Burkina Faso.

Références sonores

  • Témoignage 3 habitants (Medi 1 TV - 22 juillet 2022)
  • Vidéo de propagande au cours de laquelle Abou Yahya, membre du GSIM annonce de nouvelles attaques (tv5 monde - 28 juillet 2022)
  • Témoignage d’un malien à propos d’un autre attentat du côté de Tessit, sur la zone dite « des 3 frontières (tv5 monde - 11 août 2022)
  • Le ministre des Armées Sadio Camara s’exprimant sur la “montée en puissance” des forces armées maliennes, élément de langage récurrent de Bamako pour rassurer la population quant à la capacité de l’Etat à juguler la menace terroriste (DENON TV - 10 août 2022)
  • Extrait d'un reportage sur les groupements d’autodéfense Koglweogos , un milicien explique les raisons qui l’ont poussé à prendre les armes (Arte - 10 mars 2021)

Références musicales

  • "Lettre ouverte" d'Ami Yèrèwolo (2020)
  • "Signals" de Christian Löffler
Références

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Léa Capuano
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration