Donald Trump, à ce moment-là président des Etats-Unis, était accueilli à bord de l'USS Gerald R. Ford à Norfolk, en Virginie, le 22 juillet 2017.
Donald Trump, à ce moment-là président des Etats-Unis, était accueilli à bord de l'USS Gerald R. Ford à Norfolk, en Virginie, le 22 juillet 2017.  ©AFP - JIM WATSON
Donald Trump, à ce moment-là président des Etats-Unis, était accueilli à bord de l'USS Gerald R. Ford à Norfolk, en Virginie, le 22 juillet 2017. ©AFP - JIM WATSON
Donald Trump, à ce moment-là président des Etats-Unis, était accueilli à bord de l'USS Gerald R. Ford à Norfolk, en Virginie, le 22 juillet 2017. ©AFP - JIM WATSON
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Le porte-avions est l’outil de projection de puissance par excellence. S’il est souvent critiqué (trop lourd, trop coûteux, trop repérable), il est rarement abandonné. Au contraire, il fait même l’objet, depuis quelques années, d’une course technologique renouvelée entre puissances navales.

Avec
  • Hugues Eudeline Ancien officier de marine, ingénieur, docteur en histoire de l’École pratique des hautes études, vice-président de l’Institut Jacques Cartier et membre correspondant de l’Académie royale de marine suédoise.
  • Guibourg Delamotte Chercheuse en science politique
  • Martin Motte Historien, directeur d’études à l’École pratique des Hautes études, spécialiste des questions navales

En juillet 2017, Donald Trump faisait l'éloge du dernier porte-avions de la marine américaine, inauguré la même année, l'USS Gerald R. Ford. Ce navire à propulsion nucléaire qui porte le nom du trente-huitième président des Etats-Unis, est le plus gros porte-avions du monde et est équipé d’une nouvelle technologie de catapulte électromagnétique. Un navire non seulement capable de faire décoller des avions de combat depuis n’importe quel océan, mais aussi de faire porter le message de la supériorité incontestable de la marine américaine.  

Les porte-avions n’ont pourtant pas toujours été considérés comme les pièces maitresses de la stratégie militaire des grandes puissances. Trop lourds, trop coûteux, trop repérables, ils se voient régulièrement prédire une fin de règne par toutes sortes d’observateurs. Pourtant, ils font l’objet de nombreuses convoitises et l'on assiste ces dernières années à une véritable course technologique. A ce jeu, les Etats-Unis gagnent sans débat avec leurs onze bâtiments. La Royal Navy en possède deux, autant que la Chine, qui se prépare à en mettre un troisième en service. L’Inde et la Russie sont aussi sur les rangs. Quant à la France, elle n’a certes qu’un porte-avion, le Charles-de-Gaulle, mais celui-ci est doté d’un système de catapultes qui permet de lancer des avions bien plus lourds qu’une simple piste de décollage.  

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Comment le porte-avion s’est-il imposé comme atout incontournable d’une puissance maritime ? Quels en sont ses atouts et ses faiblesses ? La course à l’équipement lancée notamment par la Chine pourrait-elle fragiliser la position américaine ? 

Au début de la guerre du Pacifique, en 1941, on voit le porte-avions comme celui qui ouvre la voie au cuirassé afin de prendre l’initiative de l’attaque. A la fin de la guerre, au contraire, c’est le cuirassé qui met sa puissance de feu antiaérienne au service de la protection rapprochée du porte-avions qui est devenu le principal bâtiment de combat. Martin Motte

Un avion de chasse rafale décolle du porte-avions français Charles de Gaulle naviguant en mer Méditerranée, le 29 septembre 2016.
Un avion de chasse rafale décolle du porte-avions français Charles de Gaulle naviguant en mer Méditerranée, le 29 septembre 2016.
© AFP - ERIC FEFERBERG

Seconde partie - les focus du jour 

Les fulgurants progrès des porte-avions chinois

Dépourvue de porte-avions jusqu’au début des années 2010, la Chine se prépare à mettre en service son troisième navire. En une décennie, elle s’est imposée comme l’un des leaders de la course technologique en la matière, élaborant pour ce nouveau bâtiment une catapulte électromagnétique. Cet activisme s’inscrit dans le cadre d’une  expansion globale de la puissance navale chinoise, entre besoin de sécuriser les routes commerciales et volonté d’intimidation de Taïwan. 

Le porte-avions est absolument nécessaire pour la Chine. Dans un premier temps, pour l’attaque éventuelle de Taïwan. Dans un second temps, pour protéger son commerce maritime puisque la Chine a désormais une base à Djibouti et vient de construire un grand quai, prévu pour accueillir son grand porte-avions ainsi que le ravitailleur d’escadre qui l’accompagne. Hugues Eudeline

Le retour des porte-avions japonais

Face à la montée en puissance de la Chine, le Japon a décidé de se doter à son tour de porte-avions. Plus précisément, Tokyo souhaite adapter ses porte-hélicoptères pour y embarquer des avions de chasse. Annoncée en 2018, cette décision est un tournant pour la marine japonaise, extrêmement limitée depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. En effet, si les porte-avions japonais avaient joué un rôle déterminant dans les batailles du Pacifique, la Constitution adoptée à l’issue du conflit prévoit que le pays renonce définitivement à la guerre. 

La flotte japonaise se construit en réaction aux évolutions chinoises, l’intervention de ces porte-avions vient pour bloquer une avancée de la Chine vers le Pacifique ou autour de Taïwan. Du point de vue japonais, on se défend contre une potentielle agression.  __Guibourg Delamotte

Une émission préparée par Margaux Leridon. 

Références sonores

  • Extrait du discours de Donald Trump lors de l’inauguration du nouveau porte-avions USS Gerald R. Ford en juillet 2017 (The Telegraph, 23 juillet 2017)
  • Témoignage de Richard Best, pilote de bombardier, relatant l’attaque d’un porte-avion japonais lors de la bataille de Midway qui eut lieu le 07 juin 1942.
  • Le capitaine de vaisseau Pierre Vandier, commandant du Charles de Gaulle, explique que sa mission consiste à coordonner différentes communautés au sein du porte-avion.
  • En août 2018 à la télévision chinoise, Liu Zhe, le commandant du porte-avions chinois Liaoning, raconte son serment de commander un porte-avion suite à un échange avec un commandant américain. (CGTN, 19 août 2018)
  • Extrait du discours de Shinzo Abe lors de la visite de Donald Trump en mai 2019 à bord du destroyer J. S. Kaga. Ce bâtiment doit être transformé pour devenir à terme un porte-avions. (Bloomberg, 28 mai 2019)

Références musicales 

  • « Welt am draht » de Pantha du Prince (Label : Rough Trade)
  • « See my boat » de Rozi Plain (Label : Alter K)

L'équipe

Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Lucas Lazo
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation