Emmanuel Macron lors d'un sommet de l'Union européenne (UE) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 décembre 2021.
Emmanuel Macron lors d'un sommet de l'Union européenne (UE) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 décembre 2021. ©AFP - JOHN THYS
Emmanuel Macron lors d'un sommet de l'Union européenne (UE) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 décembre 2021. ©AFP - JOHN THYS
Emmanuel Macron lors d'un sommet de l'Union européenne (UE) au bâtiment du Conseil européen à Bruxelles, le 17 décembre 2021. ©AFP - JOHN THYS
Publicité

La présidence française du Conseil de l’Union européenne a débuté le 1er janvier sous l'égide d'Emmanuel Macron. Mais présider cette institution permet-il réellement de faire avancer la politique de l'UE ou est-ce simplement un atout dans la course à la présidentielle de cette année ?

Avec
  • Marion Gaillard Historienne, spécialiste des relations franco-allemandes et des questions européennes et maître de conférences à Sciences-Po Paris
  • Christian Lequesne Professeur à Sciences Po et spécialiste des questions de diplomatie
  • Paul Gradvohl Historien, professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Hongrie

Depuis le 1er janvier, Emmanuel Macron a officiellement pris la tête de la présidence du Conseil de l’Union Européenne. Une occasion rêvée pour le président français de faire avancer ses idées et ses ambitions. 

Le 8 décembre dernier, il avait d’ailleurs présenté ses ambitions lors d’une conférence de presse : « S’il faut résumer en une phrase l’objectif de cette présidence (…), je dirais que nous devons passer d’une Europe de coopération à l’intérieur de nos frontières à une Europe puissante dans le monde, pleinement souveraine, libre de ses choix et maître de son destin ». 

Publicité

Il a ensuite été question de Défense européenne, de repenser le cadre budgétaire de l’Europe, de réformer Schengen afin de mieux protéger ses frontières, de renforcer la coopération entre l’UE et l’Afrique en développant un « New Deal » entre nos deux continents et même d’un éventuel service civique européen. En bref, les ambitions ne manquent pas. La question est maintenant de savoir s’il sera possible de les mener à bien. 

Que peut-on attendre de cette présidence française du Conseil de l’Union Européenne ? Sur quels sujets pourrions-nous obtenir des avancées ? A quoi nos partenaires sont-ils prêts ? On note également que l’Allemagne vient de se doter d’un nouveau chancelier à la tête d’un gouvernement très pro-européen : s’agirait-il d’une fenêtre de tir permettant au moteur franco-allemand de mettre le Paquebot européen en mouvement ?

Macron est sur le fil entre afficher une europhilie qui lui permet de se distinguer de ses adversaires et de mettre en avant une idée de continuité en Europe, et ne pas aller trop loin au risque de se faire tacler par sa gauche et sa droite. Marion Gaillard

Je ne suis pas sûr que l’on puisse faire une grande politique mémorielle européenne. Ne serait-ce que parce que le « passé douloureux » représente pour certains Etats la deuxième Guerre mondiale, les Allemands et les Nazis, et pour d’autres l’expérience stalinienne. Christian Lequesne

Florian Delorme reçoit Marion Gaillard, historienne, spécialiste des relations franco-allemandes et des questions européennes et maître de conférences à Sciences-Po Paris et Christian Lequesne, professeur à Sciences Po Paris et spécialiste des questions de diplomatie.

Seconde partie : le focus du jour 

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban donnent une conférence de presse conjointe à Budapest le 13 décembre 2021.
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre hongrois Viktor Orban donnent une conférence de presse conjointe à Budapest le 13 décembre 2021.
© AFP - ATTILA KISBENEDEK

Pour la dernière étape de sa tournée des 27 avant de prendre la présidence de l’Union européenne, Emmanuel Macron s’est rendu à Budapest, le 13 décembre dernier, la première d’un chef d’État français depuis 2007 en Hongrie. Le président de la République a rencontré le Premier ministre, Viktor Orban, qu’il décrit comme un "adversaire politique" mais un "partenaire européen", ainsi que l’opposition hongroise au gouvernement. Chef de file de camps opposés dans l'Union européenne, l'europhile Emmanuel Macron et le nationaliste Viktor Orban ont pourtant affiché leur entente et les deux hommes, qui s'étaient rencontrés à Paris en 2019, ont préféré mettre en avant leur alliance sur des sujets comme le nucléaire ou la défense européenne, au programme de la présidence française de l'UE. Cette rencontre s’est effectuée dans le cadre d’un sommet des pays du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie).

Ces deux chefs d’État qui aiment tant s’ériger en adversaires face aux médias ont-ils des visions sur la politique européenne si irréconciliables ? La présidence française de l’UE peut-elle infléchir la politique souverainiste et europhobe de Budapest ?

En avril, [Emmanuel Macron et Viktor Orbán] seront soumis à des élections. L’un et l’autre peuvent astucieusement utiliser le personnage de l’opposant pour se mettre eux-mêmes en valeur. Paul Gradvohl

Avec Paul Gradvohl, historien et professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, spécialiste de la Hongrie.

Références sonores

  • Extrait de l’allocution d’Emmanuel Macron lors de la présentation de la présidence française du Conseil de l’Union européenne (09 décembre 2021)
  • Le chancelier allemand Olaf Scholz lors de la conférence de presse commune à l’Elysée le 10 décembre dernier (France 24, 10 décembre 2021)
  • Déclaration conjointe du Premier ministre hongrois Viktor Orbán et du Président Emmanuel Macron le 13 décembre dernier lors de la visite de ce dernier à Budapest afin de participer au sommet du groupe de Visegrád (Extrait discours officiels, 13 décembre 2021)

Références musicales

  • « Blind » de Christian Löffler (Label : Ki records)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Léa Sabourin
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation