La directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva et les présidents français, Emmanuel Macron, sénégalais, Macky Sall, et de RDC, Félix Tshisekedi, au sommet à Paris, le 18 mai 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN / POOL
La directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva et les présidents français, Emmanuel Macron, sénégalais, Macky Sall, et de RDC, Félix Tshisekedi, au sommet à Paris, le 18 mai 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN / POOL
La directrice générale de la Banque mondiale Kristalina Georgieva et les présidents français, Emmanuel Macron, sénégalais, Macky Sall, et de RDC, Félix Tshisekedi, au sommet à Paris, le 18 mai 2021. ©AFP - LUDOVIC MARIN / POOL
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Résumé

Le 18 mai se tenait à Paris le sommet sur le financement des économies africaines. L'occasion pour de nombreux politiques et intellectuels africains d'appeler à repenser les mécanismes de l'aide au développement sur une base plus équitable, au sein de laquelle l'Afrique aurait aussi son mot à dire.

avec :

Gilles Yabi (économiste et politiste, fondateur et directeur de WATHI, think tank citoyen, participatif et multidisciplinaire sur les dynamiques ouest-africaines et ancien journaliste à Jeune Afrique), Cheikh Guèye (Homme politique sénégalais), Haidar El Ali (Ministre de l’écologie et de la protection de la nature du Sénégal, directeur de l’Océanium de Dakar.).

En savoir plus

Plus d’une trentaine de chefs d’Etats africains étaient réunis à Paris, ce 18 mai, lors du sommet sur les économies africaines pour discuter des besoins de financement du continent face à la crise sociale et économique provoquée par la pandémie. Si le Président Macron, à l’initiative de l’événement, s’est félicité de la mise en place d’un « new deal » pour les pays africains, d’autres voix plus critiques se sont également fait entendre, à l’instar du Président sénégalais Macky Sall qui plaide pour de nouvelles relations basées sur la « co-construction » plutôt que sur la dépendance et l’assistanat. 

Des intellectuels et des économistes africains ont également rappelé que le continent ne demandait pas la charité et méritait d’être traité sur un pied d’égalité. Il faut dire que l’aide au développement est de plus en plus critiquée. Certains dénoncent son inefficacité, tandis que d’autres soulignent son effet de mise sous tutelle.
Mardi 25 mai, la première édition du Rapport Alternatif sur l’Afrique (RASA) est parue à Dakar à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Afrique. Ses auteurs se sont demandés comment l’Afrique peut reprendre son destin en main et faire entendre sa voix. Pour la première fois, ce rapport propose un état des lieux du continent par et pour les africains. Intellectuels, chercheurs et acteurs de la société civile se sont interrogés sur « Les souverainetés des sociétés africaines face à la mondialisation » et sur les solutions que l’Afrique pouvait elle-même élaborer à ses problèmes.

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Faut-il voir dans cette initiative les bases de nouveaux rapports entre les pays africains et leurs partenaires ? Ces voix critiques seront-elles assez fortes pour pousser à revoir les mécanismes de l’aide au développement et en corriger les failles ? Les sociétés africaines ont-elles enfin leur mot à dire sur les modèles de développement économiques et sociaux qu’elles souhaitent mettre en place pour leur avenir ?

Conversation avec Cheikh Guèye, géographe, coordinateur de la Plateforme Stratégique Commune de l’ONG sénégalaise « Enda Tiers Monde » et contributeur au Rapport Alternatif Sur l’Afrique (RASA) et Gilles Yabi, économiste et politiste, fondateur et directeur de WATHI, think tank citoyen, participatif et multidisciplinaire sur les dynamiques ouest-africaines et ancien journaliste à Jeune Afrique.

Consultez le rapport Alternatif sur l'Afrique dont la version 1 est parue mardi 25 mai : ici.  

La déconnexion ne veut pas dire l’autarcie, il s’agit d’une forme d’intelligence pour reprendre des secteurs économiques et les relocaliser. Par exemple, pour l’agriculture, l’idée est d’éviter l’envahissement des terres paysannes les plus fertiles par des compagnies internationales venant d’Europe, d’Asie ou d’ailleurs, car cela génère des conflits et nous empêche d’accéder à l’autosuffisance alimentaire. Cheikh Guèye

Dans le rapport, on parle des souverainetés africaines : la dynamique régionale et panafricaine est très importante. C’est pourquoi, pour l’agriculture, il y a un premier niveau avec les politiques nationales, puis la coordination des politiques à l’échelle d’une organisation comme la CEDEAO en Afrique de l’Ouest pour connecter les dynamiques de chacune des régions du continent. Gilles Yabi

Seconde partie - Le focus du jour 

Lancée en 2009 la grande muraille verte est un projet de lutte contre la désertification et le réchauffement climatique qui, du Sénégal à Djibouti, concerne 11 pays de la bande sahélienne. Objectif : planter des arbres et réhabiliter les terres de cette région aride. Un projet colossal, faisant l’objet de toutes les attentions au niveau international et impliquant de nombreux financeurs comme l’Union européenne, la Banque Mondiale ou les Nations Unies. 

Pourtant, 14 ans après son lancement le projet est loin d’atteindre ses objectifs. En 2020 selon un rapport d’évaluation seulement 4 millions d’hectares de terre ont été aménagés sur les 100 millions visés pour 2030. Quelles en sont les raisons ? Et comment expliquer ce décalage entre les moyens investis et ce qui se passe réellement sur le terrain ?

Nous avons posé la question à Haïdar El Ali, ancien ministre de l’environnement du Sénégal, directeur de l’agence sénégalaise de la reforestation et de la grande muraille verte. Au micro de Mélanie Chalandon. 

A écouter sur le même sujet, le reportage de Nathanaël Charbonnier : ici. 

Concernant le Fond vert pour le climat, nous n’y avons jamais eu accès. Je tiens à rappeler qu’au Sénégal, nous avons le plus grand projet de restauration des forêts de mangroves des zones humides de la planète : 20 000 hectares ont été plantés pour éviter l'avancée du sel dans les champs de riz, alors nous savons de quoi nous parlons en matière de reboisement. Actuellement, nous n’avons pas accès au Fond vert pour le climat, et c’est de même avec les fonds de Macron. En réalité, il n’y a rien et personne sur le terrain. Haïdar El Ali

55 min

Une émission préparée par Mélanie Chalandon.

Références sonores

  • Intervention du président sénégalais Macky Sall au sommet de Paris sur le financement des économies africaines (infos15, 19 mai 2021) 
  • Auditionné au Sénat, le ministre des Affaires étrangères, Jean Yves Le Drian, a présenté le projet de loi relatif au développement solidaire et à la lutte contre les inégalités mondiales. Le pilotage des aides a fait l’objet de nombreuses questions de la part des sénateurs qui souhaitent un recadrage. (Public Sénat, 08 novembre 2021)
  • En Afrique, le désert du Sahara avance inexorablement. Les sécheresses qui se succèdent depuis les années 1960 dans la zone sahélienne, la déforestation et le surpâturage en sont les principales causes. L’écologiste Haidar El Ali, directeur général de l'Agence sénégalaise de la Reforestation et de la Grande muraille verte, continue de tirer la sonnette d’alarme. (CGTN, 29 mars 2021 )

Références musicale

  • "Ma-ma" de Ballake SISSOKO & Vincent SEGAL, album : Chamber music 
  • "Dernier appel" de TIKEN_JAH_FAKOLY
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation