Militants du « Québec Libre » manifestant à la Malbaie lors du Sommet du G7, le 9 juin 2018.
Militants du « Québec Libre » manifestant à la Malbaie lors du Sommet du G7, le 9 juin 2018. ©AFP - MARTIN OUELLET-DIOTTE
Militants du « Québec Libre » manifestant à la Malbaie lors du Sommet du G7, le 9 juin 2018. ©AFP - MARTIN OUELLET-DIOTTE
Militants du « Québec Libre » manifestant à la Malbaie lors du Sommet du G7, le 9 juin 2018. ©AFP - MARTIN OUELLET-DIOTTE
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Après vingt ans de bataille juridique acharnée, la question de l'indépendance du Québec connaît un désintéressement croissant de la part de sa population.

Après 20 ans d’une bataille légale acharnée, en 2020, le Québec a eu gain de cause auprès de la Cour suprême canadienne sur une question hautement symbolique. Celle de la loi 99, censée permettre aux Québécois de pouvoir voter à la majorité simple pour leur indépendance. Ce texte a longtemps été battu en brèche par le gouvernement fédéral, inquiet de voir la province francophone sortir de son giron. 

Aujourd’hui pourtant, cette victoire pour la cause indépendantiste arrachée devant les tribunaux ne suscite plus le même enthousiasme au sein de la population. Loin de la lutte armée engagée par le Front de Libération du Québec dans les années 60, loin des mouvements sociaux qui agitaient la province à la même période, le camp des indépendantistes fédère de moins en moins. Pourquoi les Québécois se désintéressent-ils de la question de l’autodétermination, alors même qu’elle a structuré la vie politique locale depuis des décennies ? Comment expliquer que la population demeure par ailleurs fortement attachée aux particularismes culturel et linguistique québécois ? Et enfin, quel avenir politique semble se dessiner pour la province ? 

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La générosité de Justin Trudeau a des limites : en réalité, il est le digne fils de son père, c’est un fédéraliste convaincu et un pourfendeur du nationalisme québécois. Cela se voit moins car la conjoncture est très différente (…) et qu’il n’y a pas de danger imminent de séparation du Québec. Jacques Beauchemin 

Actuellement, l’anglais devient une condition sine qua none au travail. Cela rappelle des souvenirs aux francophones du Québec, quand le fait de parler français n’assurait pas une promotion économique suffisante et ne permettait pas de s’épanouir. Martin Pâquet

Florian Delorme reçoit Jacques Beauchemin, professeur titulaire au département de sociologie de l’Université du Québec à Montréal et Martin Pâquet, professeur titulaire en histoire au département des sciences et de l’histoire de l’université de Laval.

Seconde partie : le focus du jour 

Groenland : l’indépendance par la terre

Un membre du mouvement Urani Naamik (Uranium, non merci) avec un flyer à Nuuk au Groenland le 3 avril 2021, quelques jours avant les élections législatives.
Un membre du mouvement Urani Naamik (Uranium, non merci) avec un flyer à Nuuk au Groenland le 3 avril 2021, quelques jours avant les élections législatives.
© AFP - Emil Helms / Ritzau Scanpix

Un peu plus au Nord du Québec, le Groenland bénéficie de l’autonomie gouvernementale depuis 2009 mais appartient encore à la Couronne danoise. Si la volonté d’une indépendance économique fait consensus au sein des Groenlandais, ces derniers restent divisés sur la question de l’exploitation des sols et sur la place de l’héritage danois. Dans un territoire riche en ressources minières mais en première ligne des effets du réchauffement climatique, comment arbitrer entre indépendance économique et préservation des ressources naturelles ? Et malgré l’affirmation d’une nationalité groenlandaise, quels liens subsistent entre Nuuk et Copenhague ?

L’identité qui prime est plutôt groenlandaise, donc construite politiquement sur le 20ème siècle durant la colonisation, mais dans un processus de démocratisation du pays et de mise en place d’institutions politiques qui se sont faites avec les Danois. Pia Bailleul

Avec Pia Bailleul, doctorante en anthropologie au LESC (Laboratoire d’ethnologie et de sociologie comparative) de l’Université Nanterre et au Musée du Quai Branly. 

Références sonores

  • Extrait du discours du général de Gaulle à l’hôtel de ville de Montréal le 24 juillet 1967
  • En octobre 1995, le « non » l’a emporté au soir du référendum portant sur le projet de souveraineté présenté par le Parti québécois. On entend ici Bernard Derome annonçant le résultat (Radio Canada, 30 octobre 1995)
  • Témoignages de jeunes Québécois partagés sur la question de l’indépendance (Le Presse Papier, 18 avril 2018)
  • En 2017, Michel Boudrias, membre du Parti Québécois (PQ, indépendantistes) et élu à la Chambre des communes, déposait une pétition demandant au gouvernement de ne plus contester le droit à l’autodétermination ni le choix des modalités pour exprimer ce droit devant les parlementaires canadiens (16 juin 2017)
  • L’actuel Premier ministre québécois François Legault s’exprimait en mai dernier sur la loi 96 portant sur la langue française (Radio Canada, 14 mai 2021)
  • Extrait du discours de Justin Trudeau au soir des élections fédérales canadiennes le 22 octobre 2019 et au cours duquel il remercie les Québécois après la courte victoire de son parti, le Parti Libéral (Radio Canada, 22 octobre 2019)
  • Aleqa Hammond, ancienne Première ministre sociale-démocrate du Groenland, expliquait en 2020 combien il était nécessaire d’extraire des matières premières, notamment de l’uranium, si le Groenland aspirait à devenir indépendant (Arte, 13 janvier 2020)

Références musicales

  • « Particle » de Pantha du Prince & The Bell Laboratory (Label : Rough Trade)
  • « Le Fracas » du groupe québécois Bleu Kérosène (Label : autoproduit)

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Bertille Bourdon
Collaboration
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Tina Iung
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Benjamin Hû
Réalisation