Le président chilien élu Gabriel Boric devant la presse après une réunion avec le Président Sebastian Pinera à Santiago le 20 décembre 2021. ©AFP - Javier TORRES
Le président chilien élu Gabriel Boric devant la presse après une réunion avec le Président Sebastian Pinera à Santiago le 20 décembre 2021. ©AFP - Javier TORRES
Le président chilien élu Gabriel Boric devant la presse après une réunion avec le Président Sebastian Pinera à Santiago le 20 décembre 2021. ©AFP - Javier TORRES
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Résumé

Après une première étape au Soudan, où la transition démocratique a laissé la place à un pouvoir militaire répressif, direction le Chili, où l'élection de Gabriel Boric laisse entrevoir les défis qui attendent la gauche chilienne.

avec :

Gwenaelle Lenoir (Grand reporter indépendante, notamment pour Mediapart, Orient XXI et Marianne), Olivier Compagnon (Historien, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre de recherche et de documentation des Amériques (CNRS/Paris 3)), Sebastián Pérez Sepúlveda (Docteur en sociologie de l’EHESS, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Le Havre Normandie).

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Première partie - Retour du Soudan

Manifestants soudanais célébrant le troisième anniversaire de l’éviction d’Omar el-Béchir à Khartoum le 19 décembre 2021.
Manifestants soudanais célébrant le troisième anniversaire de l’éviction d’Omar el-Béchir à Khartoum le 19 décembre 2021.
© AFP

Le week-end dernier, le Soudan a replongé dans la violence de la répression contre les manifestants pour une transition démocratique. En effet, si la date du 19 novembre marque l’entrée du pays en révolution contre le régime d’Omar el Béchir, autocrate resté 30 ans à la tête du pays, cette année, les Soudanais prenaient de nouveau la rue pour contester le retour des militaires au pouvoir. Le 25 octobre dernier, un coup d’Etat militaire renversait le gouvernement de transition soudanais, partagé entre civils et militaires. Le Général Al Fattah Al Burhan s’est donc arrogé les pleins pouvoirs, mettant en apparence fin au processus de transition du pouvoir des militaires aux civils. Depuis, toutes les manifestations sont durement réprimées, puisque l’on compte déjà une dizaine de personnes tuées par l’armée.

Ce qui est très frappant sur place, c’est la détermination de la population. La révolution soudanaise est complètement unique, au sens où les manifestations ne touchent pas uniquement Khartoum mais tout le pays (…), et réunissent toutes les classes sociales et tous les âges. 

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La situation au Darfour est absolument catastrophique. Il y a eu une remontée des violences terribles, et les gens sur place vous disent qu’ils n’ont jamais vu la couleur de l’accord de paix. Gwenaëlle Lenoir

Avec Gwenaëlle Lenoir, journaliste indépendante, notamment pour Mediapart, Orient XXI ou encore Marianne. 

Seconde partie - Table ronde d'actualité internationale 

Dimanche dernier, le Chili a élu un nouveau président : Gabriel Boric, qui l’a emporté avec 56% des voix contre le candidat d’extrême-droite José Antonio Kast.

Ancien député et ancien leader étudiant, il est le plus jeune président de l’histoire du pays. Et de gauche, de surcroît. Durant sa campagne, il avait promis d’instaurer un Etat-providence fort et d’enterrer le néolibéralisme dont le pays avait été un laboratoire à l’époque de Pinochet.

Mais pourra-t-il tenir ses promesses ? Aura-t-il le soutien du Parlement pour transformer le pays en profondeur ? Par ailleurs, de quelle transformation parle-t-on et jusqu’où l’opinion est-elle disposée à aller dans un pays profondément divisé ?

Le Chili est le pays le plus inégalitaire de l’OCDE et du monde. Il faut réinventer un Etat-Providence, on peut en discuter, mais au moins un Etat social et redistributeur. Pour cela, il faut mettre en place une série de dispositifs, et notamment la réforme fiscale, conformément à la priorité politique de Boric. Olivier Compagnon

Le grand défi est d’inclure, d’inviter et de convaincre le grand patronat à faire partie du nouveau projet de société, car cet acteur était le grand sujet du modèle néolibéral chilien. Sebastián Pérez Sepúlveda

Florian Delorme s'entretient avec Olivier Compagnon, historien, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Sorbonne-Nouvelle et directeur du Centre de recherche et de documentation des Amériques (CNRS/Paris 3) et Sebastian Perez-Sepulveda, docteur en sociologie de l’EHESS, attaché temporaire d’enseignement et de recherche à l’Université Le Havre Normandie. 

Références sonores

  • Discours Gabriel Boric, Les Echos, 20/12/2021

Références musicales

  • « Habibi Taal » de Alsarah & the Nubatones 
  • « Mátame Please, Carita Feliz » de Diego Lorenzini 
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Barthélémy Gaillard
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Tina Iung
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Production déléguée
Vincent Abouchar
Réalisation
Anna Holveck
Réalisation