Un soldat de l'Armée française pendant l'opération Barkhane, au nord du Burkina Faso, le 9 novembre 2019. ©AFP - MICHELE CATTANI
Un soldat de l'Armée française pendant l'opération Barkhane, au nord du Burkina Faso, le 9 novembre 2019. ©AFP - MICHELE CATTANI
Un soldat de l'Armée française pendant l'opération Barkhane, au nord du Burkina Faso, le 9 novembre 2019. ©AFP - MICHELE CATTANI
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Résumé

Alors que l'opération "Barkhane" touche à sa fin, son bilan sécuritaire fragile questionne la stratégie française et interroge quant à l'avenir de la région.

avec :

Boubacar Haidara (Chercheur au LAM de Sciences Po Bordeaux, chargé de cours à l’Université de Ségou), Pauline Poupart (Docteure en relations internationales et chercheuse Sahel au SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute)), Alain Antil (Directeur du centre Afrique subsaharienne à l'IFRI, enseignant à l'Institut d'Etudes Politiques de Lille et à Paris I Sorbonne).

En savoir plus

Le 10 juin dernier, Emmanuel Macron annonçait en marge d’un sommet du G7 en Grande-Bretagne la fin de l’opération Barkhane et une profonde transformation de l’engagement français au Sahel. 

Lancée en 2014 dans le sillage de l'opération Serval, déclenchée à la demande des autorités maliennes, Barkhane avait pour objectif de lutter contre la menace djihadiste dans la région. Pourtant, malgré les plus de 5100 soldats engagés au plus fort de l’opération, cette menace est loin d’avoir été éradiquée. Pis, elle n’a cessé de progresser ces dernières années, s’étendant jusque dans des pays pourtant longtemps épargnés tel que le Burkina Faso.

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Pourquoi cette intervention n’a-t-elle pas eu les effets escomptés ? Quelle part de responsabilité revient à la France et aux membres du G5 Sahel ? Existe-t-il une voie, même non-sécuritaire, permettant de changer la donne ? Et quels sont les défis politiques, économiques et sociaux qui sont désormais à relever ?

Florian Delorme reçoit Boubacar Haidara, politologue, chercheur au LAM de Sciences Po Bordeaux et chargé de cours à l'Université de Ségou et Alain Antil, directeur du Centre Afrique Subsaharienne de l'Ifri.

Bien que les situations afghane et sahélienne soient différentes, on peut déjà établir quelques parallèles : l’échec du tout militaire et l’impression d’une montée en puissance fictive des armées des deux pays (…) : au Sahel, l’UE et les Etats-Unis viennent en appui aux armées sahéliennes, mais tous ces efforts financiers et matériels sont détournés. Boubacar Haidara

Une des grandes motivations [du retrait français] est politique : être moins en première ligne des médias et hisser le drapeau européen afin que les populations locales aient moins le sentiment que seule la France fait tout. Alain Antil

Seconde partie : le focus du jour

Sahel : l’Algérie à la manœuvre 

Le ministre algérien Ramtane Lamamra et Bilal Ag Acherif du MNLA, organisation touarègue au Mali, lors de négociations de paix à Alger le 19 février 2015.
Le ministre algérien Ramtane Lamamra et Bilal Ag Acherif du MNLA, organisation touarègue au Mali, lors de négociations de paix à Alger le 19 février 2015.
© AFP - FAROUK BATICHE

Le 25 août dernier, le ministre des affaires étrangères algérien Ramtane Lamamra était à Bamako pour une visite “de travail et d’amitié” avec son confrère Abdoulaye Diop. Les deux ministres ont rappelé à cette occasion l’importance de la relation entre leurs deux pays, tandis que Lamamra rappelait que “L’Algérie se doit d’être aux côtés de la République sœur du Mali “. 

Une visite et des déclarations qui rappellent que l’Algérie est un acteur historique et de premier plan dans la coopération sécuritaire au Sahel. C’est sous son égide que furent signés en 2015 les “Accords de paix d’Alger” entre les groupes rebelles du nord-Mali et le gouvernement.  

A l’heure où La France amorce son retrait, serait-ce l’occasion pour Alger de réaffirmer son influence dans la région ? En quoi le Sahel – et en particulier le Mali - est-il une région stratégique pour Alger ? Que peut proposer l'Algérie aux acteurs de la région en matière de coopération et de lutte anti-terroriste ?  

Avec Pauline Poupart, docteure en relations internationales et chercheuse Sahel au SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute)

 chercheuse au SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute).  

L’Algérie veut vraiment une solution politique au Mali, avec comme clé d’action un dialogue pouvant s’étendre aux acteurs djihadistes. (…) Etant donné les enjeux sécuritaires, les réseaux familiaux, économiques et communautaires entre les deux pays, il y a des contacts pour que la situation soit contenue dans le nord du Mali et n'atteigne pas le sud de l’Algérie. Pauline Poupart 

Références sonores

  • En juin dernier, Emmanuel Macron annonçait la fin de l’opération Barkhane au Sahel (site de l’Elysée, 10 juin 2021)
  • Moctar Ouane, ancien Premier ministre de la transition du Mali, considérait en décembre dernier que le dialogue avec les groupes terroristes est en phase « avec la volonté des Maliens » (France 24, 03 décembre 2020)

Références musicales

  • « Nil » de Christian Löffler (Label : Ki records)
  • « Démocratie » du chanteur malien Ben Zabo (autoproduit)
Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation