À Tall Tamer, des personnes syriennes déplacées à la suite des assauts turcs dans les zones de la région du nord-est de la Syrie contrôlées par les Kurdes, le 11 octobre 2019.
À Tall Tamer, des personnes syriennes déplacées à la suite des assauts turcs dans les zones de la région du nord-est de la Syrie contrôlées par les Kurdes, le 11 octobre 2019.
À Tall Tamer, des personnes syriennes déplacées à la suite des assauts turcs dans les zones de la région du nord-est de la Syrie contrôlées par les Kurdes, le 11 octobre 2019. ©AFP -  Delil Souleiman /
À Tall Tamer, des personnes syriennes déplacées à la suite des assauts turcs dans les zones de la région du nord-est de la Syrie contrôlées par les Kurdes, le 11 octobre 2019. ©AFP - Delil Souleiman /
À Tall Tamer, des personnes syriennes déplacées à la suite des assauts turcs dans les zones de la région du nord-est de la Syrie contrôlées par les Kurdes, le 11 octobre 2019. ©AFP - Delil Souleiman /
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Résumé

L’offensive turque rabat les cartes du jeu diplomatique dans cette région. Alors que la Turquie concrétise son projet à la frontière, la Russie assoit un peu plus son emprise sur la Syrie. Alors, quelles sont les conséquences humanitaires et politiques de ce conflit ouvert ?

avec :

Salam Kawakibi (Chercheur, directeur du CAREP (Centre arabe de recherches et d’études politiques).), Jean-François Pérouse (géographe, enseignant-chercheur, ancien directeur de l'Institut français d'études anatoliennes), Hala Kodmani (journaliste franco-syrienne, grand reporter à Libération).

En savoir plus

Il aura suffi d’un communiqué laconique de la Maison Blanche pour déstabiliser tout le nord-est de la Syrie. En effet, le 7 octobre dernier, l’administration de Donald Trump annonçait le retrait des troupes américaines présentes le long de la frontière turco-syrienne.

Trois jours plus tard, le scénario redouté est devenu réalité, et Erdogan a lancé une offensive militaire contre les milices kurdes des Forces démocratiques syriennes qui avaient pourtant été les alliés des occidentaux dans la lutte contre Daech.  

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Cette trahison a provoqué l’indignation générale, de l’Europe aux Etats-Unis où même les élus républicains du Congrès se sont mobilisés pour mettre la pression sur le locataire de la Maison Blanche,  qui a rapidement décidé de sanctions et mis en garde son homologue turc qu’il a appelé à « ne pas faire l’idiot » dans une missive qu’on a peu l’habitude de voir dans les échanges feutrés des chancelleries. 

Résultat, alors que le vice-président Mike Pence avait été envoyé à Ankara pour tenter d’arracher un accord, une trêve de cinq jours a été signé jeudi soir. Et puis enfin hier soir, un autre accord a été signé entre Ankara et son nouvel allié russe. 

Que vont changer ces récents accords ? 

Qui sont les gagnants et les perdants de l’opération turque autorisée par le président américain ? Quelles conséquences pour les acteurs du conflit, les kurdes, le régime de  Bachar Al Assad, les djihadistes de l’Etat Islamique etc ? 

Nous allons tenter de comprendre les effets du désengagement américain, pour l’avenir de la Syrie bien sûr, mais aussi pour l’ensemble du Moyen-Orient.

Le régime syrien n’a plus du tout les moyens humains et militaires de contrôler son territoire, donc il s’appuie sur les anciens ennemis du régime.  Hala Kodmani

Les déplacements de populations et les déracinements sont un des drames syriens depuis des années. Hala Kodmani

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Le fait que la Turquie soit un allié à ne pas abandonner s’est ancré dans la politique occidentale. Les Occidentaux  ont développé un discours de dénonciation, de regrets et de soutien sur le conflit syrien sans pour autant ne faire aucun geste diplomatique. Salam Kawakibi

Daech se propage dans la zone de manière très perverse. Salam Kawakibi

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Le taux de chômage n’a jamais été aussi élevé en Turquie, donc la conjoncture économique conduit à reconsidérer la question de la présence syrienne. Jean-Francois Pérouse

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En savoir plus : L'abandon des Kurdes syriens

Extraits sonores : 

- Extrait de la conférence de presse donnée par Donald Trump avant-hier à la Maison Blanche (Fox news, 21 octobre 2019)

- Avant-hier, les troupes américaines essayaient de rejoindre l’Irak tandis que les Kurdes jetaient des pommes de terre sur les convois pour exprimer leur désarroi (France 2, 21 octobre 2019)

- Donald Trump annonçait en décembre dernier avoir vaincu Daech et considérait alors qu’il était temps que ses troupes rentrent à la maison (BFM, 19 décembre 2018)

-  Rassan, réfugié syrien, considère la Turquie comme une seconde patrie et Sham Alsun estime que le gouvernement turc traite bien les réfugiés syriens au point de leur proposer la naturalisation (France Info, 15 mars 2018 + France Info, 15 septembre 2016)

Extraits musicaux : 

- Musique de fin : « Kar yagar » de Derya Yildrim et Grup Smsek (label : Bongo Joe record)

-  Musique en tapis : “Medahat” d’Acid Arab (label : Cramned discs)

Une émission préparée par Hélaine Lefrancois. 

Références

L'équipe

Florian Delorme
Production
Benjamin Hû
Réalisation
Hélaine Lefrançois
Production déléguée
Bertille Bourdon
Collaboration
Rosalie Suc
Collaboration
Mélanie Chalandon
Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation