Le gouvernement français a annoncé que les remontées mécaniques des stations de ski resteront fermées en France pendant les vacances de février en raison de la pandémie mondiale. La saison touristique de sports d'hiver est de fait annulée.
Le gouvernement français a annoncé que les remontées mécaniques des stations de ski resteront fermées en France pendant les vacances de février en raison de la pandémie mondiale. La saison touristique de sports d'hiver est de fait annulée. ©AFP - JEFF PACHOUD
Le gouvernement français a annoncé que les remontées mécaniques des stations de ski resteront fermées en France pendant les vacances de février en raison de la pandémie mondiale. La saison touristique de sports d'hiver est de fait annulée. ©AFP - JEFF PACHOUD
Le gouvernement français a annoncé que les remontées mécaniques des stations de ski resteront fermées en France pendant les vacances de février en raison de la pandémie mondiale. La saison touristique de sports d'hiver est de fait annulée. ©AFP - JEFF PACHOUD
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Privées de la majorité de leur clientèle par les restrictions de circulation et par des mesures sanitaires strictes, les stations de ski sont bien loin de vivre un hiver comme les autres. Néanmoins, les années à venir pourraient bien être à l’image de la saison actuelle pour le tourisme d'hiver...

Avec
  • Bertrand Réau professeur de sociologie au Cnam, titulaire de la chaire "Tourisme, voyages et loisirs"
  • Christophe Clivaz professeur associé à l’Université de Lausanne, responsable du master « Tourisme, innovation et durabilité », membre du centre de recherche interdisciplinaire de la montagne (CIRM)
  • Colette Ranély Vergé-Dépré enseignant-chercheur en géographie à l'Université des Antilles

En France comme en Italie, les stations de ski, sans être fermées, sont à l’arrêt, les activités autorisées sur place ayant été drastiquement réduites pour éviter les contaminations. Si l’Autriche et la Suisse ont adopté des politiques différentes, choisissant d’ouvrir les remontées mécaniques, elles s’apprêtent néanmoins elles aussi à enregistrer, dans des proportions moindres, des baisses de revenus significatifs cette saison. 

Privées d’une partie importante de leur clientèle étrangère par les restrictions de circulation internationale, et limitées par des mesures sanitaires strictes, elles sont bien loin de vivre un hiver comme les autres – ou du moins, comme les précédents. Car en ce qui concerne les années à venir, celles-ci pourraient bien être à l’image de la saison actuelle. Au-delà des risques de poursuite de la pandémie ou d’émergence de nouveaux virus, la perspective du réchauffement climatique oblige en effet les stations de montagne à repenser leurs modèles. Avec un enneigement toujours plus incertain, la logique du tout-ski, qui a longtemps prévalu, ne semble plus tenable. 

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Une réalité qui amène les acteurs locaux à élargir la gamme des activités proposées aux visiteurs, mais également les saisons d’ouverture de leurs infrastructures. En effet, si le Covid-19 a éloigné les touristes des montagnes cet hiver, il a contribué à les y faire venir en masse cet été, faute de pouvoir voyager autour du monde.

Dans quelle mesure cet hiver particulier constitue-t-il un avant-goût de ce qui attend les stations de montagne avec le changement climatique ? Comment les différents pays alpins s’y préparent-ils ? Alors que la crise du covid-19 n’a pas été l’occasion d’une grande coordination entre eux, peut-on espérer plus de coopération sur le long terme pour préserver les Alpes ?

Une discussion en compagnie de Christophe Clivaz, professeur associé à l’Université de Lausanne, responsable du master « Tourisme, innovation et durabilité », membre du centre de recherche interdisciplinaire de la montagne (CIRM) et de Bertrand Réau, professeur de sociologie au Cnam, titulaire de la chaire "Tourisme, voyages et loisirs".

La question qui se pose, pour les professionnels du tourisme d'hiver, est la suivante : dans quelle mesure préféreraient-ils avoir une activité, même réduite, plutôt que de bénéficier et dépendre d'aides ? Ce débat est loin d'être tranché - pour les professionnels c'est toujours un calcul que de savoir à quel moment privilégier la mise en activité. Bertrand Réau

Une des plus grosses contradictions de la Suisse vis-à-vis du tourisme d'hiver est celle d'en même temps développer sa volonté d'attirer une clientèle asiatique - qui vient en avion, avec un bilan carbone catastrophique - en espérant qu'une partie se mette au ski, et celle de réduire les émissions de gaz à effet de serre, pour protéger les Alpes. Christophe Clivaz

Seconde partie - le focus du jour

Antilles françaises : une haute saison au plus bas

Le tourisme en hiver, ce n’est pas que la neige, c’est également l’occasion, pour certains, de partir au soleil. Mais pas plus tard qu’il y a deux semaines, Sébastien Lecornu annonçait le retour des motifs impérieux pour pouvoir se rendre en Guadeloupe et en Martinique à partir du 2 février – un coup de massue pour les professionnels du tourisme qui y attendaient des visiteurs de la métropole en quête de soleil tropical.

Mais depuis quand les Antilles françaises sont-elles si dépendantes de la clientèle de la métropole ? Comment se sont-elles imposées comme une destination touristique d’hiver de choix ? La crise du Covid-19 montre-t-elle les limites du modèle touristique antillais ?

Avec Colette Ranély Vergé-Depré, géographe, maîtresse de conférences à l’université des Antilles, habilitée à diriger des recherches et directrice adjointe du laboratoire AIHP-GEODE Caraïbe.

La mise en tourisme des Antilles est largement liée à la mise en service des gros porteurs aériens, notamment à partir des années 1970. La libéralisation du transport aérien, en 1986, a été l'occasion de booster ces destination et de massifier ces flux. Colette Ranély Vergé-Depré

En janvier 2021, on avait en moyenne 7 vols transatlantiques par jour vers la Guadeloupe et la Martinique - ce qui représente 2000 passagers environ par île. Aujourd'hui, on est tombés à 2 à 300 passagers par jour. Colette Ranély Vergé-Depré

Deux enfants se baignent sur la plage du Vauclin, dans le sud-est de la Martinique, le 19 février 2006.
Deux enfants se baignent sur la plage du Vauclin, dans le sud-est de la Martinique, le 19 février 2006.
© AFP - GABRIEL BOUYS

Une émission préparée par Margaux Leridon et Nicolas Szende.

Références sonores

  • Christine Bailly, hôtelière à la station de Valberg exprime son désarroi face au tableau de réservation désespérément vide (France 3, 17 janvier 2021)
  • Denis Zaaccaria, moniteur de ski italien, décrit l’absurdité de stations de ski ouvertes mais qui sont vide du fait qu’on ne puisse pas skier (Euronews, 20 janvier 2021)
  • Hervé Mencacci, directeur de la station de Font Romeu (Pyrénées), considère que sans le ski, « on ne peut pas vivre sur ce territoire » (France 3, 03 décembre 2020)
  • L’ancien chef d’exploitation de la station des Egaux (Isère) et le maire de Saint Pierre de Chartreuse expliquent qu’avec le réchauffement climatique, de nouvelles solutions ont dû être trouvées en matière de tourisme, notamment le « tourisme quatre saisons » (Extrait du magazine « Interception » de Jérôme Val, France Inter, 31 janvier 2021)
  • Martinique : une commerçante du marché du Diamant et le directeur général de l’hôtel La Suite Villa s’inquiètent de l’absence de touristes et de la catastrophe éconmique qui pointe (Extrait du reportage d’Eddylia Eugène-Mormin et de Guilhem Fraissinet,  la première, 1er février 2021) 

Références musicales

  • “Ash & Snow” de Christian Löffler (Label : Ki Records)
  • “Marilou sous la neige” de Serge Gainsbourg (Label : Mercury)