Des manifestants scandent des slogans contre des députés tunisiens devant le parlement, à Tunis, le 18 décembre 2020, pour dénoncer le discours "haineux" et "violent" de certains députés au Parlement, et exiger des mesures à leur encontre.
Des manifestants scandent des slogans contre des députés tunisiens devant le parlement, à Tunis, le 18 décembre 2020, pour dénoncer le discours "haineux" et "violent" de certains députés au Parlement, et exiger des mesures à leur encontre. ©AFP - Anis Mili
Des manifestants scandent des slogans contre des députés tunisiens devant le parlement, à Tunis, le 18 décembre 2020, pour dénoncer le discours "haineux" et "violent" de certains députés au Parlement, et exiger des mesures à leur encontre. ©AFP - Anis Mili
Des manifestants scandent des slogans contre des députés tunisiens devant le parlement, à Tunis, le 18 décembre 2020, pour dénoncer le discours "haineux" et "violent" de certains députés au Parlement, et exiger des mesures à leur encontre. ©AFP - Anis Mili
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Si le départ de Ben Ali, il y a tout juste dix ans, a signé l'une des victoires du Printemps arabe, les obstacles à la mise en place des revendications qui résonnaient en 2011 se font fortement sentir. Comment mettre en application définitive et complète les principes de la révolution du jasmin ?

Avec
  • Leyla Dakhli Historienne, spécialiste du monde arabe contemporain, chercheuse au CNRS (centre Marc Bloch, Berlin)
  • Bochra Belhaj Hmida Bochra Belhaj Hmida, avocate et femme politique tunisienne, ancienne députée indépendante. Elle a présidé la Commission sur les libertés et l’égalité (Colibe)
  • Sophie Bessis Historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb

Il y a 10 ans maintenant, la Tunisie vivait une révolte populaire historique, partie de la ville de Sidi Bouzid, où un jeune vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, s’était immolé par le feu après s’être vu confisqué sa marchandise par les autorités. S’en étaient suivies plusieurs semaines de mobilisation qui avaient abouti au départ de l’indéboulonnable Ben Ali, au pouvoir depuis 1987 : l’acte d’origine d’un soulèvement qui touchera l’ensemble du monde arabe.

Depuis, la Tunisie fait l’expérience d’une vie politique démocratique, faite de scrutins ouverts, de multipartisme et de liberté d’expression - même si, en la matière, tout n’est pas acquis. Alors : qu’est-ce qui a changé depuis janvier 2010 ? Quelles sont les grandes réformes qui ont été menées et quel chemin reste-t-il à parcourir ? Comment avancer dans un paysage parlementaire particulièrement morcelé ?

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La demande de dignité qui émanait du mouvement populaire en 2011 a-t-elle été entendue ? Où en est l’économie, dans un contexte où le terrorisme islamiste a entamé les capacités touristiques de la Tunisie ? Et, d’ailleurs, quelle menace représente-t-il pour la sécurité du pays ?

Une discussion en compagnie de Sophie Bessis, historienne, spécialiste de l'Afrique subsaharienne et du Maghreb et de la condition des femmes dans le monde arabe, ainsi que de Leyla Dakhli, historienne, spécialiste du monde arabe contemporain, chercheure au CNRS (centre Marc Bloch, Berlin). ?

Le 14 janvier 2011, la Tunisie est entrée dans une nouvelle phase de son histoire. Aujourd'hui, elle est au milieu du gué. Et l'on ne peut pas faire de bilan pour un pays qui est au milieu du gué. Sophie Bessis

En Tunisie, le délitement de l'Etat - dû à la fois à la médiocrité des acteurs politiques et de la classe politique prise dans son ensemble -, a laissé la place à un système que, pudiquement, l'on appelle "informel", mais qui est en grande partie mafieux, et c'est l'un des grands problème de l'économie tunisienne aujourd'hui. Sophie Bessis

Des Tunisiens ont toujours fait partie du djihadisme international. Mais, ce qui change en 2011, c'est que le djihadisme arrive également de manière plus claire sur le territoire tunisien, et qu'une partie de ses cellules s'y installent, pensant y trouver un lieu propice à leur développement. Cela a déstabilisé l'économie comme la société tunisienne à travers un effet de visibilisation très abrupte et très soudain de cette tendance politique. Leyla Dakhli

Les Enjeux internationaux
11 min

Seconde partie - le focus du jour 

Dix ans après la révolution du jasmin, quelles avancées pour les droits sociaux en Tunisie ? 

Avec Bochra Belhaj Hmida, avocate et femme politique tunisienne, ancienne députée indépendante. Elle a présidé la Commission sur les libertés et l’égalité (Colibe).

Contrairement à pas mal de gens, je ne crois pas qu'une partie des Tunisiens soient devenus conservateurs : tout comme du côté de notre camp, ils ont seulement eu l'occasion de s'exprimer plus amplement depuis la révolution. Bochra Belhaj Hmida

"Des Tunisiennes manifestent contre le gouvernement islamiste, le 13 août 2013, à Tunis." (via Libération)
"Des Tunisiennes manifestent contre le gouvernement islamiste, le 13 août 2013, à Tunis." (via Libération)
© AFP - Fethi Belaid

Une émission préparée par Bertille Bourdon.

Références sonores

Référence musicale

"Nar W Forga", d'El General, Amir Ben Romdhane et Houssem Ben Romdhane 

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