20 mai 2018, Tokyo, Japon - les participants au festival Sanja Matsuri exhibent des tatouages traditionnels Irezumi, signes de lien ou d'appartenance aux Yakuzas. ©AFP - Behrouz Mehri
20 mai 2018, Tokyo, Japon - les participants au festival Sanja Matsuri exhibent des tatouages traditionnels Irezumi, signes de lien ou d'appartenance aux Yakuzas. ©AFP - Behrouz Mehri
20 mai 2018, Tokyo, Japon - les participants au festival Sanja Matsuri exhibent des tatouages traditionnels Irezumi, signes de lien ou d'appartenance aux Yakuzas. ©AFP - Behrouz Mehri
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Résumé

L’impunité n’est plus à l’ordre du jour pour les clans de yakuzas. Historiquement liés à la droite japonaise, ces célèbres syndicats du crime bénéficient encore d’une image héroïsée auprès d’une partie de la population, mais font face à un durcissement inédit des mesures prises à leur encontre.

avec :

Philippe Pelletier (Professeur émérite de géographie à l'Université Lyon 2.), Nathalie Stucky (Journaliste indépendante basée à Tokyo), Jean-François Sabouret (Sociologue du Japon, directeur de recherche au CNRS et directeur du réseau Asie/Imasie.).

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Longtemps dotés d’une existence légale, les clans de yakuzas, célèbres syndicats du crime japonais, sont confrontés depuis une décennie à un durcissement sans précèdent des mesures prises à leur encontre. Alors que les différents "gumi" mafieux comptabilisaient dans les années 1960 plus de 180 000 membres, ils ne seraient plus que 15 000 aujourd’hui, auxquels s’ajouteraient quelque 13 000 associés, selon un décompte de la police japonaise. 

Entre la politique répressive menée par les autorités nippones et les premières sanctions prises contre les entreprises liées aux yakuzas par l’administration américaine, l’impunité n’est plus à l’ordre du jour. Pour autant, il serait rapide de voir là la chute de cette mafia légendaire, qui bénéficie encore d’une image héroïsée auprès d’une partie de la population. Historiquement liés à la droite japonaise, les yakuzas ont toujours su bénéficier des circonstances exceptionnelles, et en particulier des situations de crise, comme l’a montré leur mobilisation à la suite de la catastrophe de Fukushima en 2011.

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Comment expliquer la diminution du nombre de yakuzas au Japon? Les circonstances actuelles de crise sanitaire constituent-elles une aubaine pour eux, ou au contraire un nouveau coup dur, sachant qu’ils tirent une partie de leurs revenus du monde de la nuit? Que représentent pour eux l’approche des JO de Tokyo, alors qu’ils sont traditionnellement liés aux entreprises de BTP, mais que les autorités veulent garantir une sécurité maximale lors de l’événement?

Une discussion en compagnie de Philippe Pelletier, professeur émérite de géographie à l'Université Lyon 2, et de Jean-François Sabouret, sociologue au CNRS, spécialiste du Japon.

Les yakuzas sont les adjuvants nécessaires, obligatoires et incontournables du fonctionnement de la vie quotidienne des grandes entreprises et du monde politique japonais. Jean-François Sabouret

Historiquement et idéologiquement, les yakuzas sont très proches des milieux d'extrême-droite, et réciproquement. Certains yakuzas ont fondé des groupes politiques d'extrême-droite, et d'autres, bien que n'ayant pas été fondés par les yakuzas, jouent quand même sur le même terrain idéologique. Philippe Pelletier

Seconde partie - le focus du jour 

La descente aux enfers japonaise d’un baron français du Bitcoin

Avec Nathalie Stucky, journaliste indépendante basée à Tokyo.

Quelques mois après l'annonce du scandale de Mt. Cox, j'ai été contactée par Mark Karpelès. Il m'a contacté parce que j'étais francophone et que je travaillais avec Jake Adelstein sur les yakuzas - et qu'il voulait prouver que les yakuzas avaient un rôle dans ce scandale. Nathalie Stucky

Tokyo, 5 juin 2019 - Le français Mark Karpelès, ancien PDG de Mt Cox, site plateforme d'échange de Bitcoins, fermé en 2014 après la perte de 850 000 Bitcoins.
Tokyo, 5 juin 2019 - Le français Mark Karpelès, ancien PDG de Mt Cox, site plateforme d'échange de Bitcoins, fermé en 2014 après la perte de 850 000 Bitcoins.
© Maxppp - FRANCK ROBICHON/EPA/Newscom

Références sonores

Référence musicale

« Postlude » de Chapelier Fou (label : Ici, d'ailleurs)

Références

L'équipe

Florian Delorme
Florian Delorme
Florian Delorme
Production
Antoine Dhulster
Production déléguée
Benjamin Hû
Réalisation
Nicolas Szende
Collaboration
Bertille Bourdon
Collaboration
Mélanie Chalandon
Mélanie Chalandon
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Production déléguée
Margaux Leridon
Collaboration
Vincent Abouchar
Réalisation